11813608VOEUX DU MAIRE. 2009 a été marquée par des avancées significatives sur plusieurs dossiers (ponts, tramway…). 2010 sera aussi riche, comme il l’a souhaité devant la presse. Le ton monte entre la ville et la CUB au sujet de la collecte des déchets en centre-ville

Alain Juppé a affirmé hier que le taux des impôts locaux qui sera voté en mars sera maintenu au même niveau qu’en 2009. (ph L.Theillet)
Exercice convenu, les voeux à la presse permettent néanmoins de balayer les principaux sujets d’actualité. Ceux d’Alain Juppé, hier, n’ont pas échappé à la règle. Voici une revue des sujets balayés.

A comme auditorium

Le chantier est planté, depuis que l’entreprise Harribey a obtenu de la justice le droit de se retirer, pour cause de défaut de paiement par le constructeur Michel Ohayon. Mais Alain Juppé ne panique pas : « Le promoteur a trouvé une nouvelle entreprise et a donné des garanties de bonne fin. J’ai contacté la compagnie d’assurance qui m’a confirmé que cette garantie existe bien. Le chantier sera terminé. »

C comme créative

« 2009 a été constructive, 2010 sera créative », a déclaré Alain Juppé, qui conseille de ne pas se laisser abattre par la morosité ambiante. La créativité jupéenne doit se décliner selon quatre axes.

Primo : faire de Bordeaux une ville digitale en favorisant l’accès de tous aux nouvelles techniques de communication. Deuzio : développer les services numériques mobiles pour l’information des citoyens. Tertio : généraliser « l’e-éducation », avec l’installation de tableaux numériques dans les écoles élémentaires d’ici à 2012. Enfin, usage accru des logiciels sociaux et éducatifs.

D comme démographie

En 2010, Bordeaux franchira la barre des 240 000 habitants. « La croissance se poursuit, nous sommes désormais à 238 000 et Bordeaux représente 62 % de la hausse de la population dans la CUB. Au début du siècle précédent, la ville frisait les 300 000 habitants, cela n’a rien de déraisonnable de vouloir y revenir. C’est notre objectif. »

I comme InCité

Placée dans l’oeil du cyclone depuis que le conseiller municipal socialiste Mathieu Rouveyre en a fait sa cible favorite, la société d’économie mixte InCité (chargée de la rénovation des logements dans les quartiers anciens) donne toute satisfaction au maire : « InCité fait un boulot formidable. Elle a déjà rénové 1 400 logements, je lui tire mon chapeau. Mais elle n’a peut-être pas le même savoir-faire en matière de communication. Nous avons aussi dans notre Conseil municipal un spécialiste du mensonge. Il n’y a aucune pratique condamnable, pas de déportation des habitants hors des quartiers anciens. Il faut arrêter les mensonges. »

I comme identité nationale

Le débat mené par le ministre Éric Besson sur l’identité nationale passe par Bordeaux dans quelques jours. Alain Juppé a déjà dit tout le mal qu’il en pense. Hier, il y est revenu : « Je ne sais pas s’il faut arrêter ce débat, en tout cas il faut le recadrer. Je n’ai pas reçu d’invitation pour participer à la séance de Bordeaux. J’ai émis des réserves sur l’utilité de ce débat.

Avons-nous besoin de nous interroger sur ce que c’est qu’être Français ? Non. La réponse existe, ce sont les trois mots de la devise nationale. Être Français est presque affectif et spirituel. Il y a un débat sous jacent, qui porte sur notre capacité d’ouverture aux musulmans de France. C’est la deuxième religion du pays, il ne doit pas y avoir de discrimination. Ce n’est pas toujours dit dans le débat sur l’identité nationale. »

Q comme quartiers

Entre la construction de l’Epad du Grand-Parc, celle de la crèche et de l’école du nouveau quartier de la berge du Lac, la rénovation du marché de Lerme, la réhabilitation de la salle des fêtes de Saint-Augustin, le choix de l’architecte qui requalifiera l’espace Saint-Michel, « tous les quartiers seront concernés par de nouveaux projets en 2010. »

L comme lapsus

« Voilà, vous avez observé que je n’ai pas été objectif… euh, je voulais dire exhaustif », a déclaré Alain Juppé au moment de conclure ses voeux, créant l’hilarité générale, ainsi que la sienne.

M comme Beaux-Arts

Prenant acte de la situation problématique du musée des Beaux-Arts (lire notre édition de lundi dernier), et qui n’a pas échappé à la Direction nationale des musées de France, Alain Juppé admet que « S’il était difficile de s’attaquer à tout à la fois », et rappelant la rénovation en cours, pour 15 millions d’euros, du Muséum d’histoire naturelle, la question des réserves du musée des Beaux-Arts est désormais une priorité.

« Nous accueillons en janvier un nouveau conservateur, Guillaume Ambroise, qui devra nous faire des propositions. » À l’étude actuellement, la construction de réserves visitables dont il reste à établir à quels musées elles profiteraient.

R comme retard

« Pardonnez mon retard, mais mon emploi du temps a été bouleversé par l’annonce très douloureuse du décès de Philippe Seguin. Je l’ai appris avec stupeur et tristesse. »

P comme poubelles et polémique
La collecte des déchets par les services de la CUB dans l’hypercentre de Bordeaux n’est pas jugé satisfaisante par les élus bordelais. Alain Juppé qui doit faire face à la grogne des agents de la voirie chargés jusqu’au 25 janvier de ramasser les déchets et sacs hors bacs, l’a rappelé hier. Le maire de Bordeaux est d’autant plus agacé qu’il a reçu une lettre du président de la CUB Vincent Feltesse (lire Sud Ouest d’hier) lui reprochant de mal informer les usagers, de les inciter à l’incivisme et de ne pas user suffisamment de son pouvoir de police. Alain Juppé a pris la plume hier pour lui répondre : « Le ton de maître d’école adopté dans plusieurs courriers récents n’est pas de nature à m’impressionner », commente-t-il, dénonçant « une insinuation inexacte et inacceptable ». Il estime que les difficultés actuelles ne peuvent incomber au « seul incivisme bordelais ». Le maire note que « certaines tournées sont annulées sans préavis et sans raison. Les enquêtes qui devaient permettre de définir le nombre et les dimensions des bacs à mettre en place au domicile des habitants n’ont pas été correctement effectuées ».

Les deux élus vont pouvoir s’expliquer cet après-midi entre quatre yeux. Tous deux ont décidé de faire un point avec les agents de l’USID, la brigade verte chargée entre autres de traquer les auteurs de dépôts sauvages sur la voie publique.

Auteur : denis lherm
A.-M. S
d.lherm@sudouest.com