L’irréversible se poursuit
31 mar
C’est un sévère échec pour le gouvernement mais plus grave encore, une perte de temps. Le temps, une ressource dont justement nous ne disposons plus pour agir en matière de développement durable.Le retrait pur et simple de la taxe carbone, pourtant promise avant les élections régionales, est un signal désastreux envoyé au grand public. Un signal qui vient ajouter de l’eau au moulin des climato-septiques et nuancer toutes les formes de sensibilisations que les élus locaux tentent de mettre en œuvre. Sans cette prise de conscience, profonde et à tous les niveaux de notre société, nous ne changerons pas durablement nos habitudes de vie. Habitudes qui nous condamnent un peu plus chaque jour.
Comment exiger des citoyens ce que l’Etat n’est pas capable de s’imposer et surtout d’imposer aux plus gros pollueurs ?
Durant toute la période des élections régionales, l’UMP n’a eu de cesse de clamer sa bonne volonté en matière environnementale ; bonne volonté incarnée par « son » Grenelle de l’environnement.
Sans la taxe carbone, qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Beaucoup de choses sur le papier mais rien de certain tant que le débat parlementaire n’a pas eu lieu. Une chose est sûre : la confiance des français et, plus grave encore, des associations n’est plus là. Quelque chose est cassée. Et je m’interroge d’ailleurs sur la sincérité et l’existence même d’une vraie volonté de la part du Président de la République.
Il autorise l’implantation d’un terminal charbonnier dans le nord de la France et déclare au salon de l’agriculture au sujet de l’environnement : « ça suffit comme ça ». Il est également bon de rappeler que sans l’intervention du Conseil Constitutionnel, la Taxe Carbone dans sa version initiale aurait exonéré les plus gros pollueurs ! Autant d’éléments qui renforcent l’idée que je me fais du gouvernement selon Nicolas Sarkozy : opportunisme, actions éphémères et poudre aux yeux. Aucune de ces « qualités » ne permettront la création d’une fiscalité énergétique juste et efficace qui puisse financer la Croissance Verte.
Je pense aussi que la proximité des associations membres du Grenelle de l’environnement avec Europe Ecologie, allié du PS, n’a pas œuvré en faveur de décisions politiques favorables à l’environnement… On retrouve ici l’une des conséquences du « coup de barre » à droite voulu par Nicolas Sarkozy. L’UMP se recentre sur ses fondamentaux politiques et exit les problématiques de fond.
Ce qui me renforce dans l’idée que l’écologie ne doit pas être portée par un parti politique où des associations trop proches d’une formation politique au risque de se voir réduit à un supplétif. En attendant, l’irréversible se poursuit.
A lire également, l’avis de Yann Wehrling, secrétaire national du Mouvement Démocrate : « Les associations ne doivent pas quitter le processus de Grenelle car cela le condamnerait.
Le Grenelle est certes en recul et le retrait du projet de taxe carbone en est la marque. Cela étant, il faut rester constructif et continuer de faire avancer tout ce qui peut l’être. » [lire la suite]







