Discrimination envers les gens du voyage : lettre adressée à Dominique Baudis
22 juil
Monsieur le Défenseur des Droits,
J’aimerais tout d’abord vous féliciter pour votre nomination récente. Membre de la famille centriste, j’ai beaucoup d’estime pour vous et vos engagements ainsi que pour la difficile, mais nécessaire, mission que vous assumez aujourd’hui : être le premier défenseur de nos droits.
Je regrette de n’avoir pu vous rencontrer à Bordeaux lors de votre venue. Aussi j’aimerais vous saisir d’un sujet sur lequel votre intervention me semble essentielle : les discriminations subies par les gens du voyage.
Cette population présente depuis plusieurs siècles dans notre pays a choisi un mode de vie différent, nomade, que personne ne peut leur reprocher. Ils sont français, travaillent et s’acquittent de l’impôt. Pourquoi n’auraient-ils pas les mêmes droits que le reste de la population ?
Je m’attarderai sur un exemple, choquant au plus haut point : l’existence du panneau « Interdiction aux gens du voyage » dans beaucoup de communes françaises.
Comment pouvons-nous supporter que de telles inscriptions soient apposées par les pouvoirs publics ? Comment accepter qu’une population soit directement montrée du doigt et qu’une partie du territoire français lui soit interdit ? C’est une discrimination digne de pratiques d’un autre temps.
Monsieur le Défenseur des Droits, vous devez demander à l’Etat de faire définitivement disparaitre ce panneau.
Plus largement, vous avez un rôle à jouer pour que la question de l’accès au droit de cette population fasse enfin l’objet d’un vrai débat dans notre pays afin que la santé et l’éducation, notamment, leur soient garanties. La question du logement est également une réelle difficulté car nombre de communes ne respectent pas l’obligation légale de construction des aires d’accueil sans qu’aucune sanction ne soit prise à leur égard.
Vous l’aurez compris, ce sujet me préoccupe. J’aurais par conséquent souhaité connaître votre position ainsi que les recommandations que vous envisagez de faire au gouvernement sur cette question.
Dans l’attente de votre réponse, je vous prie d’agréer, Monsieur le Défenseur des Droits, mes respectueuses salutations.
Fabien Robert








