L’axe Fillon-Juppé : le coup d’après ?

François Fillon est une anomalie dans la 5ème République. Un Premier Ministre d’arrière plan, plus populaire que le Président de la République. Il est aussi tout à fait atypique par ce qu’il dégage de confiance et de détermination aujourd’hui encore lors de sa venue à Bordeaux alors que la Majorité Présidentielle, convaincue de sa défaite, a le moral dans les chaussettes. Il donne aussi le sentiment d’être un homme droit et simple au-delà des désaccords de fond.

La complicité affichée avec Alain Juppé est assez troublante si l’on se remémore l’entrée de ce dernier au gouvernement. Les deux hommes s’apprécient mais sont à la tête de chapelles différentes et parfois concurrentes dans les mouvements internes à la majorité. Leurs différences sur l’Europe étaient importantes il y a quelques années mais tout ceci semble réglé (Alain et moi, nous avons la même vision dixit François Fillon).

Je retiens du discours du Premier Ministre, sans annonce fracassante, un moment qui ne manquait pas de piquant : « Alain et moi avons été parmi les premiers à dénoncer l’endettement de la France […] Le travail d’Alain Juppé et Michel Rocard est l’exemple de ce que devrait être la politique en France […] Les grands enjeux actuels ne sont ni de droite, ni de gauche […] » Je me suis demandé à ce moment précis devant quel François j’étais…

François Fillon et Alain Juppé soutiennent loyalement le Président de la République. Mais je ne peux m’empêcher de me demander le véritable motif de cette venue à Bordeaux. Certes la signature de l’initiative d’excellence pour l’Université de Bordeaux, c’est important. J’en profite pour dire que la réforme de l’Université française est probablement l’un des domaines où ce gouvernement a réussi son travail en y mettant les moyens. Mais le Premier des Ministres en personne doit-il se déplacer pour bénir cette signature ? Le seul Ministre de l’Enseignement supérieur (présent lui aussi aujourd’hui) accompagné du Maire de Bordeaux et néanmoins Ministre d’Etat aurait pu suffire je crois.

Et si les accolades Fillon-Juppé étaient en réalité destinées à jouer le coup d’après ?

La défaite de Nicolas Sarkozy est aujourd’hui sur les lèvres de tous les membres de la majorité. Elle laisserait un grand vide à droite et une famille politique à reconstruire, tiraillée par une Droite Populaire prête à faire alliance avec le FN et les humanistes qui auront soutenus François Bayrou. Pour fédérer, il faudra alors un chef incontesté, si possible sans ambition personnelle, capable de manœuvrer un bateau au bord du naufrage.

Alain Juppé semble tout indiqué pour jouer ce dernier rôle. François Fillon serait quant à lui légitime pour briguer l’investiture en 2017. Il faut pour cela que l’attelage fonctionne. Rien de tel alors qu’une petite visite en terre bordelaise pour montrer que les deux hommes s’entendent bien, au grand dam de Jean-François Coppé qui ne sera pas en mesure de résister à l’axe Juppé-Fillon.

J’arrête là la politique fiction. Ce n’est que mon avis, engagé que je suis dans la campagne de François Bayrou, et il ne s’agit sans doute que d’un machiavélique écart de pensée…

SUD OUEST 22/12/2011 – Saint-Michel au courant

ERDF profite du réaménagement du quartier pour revoir ses installations. Objectif : répondre, à terme, aux besoins de 1 000 ménages, contre 600 aujourd’hui.

ImprimerSix cents foyers branchés au réseau électrique du quartier Saint-Michel aujourd’hui, un bon millier dans trente ans. Bien malin celui qui pourrait aujourd’hui l’affirmer mais comme le dit Jean-Guy Majourel, directeur d’ERDF, « il vaut mieux prévoir large. Ça nous évitera de recreuser des tranchées et de revoir nos équipements. »

Aussi dans le cadre du réaménagement du quartier, ERDF a pris la décision de reprendre totalement son réseau, et de l’équiper de telle sorte qu’il puisse faire face à une augmentation du nombre de ses abonnés d’au moins 40 %.

Le moment ou jamais
Une anticipation sur l’avenir cautionnée par la Ville. « On ouvre une fois, et plus du tout », assure Fabien Robert, maire adjoint du quartier en rappelant les règles : « Durant trois ans, aucun chantier ne sera autorisé sur le secteur rénové, et ensuite, seront uniquement acceptés les travaux urgents ou incontournables. » Voilà donc les propriétaires d’immeubles informés. S’ils envisagent de nouveaux branchements, c’est le moment ou jamais !

Jean-Guy Majourel et Fabien Robert se retrouvaient hier après-midi sur le terrain pour juger l’avancement des travaux et rencontrer par la même occasion les acteurs du quartier.

Trois transfos sous la place
Finalement, une belle leçon d’électricité. Le quartier est traversé par une ligne à haute tension de 225 000 volts. Venant de Bègles, cette ligne ne fait que passer cependant rue des Faures pour rejoindre le transformateur central de Saint-Christoly. C’est de ce PC que repartent les lignes de 20 000 volts qui alimentent les 60 transformateurs du centre de Bordeaux.

Surprise !… le poste relais qui apporte l’électricité à Saint-Michel est sous terre, au beau milieu de la place Canteloup. Ce poste vient d’être totalement réaménagé. Deux transformateurs jusque-là, trois dorénavant. « Deux suffisent largement à ce jour. Nous avons installé le troisième pour l’avenir et en cas de secours. Lorsqu’il y aura problème, il nous permettra de rétablir le courant bien plus vite que par le passé », explique Jérome Cadinot, coordinateur du chantier.

Tous les câbles menant à ce poste souterrain vont aussi être renouvelés. 1 100 mètres de nouveaux câbles au total dans 706 mètres de tranchées.

Autour de la basilique, le gros du chantier ERDF est réalisé à ce jour. Les travaux liés au réseau électrique dans le quartier ne sont pas pour autant terminés. La rue Camille-Sauvageau sera, par exemple, seulement traitée au printemps. Comme le sera aussi la rue des Faures.

Pour ERDF, 300 000 euros de travaux au total. La filiale d’EDF promet aux riverains une transparence totale. Avec la mise en place de panneaux d’informations sur les barrières de chantier afin que les gens suivent l’évolution des travaux engagés et comprennent pourquoi ils sont réalisés. Un premier panneau d’infos a été posé hier place Canteloup.

Des chantiers propres
ERDF promet enfin des « chantiers propres », un engagement qui figure au rang des priorités dans la convention de partenariat signée par Alain Juppé, maire de Bordeaux, et Michèle Bellon, présidente du directoire d’ERDF en juillet dernier.

Un chantier propre, c’est le respect de l’environnement, des nuisances réduites et la chasse au gaspi. À titre d’exemple, plus de va-et-vient de camions pour évacuer les gravats et ramener dans la foulée des matériaux pour reboucher les tranchées. Une machine aspire les matériaux des tranchées réalisées, les broie et les recrache pour reboucher les trous. Moins de pollution, gain de temps, économies.

Budget 2012 : saine gestion, investissements et solidarité

Un moment important hier lors du dernier Conseil Municipal de l’année 2011 : le vote du budget de la ville de Bordeaux pour 2012. En voici les grandes lignes.

La crise touche l’ensemble des Collectivités locales et Bordeaux n’échappe pas à cette règle. La plupart des grandes villes font le choix d’augmenter fortement la pression fiscale et de réduire l’investissement. Bordeaux dans son budget 2012 met l’accent sur son programme d’équipement et continue de ne pas faire évoluer la pression fiscale. Ainsi, dans un contexte économique difficile, la ville de Bordeaux décide de soutenir l’activité économique en investissant massivement sans augmenter les impôts.

Pour mémoire, en 16 ans, le taux d’imposition globale de la ville n’aura évolué que de 7,3 % contre 33,7 % pour le Conseil général de la Gironde. Sur une période allant de 2002 à 2011, Bordeaux se situe en 2ème position des plus faibles augmentations de la fiscalité.

Notre gestion rigoureuse permet une épargne brute positive et un fort désendettement de la ville. Entre 2002 et 2010, l’encours de la dette a diminué de 22% à Bordeaux alors que 9 villes sur les 14 plus grandes villes de France ont vu leur dette augmenter et parfois très fortement (comme à Reims, Lille, Strasbourg et Montpellier).

Par ailleurs, les comptes de la ville de Bordeaux ne dénombrent aucun emprunt toxique.

En 2012, la ville va augmenter de 5,16% le budget du Centre Communal d’Action Social (6,73M€), un soutien nécessaire aux plus pauvres en période de crise économique.

> Les chiffres clefs

- Budget pour 2012 = 425,1M€
- Budget pour 2012 = +6,6%
- Dépenses de fonctionnement = 314,7M€
- Dépenses d’investissement = 110,4M€

> Un plan d’équipement inscrit à 90 M€ en progression spectaculaire de + de 36 %.

Sur ces 90 M€, 85 % sont dédiés à des équipements de proximité touchant directement les Bordelais :
- 16 M€ consacrés aux écoles et aux crèches dans les quartiers,
- 8,6 M€ consacrés aux équipements sportifs de proximité,
- 13 M€ pour les équipements culturels fréquentés par les Bordelais,
- 11 M€ consacrés aux aménagements sur les espaces publics de proximité,
- 6 M€ dédiés à l’habitat et au logement.

Bordeaux : la taxe d’habitation pour les nuls

FRANCE-ELECTIONS-MUNICIPALS-BORDEAUX-CAMPAIGNC’est aujourd’hui que se déroule le dernier Conseil Municipal de l’année consacré au budget. Nous allons parler impôts, un sujet sensible. Bien qu’ils n’augmentent pas à Bordeaux depuis des années, l’opposition va nous jeter au visage des statistiques pour expliquer l’injustice que représente le budget municipal 2012 allant jusqu’à « torturer les chiffres pour leur faire dire la vérité ». Voici un billet technique, assez long, mais qui rend compte d’une manière objective et vérifiable de la réalité fiscale à Bordeaux. La taxe d’habitation est le sujet de controverse idéal par sa complexité. Alors essayons d’expliquer…

La taxe d’habitation est obtenue par application à sa base brute (valeur locative cadastrale fixée par l’Etat) d’allègements à travers des abattements avant la multiplication par le taux d’imposition.

La politique fiscale locale est donc déterminée par les taux d’imposition, mais également par la politique d’abattements propre à chaque collectivité.

Pendant une longue période, il était reproché à Bordeaux d’avoir des taux élevés. La politique de modération fiscale menée par la municipalité a permis de réduire l’écart de ses taux d’imposition avec les autres villes et de se situer dans une bonne moyenne.

Depuis quelques années, c’est l’impôt payé dans chaque ville qui est comparé. Ainsi, il est tenu compte des politiques fiscales locales (taux et abattements). Cependant, la base d’imposition retenue pour calculer l’impôt est un facteur important, utiliser des bases différentes pour chacune des villes comparées n’a pas de sens et ne reflète en rien sa politique fiscale.

De plus, la taxe payée par le contribuable est répartie entre sa commune et son établissement intercommunal, la CUB dans le cas des bordelais, depuis cette année et suite à la réforme fiscale de 2010. La part intercommunale est celle héritée du département. Les évaluations qui suivent ne concernent pas cette part, cela fausserait les comparaisons d’autant que notre conseil général a adopté sa propre politique d’abattements en 2004, augmentant ainsi sa part en une année de plus de 19 % en équivalent taux.

I) Les bases d’imposition
Les évaluations cadastrales, base d’imposition de la taxe d’habitation (TH), sont faites par les services de l’Etat et harmonisées à leur création sur l’ensemble du territoire national. Deux logements identiques, l’un situé à Bordeaux et l’autre à Nice ou à Lille, devraient avoir la même valeur locative.

Cette valeur locative (VL) des logements n’est pas régulièrement révisée, dans chaque ville, en fonction des évolutions qu’ils ont pu subir (améliorations, agrandissements, etc.) depuis leur première évaluation cadastrale. Elles ne sont pas harmonisées.

Cette pratique aboutit à des différences parfois importantes des valeurs locatives de logements « identiques » dans des villes différentes. Ces distorsions se retrouvent dans les valeurs locatives moyennes (VLM).

Celles de Bordeaux sont comparativement élevées en raison de la nature de son bâti donnant ainsi une valeur locative moyenne (VLM) élevée. Cette situation améliore les abattements fixés.

II) Les abattements
Les abattements viennent en réduction de la base brute évaluée par l’Etat. Ils sont de deux sortes : obligatoires, pour charge de famille, et facultatifs, comme l’abattement général à la base, et sont cumulatifs.

L’abattement général à la base, facultatif, est au plus égal à 15 % de la VLM, sauf cas dérogatoire : les communes peuvent conserver l’abattement antérieur à 1980 revalorisé chaque année.

Bordeaux a choisi de conserver ce montant dérogatoire qui atteint 624 € (19,17 % de la VLM) en 2011, soit l’allègement à la base le plus élevé de France.

Il concerne tous les contribuables imposés sur leur résidence principale et les ménages sans personne à charge ne bénéficient que de cet abattement. Ces derniers représentent 77 % des contribuables bordelais, proportion typique des grandes villes.

Les abattements sont cumulatifs et pour un ménage avec deux personnes à Bordeaux ils sont de 1 651 € (Abattement général à la base + abattements pour charges de famille).

En intégrant ces deux abattements, Bordeaux est parmi les villes qui accordent les allègements les plus élevés.

taxe hab 1

III) Les taux d’imposition

Le taux de taxe d’habitation de Bordeaux est loin d’être le plus élevé des communes de sa strate (plus de 200 000 habitants). Il est dans la moyenne des villes de sa catégorie.

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