Préférer la pluralité à la dualité
19 fév
Difficile d’être au centre. Aussi difficile que nécessaire en réalité. Je m’en rends compte une nouvelle fois comme à l’approche de chaque échéance électorale. Un commentaire sur facebook, la réflexion d’un ami, une remarque d’un bordelais ce matin aux capus convergent : comment être localement avec Alain Juppé et dans l’opposition au niveau national ? A vrai dire, la réponse sera plus longue que la question, et probablement plus difficile à expliquer que les objections toutes faites de nos détracteurs.
Adhérent du parti centriste depuis 10 ans, je crois qu’être au centre c’est avant tout croire que les bonnes idées et les bonnes personnes sont éparpillées au quatre coins de l’échiquier politique. Et qu’il est du devoir des politiques responsables de fédérer ces énergies pour gouverner avec toute la raison et la justice nécessaire. Les bonnes idées sont têtues. Et aussi ancienne soit-elle, utilisée de François Guizot à Valéry Giscard d’Estaing, celle-ci me semble toujours d’actualité pour fédérer une France aux réactions trop épidermiques, pas assez concertées et consensuelles pour répondre aux enjeux de demain.
Fort de cette logique, je suis fier d’appartenir à l’équipe plurielle d’Alain Juppé dont l’action locale est saluée de tous. C’est aussi pour cela que je ne me reconnais pas dans l’action des socialistes locaux qu’il s’agisse des élus municipaux, incapables de mettre en œuvre une opposition constructive, où de la majorité départementale dont le sectarisme et le clientélisme sont sans égal.
Philippe Madrelle gouverne sans partage, sans envisager ce pluralisme que j’appelle de mes vœux, préférant faire élire des SOC (Socialistes d’Origine Contrôlée) à coup de subventions dont le niveau dépend directement de la capacité dudit canton à se soumettre. Peut-être trouverez-vous mes mots durs pour un centriste mais je les assume et j’observe que communistes, verts et toutes les formations politiques à exception des socialistes (quoi que…) les partagent.
Autant dire que je ne me reconnais pas non plus dans la politique national de Nicolas Sarkozy dont le mode de gouvernement autant que l’activisme (« je bouge donc je suis ») ne me semblent pas être en phase avec notre tradition républicaine. Je suis très, très mal à l’aise et en colère lorsque je vois resurgir, à l’approche d’une élection et après l’abject débat sur l’identité nationale, un projet de discussion sur la laïcité et l’islam. Bien sur nous pouvons et devons débattre de ces questions mais pas de cette manière, pas dans ce contexte et surtout pas avec cet objectif. Parfois, le simple fait de poser des questions peut avoir de graves conséquences pour notre pays.
Localement, je condamne fermement les attaques personnelles faites par tel ou tel membre de la Majorité Présidentielle, à l’égard de l’une ou l’autre (surtout l’une…) des candidats. Les mots ont un poids (surtout en campagne)personne ne doit l’oublier.
Quid du positionnement national ? Pour moi, c’est clair : je suis loyal à l’égard du Maire de Bordeaux et fidèle à François Bayrou et au Mouvement Démocrate. Ce n’est pas incompatible mais cela nécessite pédagogie et détermination. Si les élections municipales et cantonales peuvent faire l’objet d’une entente locale, fondée sur un programme commun et un contexte particulier, les élections régionales, et demain les législatives et les présidentielles demeurent des scrutins nationaux. En 2012, nous défendrons les couleurs centristes sans cependant ne fermer aucune porte, conscients qu’un gouvernement pluraliste sera une impérieuse nécessite.
Vous l’aurez compris, je fais une sincère différence entre la politique nationale et la politique locale. Je constate d’ailleurs que l’électeur bordelais (vous !) fait de même lorsqu’il vote à 60% pour Ségolène Royal en 2007 et à 60% pour Alain Juppé en 2008 ! Pourquoi le politique, représentant du peuple, ne devrait-il pas faire cette différence ?
Enfants délinquants, parents coupables
1 août
Enfants délinquants, parents coupables. Le raccourci est facile et l‘effet médiatique est garanti. J’ose espérer, car je suis d’une nature optimiste et parfois naïve, que la proposition de loi visant à sanctionner par la prison les parents d’enfants délinquants n’est pas la volonté du gouvernement mais l’ânerie d’un député.
Cette proposition de loi me choque (notamment) pour deux raisons:
- les actes de délinquance ont été commis par les enfants et dans toute démocratie digne de ce nom, on ne peut être condamné pour un crime que l’on a pas commis, même si un lien de sang existe avec son auteur.
- comment peut-on croire que des parents, aussi doués soient-ils, puissent contrôler tous les faits et gestes de leurs enfants en 2010 ?
Une telle loi pourrait conduire à deux types de comportements parentaux catastrophiques dans les quartiers les plus difficiles : soit ne plus vouloir laisser sortir son enfant, soit l’abandonner une bonne fois pour toutes afin de ne pas « payer » pour lui.
Admettons qu’il existe des parents négligeant qui encouragent volontairement ou involontairement leurs enfants à ne pas respecter la loi et à récidiver, ils ne représentent qu’une infime minorité et sont eux aussi probablement des délinquants. Alors pourquoi inventer une nouvelle loi si ce n’est pour l’effet médiatique que l’on compte en retirer ? En l’occurrence ici adresser un nouveau message à l’électorat extrémiste en reprenant une proposition du FN.
Je pense qu’une politique de lutte contre la délinquance doit à la fois sanctionner les coupables (les vrais) et s’attaquer aux sources de l’insécurité en multipliant les dispositifs de prévention. Force est de constater que seule la répression semble être digne d’intérêt aux yeux du député Ciotti. Pour éviter de telles dérives à l’avenir, et si j’avais le privilège de faire le loi, je demanderais que pour chaque euros supplémentaire consacré à la sécurité, une somme identique soit allouée aux dispositif de prévention. Une manière à mes yeux de garantir une politique de lutte contre l’insécurité qui s’attaque aux racines de la délinquance sans se limiter à la partie médiatique et électoraliste du problème.
Bordeaux 2008 : rencontre avec Alain JUPPE.
9 déc
Dans le cadre d’un probable partenariat avec l’UMP lors des élections municipales de mars 2008, les militants du MODEM de Bordeaux et moi-même avons rencontré hier après-midi Alain JUPPE pendant plus de deux heures pour lui présenter notre projet « Bordeaux 2008 ». Ce projet a été élaboré depuis plus de 6 mois par l’équipe de Véronique FAYET. Les militants ont interpellé directement le maire de Bordeaux pour lui faire part de nos propositions, mais aussi de nos revendications et critiques. Le moment fut particulièrement courtois et sincère. J’ai été particulièrement heureux d’entendre Monsieur JUPPE accepter « en bloc » le projet du MODEM. Je pense notamment à des propositions particulièrement novatrices qui, je l’espère, sauront convaincre les bordelais du pragmatisme et de l’ambition de notre projet pour Bordeaux :
-
- Pour une nouvelle gouvernance, plus sincère et démocratique en interdisant le cumul des mandats pour le maire et ses adjoints et en ouvrant un poste d’adjoint à un élu de l’opposition.
-
- Renforcer la solidarité en construisant 3500 logements sociaux supplémentaires et en rénovant toutes les Résidences pour Personnes Agées gérées par la mairie.
-
- Faire de Bordeaux une capitale culturelle en créant une grande cité des arts et des lettres adossée à la future grande salle de spectacle, ainsi qu’une maison des associations culturelles.
-
- Pour une ville durable en mettant en place un bilan carbone nul, en divisant le tonnage de déchets produits par deux («Jeter moins pour payer moins, jeter mieux pour payer peu») et en associant toutes les énergies citoyennes pour la mise en place d’un agenda 21.
Il ne s’agit là que de quelques mesures importantes à mon sens, qui seront enrichies j’en suis sûr par les nombreuses réunions publiques dans les mois qui viennent.
Ces mois vont être riches en réflexions pour l’embellissement de notre ville : je vous incite à participer au débat ! Trop de gens aujourd’hui pensent ne pas être entendus par les élus et ne participent donc plus aux échanges. Je peux comprendre le sentiment de déception qui les anime, mais je veux leur dire que rien n’est irréversible, surtout pas en matière de gestion locale. Cette rencontre directe avec Alain JUPPE l’a montré : une place importante devra être laissée à la voix associative et citoyenne !
Pourquoi suis-je candidat à l’investiture MODEM sur le 5ème Canton de Bordeaux ?
6 déc
« L’esprit de système est la ruine de toute liberté » (R. ARON)
Définir ses motivations est un art qui demande de la passion et de la précision. J’ai senti, pensé puis écrit ce billet avec sincérité, sans faire étalage de propositions prématurées, mais en privilégiant plutôt ma vision de la politique et de notre ville.
Le fil conducteur de mon engagement a toujours été l’action au service des autres. Hier représentant étudiant, aujourd’hui professeur et acteur mutualiste, et demain, je l’espère, à vos côtés, défenseur des valeurs humanistes. Nous sommes trop souvent noyés dans l’individualisme quotidien. Je pense pourtant qu’il est de la responsabilité de chacun de faire naître de nos plus petites actions une solidarité active.
J’aime profondément les gens. Un engagement à vos côtés serait aussi pour moi l’occasion de dialoguer, d’échanger et surtout de faire et d’agir avec vous et pour vous !
J’ai par ailleurs conscience de faire partie d’une génération qui devra répondre à une attente forte des citoyens : le renouvellement de la pratique politique. Je crois sincèrement en l’existence d’une politique respectueuse de chacun pour dépasser le clivage « droite/gauche ». C’est notamment cette conviction qui m’a poussé à m’investir dès l’âge de 16 ans à l’UDF et, aujourd’hui encore, au Mouvement Démocrate de François BAYROU. Pour vous défendre, cette liberté est une force !
Mon engagement s’est également toujours caractérisé par la fidélité. Fidélité, tout d’abord, à mes idées humanistes, sociales et libérales, ensuite à une famille politique, l’UDF-MODEM et, enfin, à des hommes dont, en tout premier lieu, François BAYROU.
D’autre part, je crois profondément à la liberté de chacun pour fonder une sociale-économie au service de tous. Être chef d’entreprise aujourd’hui n’est pas une tare mais bien souvent une vocation. C’est pour cela que je crois aux forces créatrices de notre pays aujourd’hui cadenassées par un Etat aveugle. Il ne nous faut pas moins ni plus d’Etat, mais « mieux d’Etat » !
« Travailler plus pour gagner plus ? ». Je ne crois pas que l’argent soit une finalité en soit et encore moins une source d’épanouissement. En revanche, il nous faut réconcilier les citoyens avec le monde de l’entreprise, sans quoi la prospérité restera de plus en plus réservée à des privilégiés.
Tant nos actions quotidiennes que la mise en œuvre d’une politique globale doivent répondre à un haut niveau d’exigence éthique et environnementale. La croissance ne doit plus étouffer notre nature mais au contraire servir le développement durable. Si le Grenelle de l’environnement a établi des constats très importants, le moment est maintenant venu d’appliquer des mesures concrètes et cohérentes : un New Deal Ecologique !
Enfin, je pense aussi que la cogestion de proximité doit prévaloir sur l’intérêt national partisan. Le MODEM a fait le bon choix en choisissant de soutenir Alain JUPPE sur un projet bordelais commun. Je soutien donc activement Alain JUPPE à la mairie de Bordeaux. Qui peut dire aujourd’hui que depuis 1995, notre ville va moins bien? Personne car notre maire et son équipe ont construit un magnifique écrin : tramway, rénovation des quais, du marché des capucins, réaménagement de la victoire… Il faut maintenant penser aux bordelaises et bordelais, à notre vie quotidienne. Je serais attentif à cette volonté et à ses implications très concrètes dans notre futur projet départemental.
Voici donc les quelques lignes que je souhaitais poster sur la toile. Il ne s’agit en rien d’un listing exhaustif mais plutôt d’un sentiment général destiné à vous éclairer sur ma motivation.
A très bientôt.
********
Article « SUD OUEST » du 29/11/2007 traitant du sujet : article_so_291107.pdf.







