Un acte de violence gratuit, inhumain et inacceptable

La nuit dernière, des individus armés et cagoulés ont pénétré dans un bar gay bordelais, le Go West, et agressé violemment le gérant de l’établissement. Un acte de violence spectaculaire et choquant qui ne laisse personne indifférent.

Je fais confiance à la Police Nationale qui s’est immédiatement saisie de l’enquête pour retrouver les auteurs. Bien que le caractère homophobe de cette agression ne soit pas encore établi, difficile de ne pas y penser…

Quelqu’en soit la motivation, je condamne avec la plus grande fermeté cet acte de violence gratuit, inhumain et tout simplement inacceptable.

Alain Juppé, Maire de Bordeaux, avait prévu de rencontrer les associations LGBT (dont notamment le  »Le Girofard » que nous soutenons) pour évoquer leurs actualités. Cette rencontre aura lieu la semaine prochaine pour aborder notamment les actions supplémentaires que nous pourrions mettre en œuvre pour lutter contre l’homophobie à Bordeaux.

Bordeaux est une ville humaniste, une ville de tolérance, où l’insécurité est faible mais qui n’est malheureusement pas épargnée par des actes de moins en moins isolés dans un climat national de plus en plus délétère. Je forme le vœu que la loi dite du « Mariage pour tous », que je soutiens, soit adoptée par une représentation nationale légitime le plus rapidement possible. Le débat n’a que trop duré et probablement réveillé dans son sillage une haine qu’il nous faut combattre sans relâche.

Appauvrir les riches n’a jamais enrichi les pauvres

Le chômage est, pour la plupart de ceux qui en sont victimes, une épreuve cruelle, aussi bien matérielle que morale.

Lors de mes permanences hebdomadaires, en 5 ans, je n’ai jamais reçu autant de personnes à la recherche d’un emploi que ces dernières semaines. Sans avoir fait une étude fine, je puis affirmer que le niveau moyen d’instruction des personnes qui demandent un rendez-vous est en augmentation. Bac+4, Bac+5, Doctorat (dont certains très professionnalisant) : 15 personnes cette semaine avec lesquelles j’ai échangé dans mon bureau où qui m’ont interpellées dans la rue.

Plusieurs catégories de chômeurs existent. Il y a ceux qui en quelques semaines, de part leurs compétences ou leur réseau, devraient retrouver un emploi. Ceux-là ne viennent pas me voir.

Mais il existe une seconde catégorie, les victimes, à retardement, de la croissance nulle que connait notre pays. Ceux-là ne comprennent pas et viennent me voir.

La gauche nous promet la croissance pour agir sur les causes du chômage. Pourtant, le gouvernement semble plus préoccupé par des actions médiatiques contre les plus hauts revenus (quand elles ne sont pas retoquées par le Conseil Constitutionnel) que par la construction d’une vraie politique économique de combat. Je ne dis pas que certaines actions ne sont pas nécessaires et qu’il ne faut pas limiter les rémunérations les plus folles.

Mais alors dans ce cas, ne taxons pas à 75% mais à 80% ! Pourquoi pas 85% ? Il restera bien assez d’argent aux personnes concernées pour vivre dans l’opulence.

Seulement voilà, appauvrir les riches n’a jamais enrichi les pauvres. Une telle politique soulage l’idéologie, donne bonne conscience à ses instigateurs mais laisse s’enfoncer les personnes que je croise dans les plus grandes difficultés.

Pour eux, le changement attendu a un goût amer.

Réserviste : les raisons d’un engagement

Depuis 2 ans, jour pour jour, je sers dans la réserve opérationnelle de l’armée de Terre. Quand j’évoque cet investissement personnel devant des amis, en famille ou avec des bordelais(es), je perçois leur étonnement, leur perplexité et parfois même leur doute quant à la nature et l’utilité de cet engagement. A la question « Pourquoi ? » succède souvent l’interrogation lapidaire et jugeuse : « Mais vous servez à quoi ? ».
Le 4 avril, c’est la Journée Nationale du Réserviste. C’est pour moi l’occasion de revenir sur mon choix et le rôle de la réserve opérationnelle en France.

Je n’étais ni fan des armes à feu, ni des films de guerre. Pourtant, j’ai toujours aimé et admiré l’armée, sans toutefois souhaiter m’y engager professionnellement. En 2011, lorsque j’ai poussé la porte du centre de recrutement de la rue de Cursol, je voulais donner du temps, modestement, et mettre mes quelques compétences au service de l’armée pour deux raisons.

D’une part pour servir. C’est la principale raison de mon choix, non sans cohérence avec mon parcours professionnel et mes autres engagements.
Enseigner, c’est servir les générations futures.
L’idée que je me fais de la Politique, c’est servir ses concitoyens.
S’engager dans l’armée, c’est servir son pays.

D’autre part pour mettre en application l’une de mes convictions politiques. Je pense en effet qu’une grande Nation comme la France, compte tenu de son histoire et de son rôle dans le monde se doit de mener une politique de Défense ambitieuse. Nous ne pouvons faire d’économies dans ce domaine, sauf à penser que les menaces seraient moins grandes que par le passé ? Recruter et entrainer une armée professionnelle, c’est assurément un gage de maintien de la paix. L’action de la France au Mali en est une parfaite illustration. Le secteur de la Défense représente par ailleurs un nombre d’emplois directs et indirects très important, dans le Sud Ouest notamment.

La Réserve me sembla une forme d’investissement d’autant plus adaptée que l’essentiel de son rôle consiste à épauler l’armée d’active pour qu’elle se consacre à son cœur de métier. Les militaires en charge du plan Vigipirate que vous apercevez patrouillant dans les gares et les aéroports sont souvent des réservistes. De même en cas de catastrophe naturelle ou de troubles graves sur le territoire national, la Réserve peut être mobilisée.

Après quelques jours de classes, je m’imaginais apportant mon aide dans le domaine administratif, le recrutement et l’enseignement. C’était mon projet. La réalité de mon engagement sera bien différente.

Défilé de ma promotion en avril 2011 (FMIR)

Défilé de ma promotion en avril 2011 (FMIR)

Après 15 jours de « Formation Militaire Initiale de Réserve », j’ai rejoint la 10ème compagnie du 48ème Régiment de Transmission basé à Agen.

En effectuant 5 à 60 jours par an, le réserviste se doit d’acquérir les techniques militaires de base (combat, activités sportives, tir, vie en campagne, secourisme de combat, topographie…) et de veiller à son perfectionnement. En quelques lignes, il est impossible de décrire avec précision les nombreux domaines d’activité que permet l’armée mais c’est un apprentissage conséquent et très enrichissant.

Au-delà de ces nouvelles compétences, dont je n’avais pas idée et que j’ai pu acquérir, l’armée c’est avant tout un état d’esprit et la préservation de valeurs humaines saines.

La solidarité. Un soldat seul n’est rien. Du binôme au corps d’armée, en passant par le groupe, la compagnie et le régiment, seule la force du groupe compte et permet la victoire. Toute la formation du militaire est emprunte de cette notion si importante pour former des militaires consciencieux, efficaces, et non des mercenaires solitaires.

La cohésion. Réussite, erreur, efforts physiques, détente : les moments heureux comme les plus difficiles se vivent ensemble. La cohésion, c’est ce liant sans lequel la solidarité ne serait qu’apparente.

L’entraide. Dans la Réserve, nous sommes tous, hommes et femmes, d’âges et d’horizons très différents. Pourtant, l’égoïsme est proscrit. Je pense notamment aux activités physiques parfois difficiles mais où la consigne est toujours la même : « aller au rythme du plus faible ». Le but n’est pas d’arriver premier mais d’arriver ensemble.

La discipline. C’est presque devenu un gros mot aujourd’hui… Or il s’agit non pas d’une fin en soi, mais d’un moyen nécessaire à la bonne organisation et au maintien en condition opérationnelle des forces armées.

L’armée, c’est à bien des égards une école de l’humilité, où le galon compte moins que la valeur et les compétences. Je ne voudrais pas paraître angélique : comme toute organisation humaine, l’armée a aussi ses défauts et ses aspects perfectibles.

Cette réalité, véritable aventure humaine, demeure difficile à décrire et à imaginer pour qui ne l’a pas vécu. Comme beaucoup, je suis arrivé avec mon projet personnel puis j’ai découvert et adopté celui de l’armée.

Aujourd’hui sous-officier, demain peut-être officier lorsque j’aurais effectué ma « Formation Initiale d’Officier de Réserve » prévue cet été, si je peux vivre pleinement cet engagement épanouissant et vous en parler avec autant d’envie, c’est avant tout grâce à l’équipe d’hommes et de femmes que j’ai rejoint au sein de la 10ème Compagnie à Agen. Ils m’ont formé (et continuent de le faire ! ), me font confiance et me donnent envie de continuer sans relâche à me surpasser. C’est parfois difficile physiquement mais tellement enrichissant humainement… Des Capitaines aux derniers arrivés, c’est pour moi l’occasion de les remercier très sincèrement.

En écrivant ce billet, non exhaustif, mon objectif n’est pas de convaincre ou de recruter. Je profite juste de la Journée Nationale du Réserviste pour témoigner, avec mes mots, d’un engagement nécessairement personnel.

Il est cependant aisé de faire un lien entre mon statut de réserviste et mon activité publique. C’est ce fameux lien « Armée-Nation » que j’ai aussi à cœur de faire vivre. Aussi, si vous souhaitez en savoir plus et me rencontrer pour en parler, c’est avec plaisir que je vous invite à venir visiter le « Village du réserviste », installé place Pey Berland, de 10h à 16h, jeudi 4 avril, avec le soutien de la ville de Bordeaux.

En savoir plus sur la Journée Nationale du Réserviste : http://www.bordeaux.fr/ebx/pgFicheEvt.psml?_nfpb=true&_pageLabel=pgFicheEvt&classofcontent=evenement&id=90827

SUD OUEST 20 mars 2013 – La naissance du marché dominical place Pouyane

Ils seront tous là dimanche matin, à partir de 8 heures. Une dizaine de maraîchers, agriculteurs, ostréiculteurs, volaillers inaugure le marché des frères Pouyane.

Monsieur Poirier plume ses volailles à sec. Un travail long et fastidieux, mais qui n’a d’égal que la fermeté de la chair. En plus, ses poules galopent dans la nature du côté de Porchères trois semaines de plus que les autres. Des costaudes. Hélène Montanguon viendra avec son armée de lapins, qu’elle élève dans le canton de Coutras. Monsieur Carles, lui, s’est spécialisé dans les agneaux, il arrive du Lot-et-Garonne. Pâques n’a qu’à bien se tenir. On attend aussi les fraises et les cerises des Vergers de Briteste, les melons d’Olivier David, ses endives, ses salades, ses radis…

Tous n’étaient pas là hier midi. Mais la plupart des nouveaux commerçants non sédentaires qui, dimanche, vendront leurs délices ont accepté l’invitation de Fabien Robert, adjoint au maire du quartier Saint-Genès. Histoire de taper la causette, de découvrir le site, ce splendide parvis de la place des Frères-Pouyane, de rencontrer leurs homologues, ainsi que leurs voisins commerçants sédentaires. Tous bien contents face à la nouvelle émulation du quartier.

18 marchés en ville
En 2010 et 2011, la mairie de Bordeaux organise en partenariat avec la Chambre d’agriculture un marché producteur sur la place Pouyane. Ces deux journées connaissent un vif succès et du coup, l’évidence s’impose. Le quartier qui a vécu une mutation urbaine et sociologique réclame un marché. Bordeaux alors comptabilise 18 marchés dans ses divers quartiers. Jean-Claude Floirac, directeur de l’occupation du domaine public à la mairiee, tient les cordes de ce dossier « Marché ». Il explique : « Avant d’envisager de créer un nouveau marché, il faut être sûr que cela corresponde à un besoin dans le quartier, il vaut mieux qu’il ne doublonne pas avec un marché pas trop loin. Avant toute chose, lorsqu’Alain Juppé a dit banco pour ce marché, il a été organisé un débat en Conseil municipal, avec vote mis en délibération. Une fois la délibération votée, nous avons lancé la procédure, à savoir, déterminer la caractéristique du marché et trouver les commerçants. »

Producteurs locaux
Le marché Pouyane a donc été qualifié de « producteurs ». Il fait appel à de petits producteurs locaux. Pas encore bio, mais respectueux du produit. « Un marché purement bio aurait été compliqué, trop cher aussi, remarque Fabien Robert. Le marché labellisé ‘‘producteur’’ colle bien avec notre Agenda 21, on ne trouvera ici que du local. »

Une dizaine de producteurs ont répondu à l’appel de la mairie de Bordeaux. « Trop contents de trouver une si belle opportunité, note Olivier David, maraîcher en Charente-Maritime. La place est animée, il y a du mouvement, le tram s’arrête juste devant. Entre la Victoire et les boulevards. C’est vraiment parfait. »

Le dimanche matin, Bordeaux compte trois marchés, celui des quais aux Chartrons, celui de Pey-Berland et celui des Capucins. Désormais, le parvis Pouyane sera le quatrième. On trouvera aussi un crémier, un brasseur, un marchand de bœuf. Pas de boulanger ni de fleuristes, afin de ne pas concurrencer les commerçants autour de la place. Et on pourra déguster les huîtres avec un petit blanc, au soleil.