Quand le Vert vire au Rose…

Pour les élections régionales de 2010, les Verts viennent d’annoncer la couleur : elle sera rose, ce qui à vrai dire n’est pas une grande surprise.
 
Noël MAMERE, probable tête de liste pour le collectif « Europe Ecologie » déclare en effet dans SUD OUEST vouloir « aider la gauche à gagner ».
 
Je constate que le cordon ombilical entre le PS et les Verts est loin d’être coupé, contrairement aux apparences. Il suffit en effet qu’une élection à deux tours se dessine pour que la gauche plurielle se reforme.
 
Je pense que ce choix anticipé ne correspond pas au message que les électeurs d’Europe Ecologie ont voulu envoyer lors des dernières élections nationales. Si j’avais voté Europe Ecologie, je serai très déçu d’entendre un message aussi renonciateur à 9 mois de l’élection en question.
 
A quoi bon hurler son autonomie au 1er tour pour se précipiter dans les bras d’un PS décomposé au 2ème ? (et je sais de quoi je parle pour l’avoir subi à l’UDF…)
 
Par certains aspects, j’étais heureux que nos concitoyens aient exprimés fortement leurs préoccupations environnementales lors du scrutin européen. Mais face à un tel manque d’ambition, je pense que le score des listes « Europe Ecologie » est loin d’être durable. A nous Mouvement Démocrate de savoir saisir cette opportunité.

Déception

Avec moins d’un citoyen sur deux qui s‘est rendu aux urnes, la France se trouve aujourd’hui dans une situation démocratique inquiétante. J’ai le sentiment ce soir que le rêve européen s’envole pour laisser place à l’indifférence; et que nous élus avons une responsabilité terrible dans cet échec. Par notre faute, alors que l’Europe est notre avenir, les français n’y croient plus.Le Mouvement Démocrate, troisième force politique de notre pays, subit ce soir une défaite électoral. Même si je pense qu’une partie importante de notre électorat ne s’est pas mobilisé, nous devons en prendre acte et en tirer toutes les conséquences.

Je crois que nous n’avons pas su expliquer nos ambitions pour l’Europe (les citoyens étaient-ils prêts à les entendre ?) notamment car l’opposition nécessaire à Nicolas Sarkozy a occupé trop de place dans cette campagne.

Le score des écologistes montre aussi à quel point cette sensibilité, pourtant sincèrement présente au sein du Mouvement Démocrate, manque de lisibilité. Le développement durable va devoir prendre une nouvelle envergure dans la pensée politique.

Ce soir ma fidélité à François Bayrou reste entière. Il est l’homme qui incarne ce en quoi je crois au plus profond de moi. Je reste convaincu de sa capacité à construire une alternative politique.

Encourageant…

Même si je pense que les sondages sont un peu comme les mini-jupes, ils montrent tout mais cachent l’essentiel, ce qui suit est encourageant !

SONDAGE PARIS MATCH-IFOP EUROPEENNES : LE CHOIX DES FRANÇAIS

Si les élections européennes avaient lieu dimanche prochain, parmi les listes suivantes, pour laquelle y aurait-il le plus de chance que vous votiez ? Une liste…

Lutte ouvrière soutenue par Arlette Laguiller 3
Nouveau Parti anticapitaliste soutenue par Olivier Besancenot 9
Parti communiste et Parti de gauche soutenue par Marie-George Buffet et Jean-Luc Mélenchon (1) 4
Parti socialiste soutenue par Martine Aubry 23
Les Verts et des écologistes soutenue par Daniel Cohn-Bendit et José Bové 7
MoDem soutenue par François Bayrou 14,5
UMP 26
Libertas soutenue par Philippe de Villiers 5
Debout la République soutenue par Nicolas Dupont-Aignan 2
Front national soutenue par Jean-Marie Le Pen 6
Listes d’extrême droite soutenues par Carl Lang et Jean-Claude Martinez (2) 0,5
Ne se prononcent pas 8

En direct de la Conférence Nationale

Aujourd’hui avait lieu la Conférence Nationale du MoDem à la Mutualité. 3000 personnes venues de France et de Navarre (2/3 de notre représentation à l’Assemblée provient de cette « province »…).Alors que le TGV qui me ramène à Bordeaux s’apprête à partir, je vous livre mes réflexions « à chaud ».
A la fin du discours de clôture de François, je me suis dit une fois de plus : « je sais pourquoi je suis au Mouvement Démocrate ». Même si quotidiennement sur le terrain, le nez dans le guidon, les choses sont parfois compliquées, notre cap est clair. Je n’en doutais pas mais je suis malgré tout rassuré.

Nous devons construire un nouveau modèle de société afin de sortir de l’opposition stérile entre socialisme et capitalisme : l’humanisme démocratique. Douce utopie rétorqueront certains ? Je ne crois pas. Max Weber nous apprend, dans sa définition de l’homme politique, qu’il faut des gens capables de penser l’impossible pour réaliser le possible. Je lisais à l’instant une interview de Max Gallo dans le JDD. Voici pour lui la principale caractéristique des hommes qui ont fait l’histoire : « Voir vite, voir loin ». Etre capable de fixer un cap lointain afin de mieux traverser les obstacles.

C’est précisément l’inverse que notre Président de la république s’emploie à mettre en œuvre. Son « bougisme » (je bouge dont je suis) cache en réalité une absence cruciale de vision à long terme. Nicolas Sarkozy n’est pas aveugle mais il est myope.

Dernier exemple de « déclaration-réaction » à l’emporte-pièce : la suppression de la taxe professionnelle. François BAYROU a fustigé cette décision qui d’une part met en péril une nouvelle fois les ressources de l’Etat et donc sa capacité à agir pour compenser les inégalités (« Le service public est la richesse de ceux qui n’ont rien ») et risque d’autre part de pénaliser lourdement les collectivités locales dans leur dynamique territoriale.

Sur l’Europe. Oui l’Europe a besoin de plus de POLITIQUE et de moins de technocratie. Cette Europe qui ne concède droit qu’au marché doit avoir une vision globale et initiale du libéralisme : permettre à chaque citoyen européen de se sentir libre. L’homme doit pour cela être au cœur de l’action politique.
Nous devons notamment construire une vraie politique fiscale européenne harmonisée afin de limiter le dumping fiscal. Le montant des charges sociales d’une entreprise située en Hongrie a des conséquences sur nos salaires et notre niveau de vie, c’est aujourd’hui une réalité.

Nous ne devons pas par ailleurs être de simples europhiles au risque de ne pas convaincre les français de la responsabilité historique que notre famille politique assume en matière de construction européenne. « Ma mère m’a expliqué pendant des années que les épinards, c’est très bon. Au lieu de me convaincre, elle m’en a dégouté pour 15 ans »…

Je retiendrais enfin l’appel à la raison, la mesure et la sobriété qu’a lancé FB. Nous ne devons pas céder aux sirènes de l’action pour l’action. En politique, la spontanéité est souvent l’opposé de l’efficacité. Il faut raison garder et maintenir le cap.