Remaniement : une chance pour le centre

Tout ça pour ça ? Telle est la première maxime qui me vient à l’esprit en lisant sur la toile les réactions suite au remaniement ministériel.

On attendait un nouveau Premier Ministre, François Fillon est reconduit; un gouvernement resserré, il l’est à peine; une équipe renouvelée, elle fait au contraire la part belle aux proches du Président. La seule bonne nouvelle c’est que cette annonce met fin à une détestable saga faite de coups bas et de petites phrases destinés à servir des ambitions personnelles au détriment d’une prise en compte des vraies attentes des français.

Au plan national, je ne partage pas les idées de cette majorité et ce n’est malheureusement pas l’entrée d’Alain Juppé qui fera évoluer mon opinion.

Au plan local, pour Bordeaux, j’entends déjà les critiques qui vont être adressées à Alain Juppé concernant le cumul des mandats. Les auteurs sont pourtant de notoires cumulard(e)s que cela ne semble pas gêner aux entournures… Allez comprendre. Pour ma part, je n’hurlerai pas avec les loups. L’action concrète d’Alain Juppé à Bordeaux depuis 15 ans, qu’il ait été Premier Ministre, Député-Maire ou «simplement » Maire est saluée de tous. C’est un fait qu’il serait intellectuellement malhonnête de remettre en cause aujourd’hui parce qu’il entre au gouvernement. Il s’agit pour moi d’une garantie suffisante, à laquelle s’ajoute l’attachement profond qu’il a développer pour Bordeaux, pour penser qu’il continuera d’être un bon Maire. Sera-t-il autant disponible ? Probablement que non. Mais l’équipe solide, renouvelée et expérimentée qui l’entoure depuis les dernières élections municipales sera présente et continuera son action.

L’absence de Jean-Louis BORLOO est de loin le fait le plus marquant de ce remaniement. L’ancien Ministre du Développement Durable, qui n’a pas complètement démérité, a déclaré : « Je préfère, en effet, retrouver ma liberté de proposition et de parole au service de mes valeurs, qui ne sont pas de circonstances, au premier rang desquelles je place la cohésion sociale » Traduction : Monsieur le Président, je vous attends au coin du bois en 2012 ! S’ajoute à cela le départ d’Hervé Morin, Président du Nouveau Centre, justifié par sa médiocrité.

Mauvaise nouvelle pour la France qui voit son gouvernement se resserrer autour de la droite traditionnelle et libérale alors qu’un temps d’apaisement social et sociétale semble nécessaire mais bonne nouvelle pour le centre. J’y vois là en effet le premier acte d’une possible recomposition du centre dans les années qui viennent. Notre famille est aujourd’hui artificiellement éparpillée (Parti Radical de Gauche, Parti Radical, Nouveau Centre, Mouvement Démocrate…) notamment à cause de la boulimie de la Majorité Présidentielle aujourd’hui coupée du centre… Et ce n’est pas M.Mercier, centriste d’affichage, qui changera la donne.

10 ans et la Nouvelle Société reste à bâtir

SUD OUEST 03/11/2010 – Gros chantier en vue au centre d’animation

228808_14726698_460x306Le concours pour la reconstruction du site vient d’être lancé. Le centre d’animation Argonne-Saint-Genès-Nansouty, qui accueille souvent des spectacles de danse hip-hop, va être démoli et reconstruit.

Tonique et vieux à la fois : le centre d’animation Argonne-Nansouty-Saint-Genès est considéré comme l’un des centres les plus dynamiques de Bordeaux (dans ses murs a notamment germé la compagnie de hip-hop La Smala), mais il souffre depuis des années d’être hébergé dans des locaux vétustes.

Si vétustes que, selon une étude de programmation réalisée par la Ville, il est aujourd’hui préférable, sur le plan technique comme sur le plan financier, de détruire ces locaux pour tout reconstruire, plutôt que de rénover le site actuel.

Activités à reloger
Un nouvel équipement va donc émerger à moyen terme. Il comprendra, selon la délibération récemment présentée en conseil municipal, une salle d’animation polyvalente (190 mètres carrés), des ateliers peinture, multimédia, des bureaux, un espace couvert pour le roller, des locaux techniques ou de stockage… Vaste chantier, puisque son coût est estimé à plus de 2 millions d’euros. Ces travaux ne devraient pas avoir lieu avant l’été ou l’automne 2011, mais le processus vient d’entrer dans une phase concrète : le conseil municipal a décidé la semaine dernière de lancer le concours de maîtrise d’œuvre.

Quid, pendant ces futurs travaux, des adhérents du centre ? « Nous avons justement programmé une réunion ce mois-ci pour passer en revue, une par une, les activités de cette structure, et voir sur quels autres lieux, par exemple sur quelles autres maisons de quartier, nous pourrions les redéployer », a précisé hier Fabien Robert, maire adjoint (Modem) du quartier.

Julien ROUSSET

SUD OUEST

Ce que nous voulons faire à Bordeaux pour le logement (I)

J’ouvre aujourd’hui le premier volet d’une rubrique consacrée à ce que la ville de Bordeaux veut faire pour le logement.

Le logement arrive aujourd’hui en 4ème position dans les préoccupations des Français. Pas une semaine ne se passe sans que je reçoive un habitant du quartier Saint-Michel/Nansouty/Saint-Genès qui est mal logé et parfois sans logement. Le logement est au cœur de tout projet de société et il est au centre des trois piliers de la politique municipale voulue par Alain JUPPE : projet urbain, projet social et agenda 21. C’est cet ensemble qui fera la métropole de demain. Voici, en substance, la communication du Maire au Conseil Municipal ce jour sur ce sujet fondamental.

En 1995, nous avons élaboré notre premier Projet Urbain visant à faire de Bordeaux une métropole européenne. Je n’étais pas élu à l’époque mais j’observe que nous en recueillons maintenant le fruit : la ville de Bordeaux est ainsi passée de 210 000 habitants en 1990 à plus de 240 000 habitants aujourd’hui.

En 2008, l’équipe municipale a pris 5 engagements en faveur du logement :

- créer 10 000 nouveaux logements dont 3 500 à loyers modérés
- favoriser l’accession sociale à la propriété pour les classes moyennes
- ouvrir plus de logements de transition pour les personnes en situation de précarité
- agir pour le logement des jeunes
- rénover des résidences pour personnes âgées

En 2030 : objectif de 200 000 habitants supplémentaires dans une agglomération millionnaire dont 100 000 sur Bordeaux

100 000 habitants dans une ville de qualité c’est environ 60 000 logements supplémentaires ou requalifiés, soit quelques 50 000 constructions nouvelles et 10.000 requalifications, tous économes en énergie.

Ces logements, pour qui allons-nous les faire ?

>40 000 à 45 000 pour les nouveaux arrivants
>10 000 à 15 000 pour compenser la décohabitation et le vieillissement par exemple dans le quartier Saint-Genès/Nansouty
>5 000 pour lutter contre toutes les formes de mal-logement, très (trop) présentes dans le quartier Saint-Michel…

Où allons-nous les faire ?

Quelques orientations : 10 000 sur Euratlantique, 10 000 sur le secteur de Bastide Nord, 10 000 sur le secteur allant des Bassins à flot à Ginko, 13 500 sur le secteur de Bordeaux Nord, et de l’ordre de 16 500 en diffus sur le reste de la Ville(et donc notamment dans notre quartier)…avec les services, équipements, commerces de proximité, entreprises et emplois.

Comment allons-nous les faire ?

La Ville va venir renforcer les aides publiques: 55% des nouveaux logements bénéficieront d’une aide financière publique (35% en locatif à loyer modéré, 20% en accession aidée à la propriété).

1. Intensifier la production de logements sociaux

La croissance du parc de logements publics est évidemment un objectif important : sur les 60 000 logements qui seront construits ou requalifiés d’ici 2030, il y aura entre 15 et 20 000 logements locatifs sociaux, c’est-à-dire que nous allons quasiment doubler notre parc.

Notre engagement ne date pas d’aujourd’hui : la Ville s’est engagée depuis longtemps dans une démarche volontariste : pour la seule année 2010, ce seront plus de 800 qui seront livrés.

Notre effort porte sur la mixité sociale : les différentes catégories de logement (PLS, PLUS, PLAI) doivent être également mobilisées. Le PLS répond à un vrai besoin pour classes « moyennes basses », qui ont de grandes difficultés à se loger aujourd’hui dans le parc privé. Mais il faut aussi aujourd’hui construire des logements très sociaux, car c’est une part de la population toujours plus grande qui y a droit.

Les opérations d’aménagement où se concentreront une grande part des nouvelles constructions, devront désormais comprendre 55% de logements aidés, soit
35 % de logements sociaux , dont 10 % de PLS et 25 % de PLUS/PLAI à titre indicatif et 20 % d’accession modérée à la propriété.

300 nouveaux logements sociaux publics seront créés au cœur de la ville de pierre, classée à l’Unesco, afin d’y maintenir les populations les plus fragiles dans le contexte d’une attractivité renouvelée : c’est là tout l’enjeu du PNRQAD (programme national de rénovation des quartiers anciens dégradés), le grand projet urbain de renouvellement du Centre ancien que nous lançons cette année sur les 7 ans à venir.

Pour parvenir à cela, nous avons remis à plat notre système d’aides financières aux bailleurs sociaux, afin de les accompagner dans la production de logements. Pour 2011, cela devrait déjà représenter près de 2 M€.

Intensifier la production de logements sociaux est notre 1er objectif.

La suite dans un prochain billet…