Sud Ouest 06/07/2011 – Les Petits Loups, première MAM en ville
6 juil

Alain Juppé à l'inauguration des Petits Loups avec Emmanuelle Garcia (gauche) et Sandra Simonet (droite). Anaïs Bard
Inauguration de la maison d’assistantes maternelles. Une structure inédite.
En France, trouver une solution de garde pour les plus petits n’est pas sans difficultés. Et c’est peu dire. Crèches parentales, assistantes maternelles à domicile, halte-garderie… les alternatives se multiplient. Malgé cela, à Bordeaux, moins de la moitié des besoins de garde d’enfants seraient satisfaits. C’est du moins ce qu’affirmait Alain Juppé, venu inaugurer lundi une nouvelle venue dans les structures d’accueil de la petite enfance : la maison d’assistantes maternelles (MAM). Celle,-ci installée rue Tillet, est née de l’initiative d’Emmanuelle Garcia et de Sandra Simonet elles-mêmes assistantes maternelles. Les Petits Loups est donc une maison aménagée comme une crèche collective dans laquelle exercent plusieurs professionnels. Celle-ci accueillera 8 enfants au maximum.
Pas vraiment de quoi compenser le manque de place en crèches. Mais la MAM, c’est surtout une structure originale qui ajoute à la qualité des conditions d’accueil des bébés : « Être à deux pour huit enfants, ça permet de se partager les tâches du quotidien et de multiplier les activités. C’est aussi agréable de rompre l’isolement du travail à domicile et de pouvoir séparer la vie professionnelle de la vie de famille » explique Emmanuelle Garcia.
Déjà complet
Une solution qui ravit déjà les quelques parents qui ont eu la chance d’obtenir une place chez les Petits Loups. « Ça permet aux enfants de vivre en collectivité tout en ayant de beaucoup d’attention individuelle » constate Katiana Liliou maman de Lény, 20 mois, qui « dès le deuxième jour ne voulait plus repartir ».
Il aura fallu plus de huit mois, un prêt et quelques aides financières de la Mairie pour ouvrir la structure qui affiche déjà complet. Un nouveau projet de MAM est déjà en cours.
Anaïs Bard.
Ce projet a été financé par le Fonds d’Intervention Local alloué au quartier et validé par le Conseil de quartier.
Sud Ouest 30/05/2011 – Le nouveau débit de lait frais attire la foule
30 mai

Malgré un incident inaugural, le distributeur de lait cru est plébiscité par les habitants. Heureusement, les vaches de la ferme du Gat, au Nizan, avaient fait le voyage pour l’inauguration du distributeur de lait cru qui trône désormais place Nansouty.
Sans ça, le maire Alain Juppé n’aurait jamais eu son verre de lait. La machine, qui fonctionnait fort bien le matin même, s’est bloquée à l’heure de l’apéro ! Et hop, 4 euros pour des prunes (en fait, il n’y a pas de prunes dans le distributeur mais des noisettes, oui !). En plus, c’est le garde du corps du ministre qui a dû faire l’appoint.
Charles Labrouche, le jeune agriculteur du Bazadais propriétaire des vaches et du distributeur, a dû se résoudre à employer la méthode traditionnelle, directement au pis des vaches, pour le plus grand bonheur des enfants du quartier. Verdict de la dégustation? « Très bon et léger, juge Alain Juppé. Surtout, nous avons besoin de circuits courts pour une agriculture de qualité. C’est ce que permet cette opération. Il y en aura d’autres : en Italie, il y a un millier de distributeurs de ce genre mais Bordeaux est une des premières grandes villes à adopter le système. »
Le distributeur capricieux a fini par débiter le lait demandé et c’est l’adjoint au maire Michel Duchène qui a trouvé la solution : il suffisait de le débrancher et de le rebrancher !
Le goût du vrai lait
À en juger par la foule réunie pour l’inauguration, l’initiative était attendue. « Je suis là depuis trois quarts d’heure, j’ai besoin d’un litre. Jusqu’ici, je me ravitaillais en grande surface mais il n’y avait pas toujours de lait cru et le lait industriel, « ils » rajoutent des tas de trucs dedans dont on n’a pas besoin », clamait une voisine qui avait tout prévu : 1,10 euro pour un litre (la machine accepte aussi la carte bleue et rend la monnaie), une bouteille en verre (elle en propose aussi, en plastique, à 0,40 euro) et un panier pour emporter le tout. Seule exigence pour le consommateur : conserver son lait au réfrigérateur et le consommer sous huit jours. La première cliente n’attendra pas jusque-là : « Je fais beaucoup de laitages au lait cru, c’est nettement meilleur ».
Charles Labrouche table sur une vente quotidienne de 130 litres. Il viendra tous les jours remplir le distributeur avec le lait de ses vaches avant d’installer un deuxième engin à Mériadeck.
SUD OUEST 8/05/2011 – La scientologie dans le collimateur
8 mai
Pour la première fois, des élus se sont opposés, hier place de la Victoire, à la diffusion de tracts par l’association Non à la drogue, oui à la vie, affiliée au mouvement scientologue. Des élus, Fabien Robert en tête, ont alerté les Bordelais sur les messages véhiculés par une association antidrogue liée à la scientologie.
Ils étaient face à face hier, place de la Victoire. D’un côté, les écharpes tricolores. De l’autre, les t-shirts bleu turquoise. Durant une heure et demie, ils se sont livré bataille. Leurs munitions : des tracts, et quelques arguments.
Les t-shirts bleu turquoise, ce sont les membres de l’association Non à la drogue, oui à la vie. Les écharpes tricolores, des élus de la Ville de Bordeaux, de la Région, et des militants antisectes, avec à leur tête Fabien Robert, maire adjoint (Modem) du quartier.
Derrière leur stand, les t-shirts turquoise distribuent leurs fascicules alertant sur les méfaits de la drogue. Mais, à la minute où un passant ose s’emparer du petit livret, une écharpe tricolore lui court après, un tract à la main : attention, derrière l’association Non à la drogue, oui à la vie, se cache l’Église de scientologie. « Elle me colle, elle me suit partout », se désole Françoise, bénévole de l’association. « Chacun son combat ! », lui rétorque l’élue bordelaise Anne-Marie Torres.
Un lien assumé
L’affiliation de Non à la drogue, oui à la vie à la Scientologie est parfaitement assumée. La Scientologie, considérée comme une secte dans un rapport parlementaire de 1995, mais qui se présente comme une religion, parraine l’association antidrogue. « C’est vrai que la plupart des membres de l’association sont scientologues, mais je pense qu’il y a une confusion. On ne parle jamais de Scientologie sur nos stands », assure Samuel Bendhaiba, responsable de l’association en Aquitaine.
À première vue, les livrets distribués gratuitement ne semblent pas y faire allusion. Mais à y regarder de plus près, Ron Hubbard – le fondateur de la Scientologie – y est bien cité, en tant qu’« auteur et philanthrope ». Au dos du fascicule, il est précisé que pour obtenir d’autres informations sur « les découvertes de Ron Hubbard sur la drogue », le lecteur peut contacter la mission de Scientologie de sa région.
Une méthode controversée
Par ailleurs, l’association soutient un programme de désintoxication très controversé, sous l’appellation Narconon. Une technique de « purification » basée là encore sur les écrits de Ron Hubbard. Elle a pour but de mettre fin à l’addiction du patient sans la moindre utilisation de médicament de substitution, qui « reviendrait à remplacer une addiction au vin rouge à une autre au vin blanc », estime Samuel Bendhaiba. Pourtant, la France a interdit les centres Narconon après le décès d’une patiente en 1984. « Cette méthode soigne sans médicament, sans médecin, pour 3 000 euros par mois, accuse Fabien Robert. Nous sommes là pour rappeler qu’en cas de problème de drogue, il faut consulter de vrais professionnels. »
Le message est donc sérieux. La scène, en revanche, est parfois cocasse. Tout le monde n’est pas convaincu par la forme. Passant sur son vélo, François est dubitatif : « Quand je lis des slogans comme « la vérité sur la drogue » avec tout ce que cela peut éveiller comme fantasme, je me doute bien que cette campagne n’est pas sans arrière-pensée. Je trouve même bien que les élus soient mobilisés. Mais a-t-on vraiment besoin d’une écharpe tricolore pour donner de la crédibilité à son action ? »
Sur la voie publique
Hier, près de l’association antidrogue, deux stands des Témoins de Jéhovah ont investi la place de la Victoire. « À la mairie, nous n’avons pas les moyens juridiques de lutter contre les dérives sectaires », regrette Fabien Robert, maire adjoint de Bordeaux. Car c’est la préfecture qui délivre le permis de s’installer sur la voie publique. Il revient au préfet de trancher si cela peut constituer un trouble à l’ordre public. Mais s’il refuse une autorisation, le mouvement en question peut se retourner en intentant une action en justice. Malgré le contexte actuel, l’élu Fabien Robert compte proposer à Alain Juppé de signer un courrier destiné au préfet afin de trouver un moyen pour empêcher les mouvements soupçonnés de dérives sectaires de recruter de nouveaux adeptes légalement dans la rue.






