Squat fermé, débat ouvert
20 juil
Avec la crise du logement et l’arrivée de nouvelles populations (notamment bulgares et roumaines), la question des immeubles squattés prend une dimension de plus en plus forte dans toutes les grandes villes de France. Depuis maintenant 12 mois, j’ai piloté, en lien avec les services de la vie urbaine, de nombreuses procédures pour aboutir à la fermeture du squat du 8 rue des Fours. Cet immeuble, situé dans le quartier Saint-Michel, etait en effet occupé illégalement depuis plusieurs années.Les nuisances occasionnées étaient réelles et invivables pour les riverains sans pour autant que nous puissions procéder à une expulsion. Mais compte tenu de la dégradation récente d’un mur mitoyen, signalée par le propriétaire du 10 de la rue des Fours, la Mairie a pu prendre en urgence, le 15 juillet 2009, un « arrêté municipal de mise en péril » qui démontre les risques encourus par les occupants.
Cet arrêté a impliqué l’évacuation du squat et l’intervention des services techniques de la ville qui ont condamné les issues du bâtiment. Le CCAS ainsi que la DDASS étaient également sur place pour coordonner le relogement des personnes expulsées et la distribution de nourriture.
L’incendie survenu depuis n’a heureusement pas fait de victime. La Police va enquêter pour en connaître les causes.
Ce dossier fort complexe, qui n’a pu aboutir dans des délais raisonnables pour les riverains, amène je crois plusieurs questions :
- Il y a squat et squat. Le squat de la place André Meunier (immeuble inoccupé appartenant à la CUB), géré par plusieurs associations, est un exemple plaidant dans le sens d’un traitement au cas par cas de cette question. Ce lieu ne cause en effet pas nuisances et répond (malheureusement) à une vraie demande.
- Quel dispositif d’urgence avons-nous pour identifier les squats lorsqu’ils apparaissent ?
- Quel dispositif d’évaluation des nuisances avons-nous ?
- Quels moyens de pression avons-nous sur d’éventuels propriétaires indélicats ?
- Quel accompagnement social pour les personnes concernées ? Elles sont parfois très bien installées dans l’immeuble et se retrouvent à la rue sans forcément comprendre ce qu’il se passe.
- Quelles sont les différentes procédures juridiques qui permettent l’expulsion ?
A toutes ces questions je n’ai pas la réponse et je crois que la Mairie seule ne peut avoir une réponse efficiente. C’est pour cette raison que Monsieur le Maire a saisi Monsieur le Préfet sur cette problématique. Nous devrions travailler plus étroitement ensemble pour que de telles situations ne se reproduisent plus.
Bonnes vacances.

