Le principe de précaution pour les antennes relais bordelaises

La mairie de Bordeaux vient de prendre un arrêté pour interdire la pose de nouvelles antennes émettrices de radiofréquences près des établissements fréquentés par des enfants.

L’arrêté signé par Alain Juppé le 12 février dernier a pour objectif de consolider les avis émis par l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail et le Conseil scientifique de l’Agenda 21 de Bordeaux dans son rapport de mai 2009. Il s’inscrit aussi dans la continuité du protocole d’accord signé en 2007 entre la Ville et les opérateurs de téléphonie mobile.

Solicité par des riverains de la place de la Victoire, c’est un sujet sur lequel je m’étais particulièrement mobilisé au sein de notre quartier.

Les principales dispositions

Tout projet d’implantation sur le territoire bordelais d’antennes émettrices de radiofréquences fera l’objet préalable du dépôt d’un dossier auprès du service communal d’hygiène et de santé. Ce dossier sera présenté pour avis devant une commission de concertation où siègent des élus municipaux, des représentants d’associations de consommateurs et d’opérateurs de réseaux sans fil.

Toute nouvelle implantation d’antennes émettrices de radiofréquences à moins de 100 mètres d’un établissement ou de lieux publics accueillant régulièrement et principalement des enfants de moins de 12 ans est interdite.

Toute modification ou réglage d’antennes déjà existantes dans un tel périmètre ayant pour conséquence une augmentation significative du champ électromagnétique dans les établissements concernés est interdite. La Ville procèdera à un contrôle régulier sur ces sites.

Principe de précaution

Ces décisions correspondent au respect du principe de précaution et sont un appel à la responsabilité des opérateurs.

A cet égard, le maire de Bordeaux se félicite que France 3 Aquitaine ait, en application de ces principes, refusé la re-conduction du contrat liant la chaîne à un opérateur de téléphonie et qui se traduit par la présence d’une antenne sur le toit de la station, à proximité immédiate d’une école.

SUD OUEST 20/02/2010 – St Michel : cinq urbanistes désignés

12251704BORDEAUX. Cinq groupements viennent d’être choisis par un jury réuni à la mairie pour imaginer la rénovation de l’espace Saint-Michel, depuis les quais jusqu’aux Capucins


Le projet de rénovation de l’espace Saint-Michel vient de franchir une étape importante. Début février, après trois heures de délibérations, un jury réuni à la mairie a désigné cinq groupements d’architectes et urbanistes appelés à plancher sur le projet, parmi les 56 qui avaient répondu à l’appel à candidature.

Requalification complète

Ces cinq équipes vont maintenant concevoir un aménagement de l’espace qui sera proposé au maître d’ouvrage, la Ville de Bordeaux, dans deux mois. Le groupement lauréat, désigné à la mi-juin, fera automatiquement partie de ces cinq-là. Ce qui est demandé à chacun d’eux, c’est de concevoir une requalification complète de l’espace urbain compris entre le quai des Salinières et la place des Capucins, via les places Dubourg, Meynard, Maucaillou et Saint-Michel et les rues Gaspard Philippe et Clare. Bref, il s’agit de rien moins que de rénover tout un quartier, et pas n’importe lequel. Saint-Michel est un espace sensible. Il relève du patrimoine historique mais il n’est pas pour autant devenu un décor de théâtre, comme d’autres quartiers anciens réhabilités. De par sa sociologie, c’est le dernier quartier réellement populaire et cosmopolite de Bordeaux. C’est aussi l’un des plus vivants, qui a jusqu’ici résisté au grignotage de l’espace par les banques, les agences immobilières et les boutiques en franchise. En un mot, Saint-Michel est resté authentique, voire « dans son jus ». La mairie saura-t-elle conserver l’identité des lieux ? Le souhaite-t-elle ? C’est tout l’enjeu du projet.

Désignés sur dossier

Les urbanistes qui vont maintenant concourrir ont été choisis au vu de leurs références, sur dossier. En clair, ils n’ont pas encore livré leur vision du quartier Saint-Michel. Le maître d’ouvrage ne connaît d’eux que des projets ou des réalisations présentées sur papier, comme on recrute un candidat sur CV. La mairie a toutefois privilégié certains critères. Les candidats qui n’ont jamais réalisé de projet urbain d’un montant supérieur à 3 millions d’euros, ont par exemple été systématiquement écartés. La rénovation de Saint-Michel représente environ 13 millions d’euros (1). Les groupements devaient aussi présenter des compétences en matière de HQE (haute qualité environnementale).

Au final, sur les cinq retenus, on compte deux « locaux » et trois « étrangers ». Installé rue Saint-Genès, Bernard Bouzou représente l’urbanisme local, tout comme l’équipe de Poly Rythmic Architecture, dont l’agence se situe rue Paul Bert. Pour le reste, les équipes viennent de Paris et Lyon (Obras), d’Espagne (Map Arquitectos) et du Portugal (Cremascoli, Okumura, Rodrigues).

Urbanistes avant tout

Toutes ces équipes ont en commun d’avoir déjà réalisé des projets d’urbanisme, qui font appel à des compétences sensiblement différentes de l’architecture concentrée sur un seul bâtiment. Bernard Bouzou est l’auteur du projet de rénovation de la place Fernand-Buisson, dans le quartier Belcier. Il a également participé, en 2006, à un rapport siglé RFF sur l’impact de la LGV Bordeaux-Espagne. Le groupement dont il est mandataire a aussi réalisé l’aménagement du tour des arènes de Nîmes.

Poly Rythmic Architecture, l’autre local, est associé ici avec des architectes des Pays-Bas et de Belgique. Ils ont réalisé des projets urbains à Malines (Belgique) et Holsterbro (Danemark), entre autres. Le groupement formé autour de l’agence Obras, lauréate du Grand prix Auguste-Perret en 2008, a réalisé l’aménagement des quais à Saint-Nicolas de l’Eure ou encore le boulevard urbain du centre de Bastia. Poly Rythmic a également construit une villa à Montalivet, en 1998. Les Espagnols de Map Arquitectos ont fait nombre de projets, notamment à Barcelone : rénovation du marché Ninot, hôtel AC (une tour de 88 mètres de haut), palais des congrès. On leur doit aussi la rénovation de la grande place du centre historique de Castello Branco, au Portugal. Le trio Cremascoli, Okumura, Rodrigues, enfin, a requalifié la place Garibaldi de Cantù, en Italie, ou encore le Corso Sempico, à Milan.

Deux ans de travaux

Tous ces spécialistes de la ville ont maintenant environ deux mois pour s’imprégner de l’espace Saint-Michel et proposer une vision de son aménagement futur. En juin 2010, une équipe sera désignée lauréate. Commencera alors une phase de concertation avec les habitants du quartier, pilotée par le maire-adjoint, Fabien Robert. « Le résultat de la concertation permettra d’amender le projet, précise ce dernier, qui sera bouclé sous sa forme définitive en septembre 2010. » Premier coup de pioche un an plus tard, livraison fin 2013, après deux ans de travaux.

(1) Le chantier sera financé à 70 % par la Communauté urbaine, au titre de sa compétence en matière de voirie. Les 30 % qui restent seront payés par la ville de Bordeaux, à laquelle la CUB a rétrocédé la maîtrise d’ouvrage.

Voici les cinq équipes retenues pour le réaménagement de l’espace Saint-Michel. Elles vont travailler durant deux mois. Le lauréat sera désigné en juin 2010. Le mandataire est celui qui représente son groupement auprès du maître d’ouvrage.

Équipe 1 :

Bernard Bouzou (mandataire)/Antoine Bruguerolle/ A + R Salles Paysagiste/ CETAB / Anne Bureau.

équipe 2 :

Agence Obras/ Frédéric Monnet, Marc Bigarnet (mandataire)/ Horizons Paysages/ Arcadis.

équipe 3 :

MAP Arquitectos/ Josep Lluis Mateo (mandataire)/ D’ici là/ Cabinet Pedezert et Labeille/Artec/Etamine.

équipe 4 :

Roberto Cremascoli, Edisson Okumura, Marta Rodrigues (mandataire)/G.O.P.

équipe 5 :

Poly Rythmic Architecture/ Emmanuelle Jutan, Ludovic Lachavanne, Sirine Touzani, Ferran Yusta-Garcia (mandataire)/ Okra Landscape Architecten/ Betom/ Atelier Roland Jeol.

Auteur : denis lherm
d.lherm@sudouest.com

« L’appel de Bordeaux » lancé en faveur du vélo !

logocyclabJeudi 4 février 2010, près de 600 personnes venues de toute l’Europe ont participé à CYCLAB, la 1ère grande rencontre prospective sur le vélo du futur et le futur du vélo proposée par la Ville de Bordeaux. A cette occasion, Alain Juppé maire de Bordeaux a lancé solennellement « l’appel de Bordeaux ».

Bordeaux capitale vélo, imagine l’avenir

Du design à l’espace urbain, CYCLAB est un événement de réflexion sociologique, politique, industrielle et citoyenne. Autour de nombreux intervenants internationaux, institutionnels français et européens, responsables d’associations d’usagers, sportifs et chefs d’entreprise, CYCLAB s’était donné pour objectif de réfléchir au futur du vélo et de son utilisation.

Des interventions de grande qualité ont marqué la journée, ponctuée de présentations inédites, innovantes et très diverses. Dominés par les enjeux environnementaux, des échanges constructifs entre usagers, chercheurs, étudiants et entreprises, ont permis d’engendrer une dynamique et le souhait de poursuivre le déclic interdisciplinaire lancé à Bordeaux. « L’appel de Bordeaux » propose d’aller plus loin encore, en demandant une concrétisation rapide des projets.

Qu’est ce que « L’appel de Bordeaux » ?

La ville de Bordeaux appelle à la généralisation des choix et des engagements en faveur du vélo.
Celle-ci souhaite que le développement de l’usage du vélo soit une nécessité qui, rapidement, s’impose à tous les décideurs. Persuadée que les transports actifs apportent des réponses aux enjeux environnementaux, sociaux et économiques du 21ème siècle, aux questions de pollution atmosphérique, de bruit, de pathologies, de pouvoir d’achat des ménages, de difficultés budgétaires des collectivités territoriales, d’érosion du lien social.

Appel à :
- une refonte du code de la route pensé pour les transports passifs qui ne correspond plus à l’émergence du vélo et à son développement. Le nouveau code devra faciliter l’usage du vélo et sécuriser les cyclistes, la coexistence entre les modes de déplacement s’appuyant sur un partage de l’espace urbain et l’accès de tous des jeunes comme des seniors à la pratique du vélo,
- l’inscription du vélo dans la définition des politiques urbaines, notamment son intégration systématique dans la voirie, permettant aux transports actifs de s’effectuer de manière sûre et efficace,
- la production de nouveaux vélos, grâce à l’innovation industrielle proposant des vélos confortables, sûrs, et d’un prix accessible au plus grand nombre, fruits d’une collaboration active entre la recherche et l’industrie,
- choisir le vélo, au quotidien dans les différents déplacements urbains et interurbains afin de conjuguer santé, équilibre personnel et plaisir de ville.

Cabaret populaire du quartier Saint-Michel, le 21/01/2010