Dans la vie d’un élu de quartier, il y a des projets sympathiques, ludiques et faciles à mettre œuvre. La population est enthousiaste et l’élu qui soutient le projet se fait au passage un bon coup de pub. Et puis il y a parfois des projets beaucoup plus nécessaires mais difficiles à mettre en œuvre, essentiellement parce qu’ils répondent à l’intérêt général mais ne satisfont pas à la demande immédiate de la population (ce que l’on appellerait, au niveau national, l’opinion public).

Je crois malgré tout que ce projet est l’une des solutions pour résoudre le problème des SDF dans notre quartier.

Je ne néglige pas les oppositions et questions des riverains et des commerçants. Je comprends leurs inquiétudes. Bien sûr le risque existe ! Comme lorsque nous avons implanté différents lieux d’accueil : le Foyer LEYDET à Nansouty, le CEID rue Planterose, la Maison de Marie… A chaque fois, quelques réglages ont été nécessaires mais aujourd’hui la cohabitation se passe bien.

Je crois avoir, sur ce dossier, le devoir de rester optimiste, de tout faire pour expliquer le projet et rassurer la population. Nous n’avons pas le droit de tomber dans le « oui, mais pas à côté de chez moi », cela ne serait pas responsable.

Chaque semaine depuis un an, les riverains et commerçants se plaignent de la présence de ces jeunes avec leur chiens. On nous reproche, nous élus, de ne rien faire et de laisser ces SDF dans la rue. Lorsque enfin un projet émerge pour apporter un début de solution en sortant ces jeunes de la rue, on nous accuse de vouloir attirer encore plus de marginaux… La contradiction est évidente. Il s’agit au contraire d’endiguer ce phénomène en sortant ces jeunes de la rue pour les amener vers une structure de resocialisation dans le quartier où ils déambulent.

Pourquoi dans le quartier ? Parce qu’il faut avoir le courage de traiter le problème là où il se trouve, là où ça fait mal.

Je ne doute pas qu’un tel parti pris m’attire un certain nombre d’inimitiés. Je resterai malgré tout à l’écoute de chacun pour essayer de convaincre le plus grand nombre.

La Maison PRODOMO sera :

- une pension de famille pour des jeunes qui veulent sortir de la rue et de l’errance
- une structure encadrée par une équipe d’éducateurs professionnels du CEID, 365 jours/an et 24h/24
- un programme d’accompagnement personnalisé d’insertion : de 14h à 17h, les jeunes seront en formation ou en activités
- réservée à 14 jeunes seulement dans un premier temps
- un établissement à l’écoute des préoccupations des riverains : l’équipe sera joignable 24h/24 via un n° de portable
- un projet porté par l’Etat et le Conseil général pour lequel la Mairie apporte sa collaboration principalement financière

La Maison PRODOMO ne sera pas :

- un lieu d’hébergement d’urgence ou de distribution de repas
- une halte de jour pour toxicomanes : il en existe déjà une, rue Planterose, qui ne pose aucun problème aux riverains
- une structure où les jeunes seront livrés à eux-mêmes
- un chenil : les chiens, qui sont leurs compagnons de route, resteront avec leurs maîtres et dormiront avec eux