SAINT-MICHEL. Les deux anciens combattants ont quitté l’hôtel pour retrouver leur immeuble sécurisé. In Cité et la majorité dénoncent une « manipulation » de l’opposition

11162648Jilali Mezrane et El Fatmi Gouir, les deux anciens combattants marocains, ont voulu regagner samedi leur logement de la rue Malbec. Se plaignant du bruit d’un squatter voisin, ils avaient été relogés en urgence vendredi soir dans un hôtel du quartier (notre édition de samedi). Mais, la chambre étant au cinquième étage et In Cité ayant fait installer une porte de sécurité antisquat à l’entrée de leur immeuble, ils ont choisi de le réintégrer. Le 11 novembre, ils doivent partir au Maroc pour la fête du mouton. À leur retour, en fin d’année, ils devraient disposer d’un logement neuf à Saint-Michel avec un loyer social de 176 euros contre 340 euros actuellement.

La relation de la mésaventure de ces deux personnes âgées de 91 ans et 79 ans, a fait réagir les dirigeants d’In Cité qui ont donné une conférence de presse en urgence samedi. En cause : la façon dont l’élu municipal PS Matthieu Rouveyre et l’élue régionale Naïama Charaï ont présenté les faits.

« Je n’ai pas compris la polémique », dit Christine Hengen, responsable du relogement à In Cité en évoquant un « sabotage par rapport au travail que l’on fait » et précisant que c’est à leur demande que les deux Marocains ont été relogés en emportant, dans un deuxième temps, des effets personnels. « Il n’y a pas eu expulsion (1) mais relogement, un huissier l’a constaté de même qu’il a constaté la présence du squat voisin », utilisé par une personne « connue des services de police », précise Fabien Robert, adjoint au maire pour le quartier Saint-Michel.

« Propos calomnieux »

Sur un terrain plus politique, Élizabeth Touton, adjointe au maire, présidente d’In Cité, Fabien Robert et Anne Brézillon, adjointe chargée de la vie associative et de la diversité, accusent « certains élus de l’opposition » de « propos calomnieux voire diffamatoires ». Citant des extraits des blogs de Matthieu Rouveyre et Naïma Charaï, Élizabeth Touton prévient : « on se réserve le droit de poursuites ! ».

À l’adresse de Matthieu Rouveyre(2), par ailleurs conseiller général, Fabien Robert rappelle que le Conseil général « a validé » le prochain relogement des deux anciens combattants. Selon lui, la polémique de l’élu PS est « de la manipulation pour déstabiliser la mairie et In Cité. En tant qu’élus, nous nous sentons touchés dans notre honneur et notre intégrité. Qui sont ces gens pour porter de telles accusations ? » Quant à Anne Brézillon, elle rappelle le groupe de travail créé par Alain Juppé il y a un an et qui débouchera, le 9 novembre, sur des mesures dont la création d’un café social à Saint-Michel. Dans un local fourni par In Cité.

(1) La Police nationale a également tenu à réagir. elle n’est intervenue « ni au profit ni au préjudice de ces personnes. Appelés par In-Cité pour un squatter, nous avons envoyé une patrouille visiter les lieux et constater qu’une porte avait été forcée. Personne n’a été mis à la rue ».

(2) Dans un mail adressé hier soir l’élu Bordelais persistait dans ses déclarations renvoyant à son site Internet.

Auteur : Michel Monteil
m.monteil@sudouest.com