SUD OUEST 14/07/2010 – Fabien Robert invité par de Département d’Etat américain

USA-FR

SUD OUEST 07/07/2010 – Un coquillage à conserver

134526_13620357_460x306Hier, les architectes du cabinet Obras, gagnants du concours, ont présenté leur projet d’aménagement du secteur à des habitants sceptiques sur certains détails.

Frédéric Bonnet, l’architecte-urbaniste du cabinet Obras, a la métaphore poétique pour parler du secteur de Saint-Michel que son équipe est chargée de réaménager. « C’est un coquillage », dit-il à propos de cet espace compris entre Garonne (lui dit « le fleuve ») et Capus, et qui enserre la place « Saint Mich’». Pas que le coin ait le décor nacré mais sa forme, avec ses « lignes pliées » qui viennent du fleuve ou coulent dans son sens en se croisant selon des angles… courbes, a la simplicité et la complexité mêlées d’un coquillage. Dans le même style, la flèche est « un personnage urbain » et l’aménagement prévu un « fil d’Ariane ».

La mixité en principe
Les habitants venus hier soir assister à la première réunion de concertation sur le projet validé lors du dernier Conseil municipal ne réclament pas forcément tant de recours à la mythologie mais peuvent être rassurés. Non, le cabinet Obras ne va rien casser. Et surtout pas la mixité d’usage et la qualité architecturale qui ont tellement frappé les Parisiens quand ils sont venus préparer leur concours.

Ça tombe bien, le respect de l’identité « saint-michelienne », faisait partie du cahier des charges défini à l’occasion des réunions de concertation (déjà) précédant le concours. Pas question, sur le papier, de fermer le quartier par des bornes d’accès, d’aseptiser le marché, de « boboïser » le secteur. Frédéric Bonnet et les siens promettent d’embellir la place à petites touches, avec des pavés de bois sur une partie, une meilleure accessibilité du jardin de la basilique et de fluidifier la circulation vers les Capucins. « L’idée, sur la place, c’est de mettre en valeur son tracé en faisant en sorte que l’orientation des pavés conduise naturellement vers les rues qui en partent », précise l’architecte.

Nouvelle concertation
Tout de même, plusieurs concertations valent mieux qu’une. Cette fois, il s’agit de permettre aux habitants de donner leur avis sur quelques idées, grâce à un questionnaire très précis débattu autour de tables rondes pilotées par des animateurs recrutés parmi le personnel municipal. Le fameux questionnaire sera mis prochainement en ligne sur le site bordeaux.fr, une seconde réunion de concertation est prévue le 13 juillet et les esquisses sont montrées jusqu’à la même date au 29 rue des Faures. Quant à Frédéric Bonnet, il promet que « maintenant qu’un point de vue est établi, les curseurs peuvent bouger ». Comprenez : le coquillage n’est pas scellé. En attendant, une centaine de personnes sont venues, « y compris des gens que je n’ai jamais vus », assure Fabien Robert, l’adjoint du quartier.

Le diable est dans les détails, comme dit l’autre. On s’entend mal autour des tables rondes du centre social et, surtout, les habitants ont quelques doutes sur certains aménagements. Va pour le principe général, pourvu que la mixité revendiquée par les uns et les autres soit bel et bien au rendez-vous après les travaux, pourvu que les deux ans de chantier, de fin 2011 à fin 2013, ne la condamnent pas d’entrée de jeu. Passe encore pour les pavés de bois, à condition que l’usage intensif de la place ne les abîme pas, d’où de multiples interrogations sur l’essence qui sera employée (a priori, il y en aura plusieurs, et pas que du pin). Mais ça commence à coincer quand on parle du marché, invité à « glisser » vers la place du Maucaillou via la rue Gaspard-Philippe. Beaucoup craignent qu’il soit « avalé » par les Capus, voire banalisé, d’autres rigolent franchement quand on évoque la nécessité d’harmoniser les 246 stands, chiffre officiel.

Les lampadaires, des mâts plus hauts et plus design qu’aujourd’hui ont encore plus de mal à passer. « Parce que les nôtres, on peut s’y brancher, ils servent de bancs, bref ils ont une touche qui nous ressemble », lance une habitante. Les potelets en cuivre censés séparer piétons et automobiles restent franchement en travers. Trop « richards » aux yeux des uns tandis que d’autres signalent qu’« ils vont être piqués : dans le quartier, tout le monde a faim ».

SUD OUEST 06/07/2010 – Un abus de pouvoir

20080312_s.lartigue_PL2I8255Lors du dernier conseil municipal, il y a une semaine, Alain Juppé s’est montré limpide quant à la future rénovation de la route de Toulouse : « La CUB n’a pas changé son projet. J’en ai discuté avec Vincent Feltesse, ce n’est pas parce que deux vice-présidents correspondent avec un conseiller général à des fins évidemment politiques qu’on modifie un projet : la CUB ne se prête pas à ce genre de manipulations. »

Cette mise au point tombe après plusieurs semaines de flottement autour de ce projet de requalification porté par les maires-adjoints Alain Moga et Fabien Robert. Rappelons que la route de Toulouse est l’un des principaux axes d’entrée, par le sud, de Bordeaux, qu’elle est vieillotte et très engorgée : cette remise à neuf prévoit notamment une bande cyclable d’un mètre de large sur le trottoir, dans le sens Villenave-Bordeaux. Mais plusieurs associations, comme Vélo Cité, Caudérès ou Droits du piéton jugent insuffisante la place accordée par ce projet aux déplacements doux : ils réclament la création, tout le long de la route, d’un couloir réservé aux bus et aux cyclistes, comme sur le cours Victor-Hugo.

Fin mai, ces associations ont reçu le soutien du président du groupe PS au conseil municipal Jacques Respaud. Lequel a annoncé que le projet serait remanié, sur la base d’une lettre écrite par Gérard Chausset et Clément Rossignol, vice-présidents de la CUB chargés, le premier, des transports de demain et le second des déplacements doux. Colère de Fabien Robert et d’Alain Moga, qui tiennent à démentir tout report du projet, tout en regrettant un certain flou au sein de l’exécutif de la CUB.

Quant aux assos…

S’ils sont remontés contre certains de leurs collègues de la CUB, Alain Moga et Fabien Robert comprennent en revanche que les associations aient souhaité infléchir le projet.

« Les associations sont dans leur rôle, c’est légitime. Dans une démocratie, il y a pouvoirs et contrepouvoirs… c’est normal. En revanche, ce qui n’est pas normal, c’est la récupération politique du travail de ces associations. » Trois associations ont manifesté des réserves sur ce projet : Vélo-Cité, Caudérès (association de riverains) et Droits du piéton.

« Sud Ouest ». Le projet de requalification de la route de Toulouse sera-t-il, comme prévu, examiné en juillet ? Pourtant Jacques Respaud, a récemment annoncé haut et fort le report du projet…
Jacques Respaud ment. Il ment quand il dit que le projet est reporté, il ment quand il dit qu’une nouvelle concertation va être lancée en septembre.

Il cite une lettre que lui ont adressée fin mai Gérard Chausset et Clément Rossignol en leur qualité de vice-présidents de la CUB, selon laquelle le projet, « insuffisant », va être « retravaillé »…
Il ya, de la part de ces deux vice-présidents qui ne sont pas des élus bordelais, un abus de pouvoir ! Dans cette histoire, Gérard Chausset et Clément Rossignol ont fait passer leurs amitiés politiques avant la réalité démocratique. Ils se comportent comme des adjoints, sans en avoir la légitimité puisque l’exécutif de la CUB n’est pas désigné au suffrage universel direct. Dans l’état actuel du mode de scrutin, les vice-présidents doivent rester des cogestionnaires, qui appliquent le contrat de cogestion. Ce qui est encore plus inouï, c’est qu’Alain Juppé n’a même pas été destinataire de cette lettre envoyée par deux vice-présidents aux associations et à Jacques Respaud… alors que ces travaux auront lieu dans la commune dont il est maire !

Pensez-vous que le président de la CUB, Vincent Feltesse (PS), sera sur votre longueur d’ondes ?
Oui, il se comportera de manière correcte. Nous ne pensons pas qu’il cautionne cette initiative de deux vice-présidents. Il faut dire qu’on se demande comment ils vont voter vendredi, quand sera présenté ce projet qu’ils critiquent dans leur courrier…

au conseil, le 9

La CUB a confirmé jeudi que le projet de requalification de la route de Toulouse figurera bien à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, vendredi, le 9 juillet. Pas de report donc : il sera examiné dans le cadre des « contrats de codéveloppement » qui balaient les opérations que mène la CUB sur le territoire des communes en voirie, en assainissement…

En revanche, la réalisation de ce projet est mise « en attente » (c’est spécifié) du bouclage du Sdodm, Schéma directeur des déplacements métropolitains qui doit être adopté d’ici la fin de l’année.

SUD OUEST 28/06/10 – La place pavée de pin

Le projet de rénovation de la place, porté par le cabinet Obras, doit être discuté aujourd’hui en Conseil municipal. S’ensuivra dès juillet une concertation.

Le Conseil municipal se prononce aujourd’hui sur le choix d’Obras architectes, lauréat du concours portant sur la requalification de la place Saint-Michel.

D’une cinquantaine au départ, les candidats potentiels n’étaient plus que cinq à l’issue d’un premier passage devant jury. L’agence, gérée par Marc Bigarnet et Frédéric Bonnet, a fait la différence à l’occasion du second tour de table.

Pourquoi eux ? « Parce que leur projet respecte les grands principes que l’on avait fixés, en particulier sur les usages de la place. Je veux parler du marché », a dit le maire, samedi, lors d’un point presse dans le quartier.

136 places de stationnement
Deuxième argument, Obras garantit au terme des travaux le même nombre de places de marché qu’aujourd’hui. Enfin, conformément à une concertation préalable, les habitants retrouveront 70 % du stationnement légal, soit 136 places. Toutefois, l’aménagement d’une « zone 20 » donnera la priorité aux piétons. Rue des Faures, le stationnement sera largement supprimé afin d’élargir les trottoirs et conserver le caractère commerçant de la voie.

Au-delà de ces considérations, le parti d’aménagement a séduit. Son principe : créer une grande unité, des Capucins à la place Duburg. Exit donc les trottoirs et emmarchements. L’espace public sera au même niveau sur l’ensemble de la surface. Mais surtout, les architectes prévoient la pose des pavés de bois sur une partie du site. L’originalité a fait mouche. Le choix de l’essence aussi. Ce sera du pin. En l’occurrence, des arbres mis à terre par la dernière tempête. En tant que Landais, Alain Juppé ne pouvait qu’acquiescer.

Quel sera le dosage entre la cale bordelaise, les pavés de bois et ceux de pierre ? L’équilibre sera tranché dans le cadre de la concertation qui s’ouvre le 1er juillet. Elle se prolongera jusqu’à fin septembre. En effet, les architectes ont souhaité un projet ouvert et évolutif, tenant compte des aspirations de la population de Saint-Michel. Il ne s’agit pas d’ébranler la philosophie générale du projet mais de libérer la parole sur un certain nombre de préoccupations comme l’éclairage, la collecte des déchets. « L’installation de bacs enterrés est-elle judicieuse ? Il faudra regarder cela de près. Pareil pour le mobilier urbain. On nous propose de la fonte et du bronze. Personnellement, je serai très attentif à la résistance des matériaux », avertit l’édile.

Quid de l’ouverture au public des espaces végétalisés aux abords de la basilique ? Là encore, la concertation dira si oui ou non le périmètre des grilles entourant le monument est susceptible d’évoluer.

Réunion, comité et expo
Autre sujet épineux : le chantier entraînera le déménagement du marché pendant plusieurs mois. Fabien Robert, maire adjoint de quartier, assure que les commerçants non sédentaires seront consultés sur le choix du lieu d’implantation provisoire. À ce jour, le transfert des étals vers l’esplanade des Salinières tient la corde.

Comment s’organisera la concertation ? Dès le 1er juillet, des esquisses du projet seront présentées dans un local, rue des Faures. Parallèlement, un questionnaire sera mis en ligne sur le site de la ville de Bordeaux (1).

La population sera invitée à deux réunions publiques, les 6 et 13 juillet, au centre d’animation de Saint-Michel, rue Permentade. Un comité d’accompagnement de la requalification fera le lien jusqu’à l’achèvement des travaux. Par ailleurs, une concertation spécifique sera menée en direction des commerçants sédentaires. Le maire promet un accompagnement pour les plus pénalisés d’entre eux. Sous quelle(s) forme(s) ? « On verra si on peut prévoir des exonérations d’impôts locaux ou de redevances comme les droits de place. On sollicitera aussi le programme Ouc (opération urbaine collective), qui prévoit l’ouverture de crédits pour embellir ou moderniser des commerces. »

Le cabinet Obras présentera sa mouture définitive en février 2011. Le temps de lancer l’appel d’offres, l’aménagement débutera fin 2011, pour une livraison deux ans plus tard. Le coût de l’opération, estimé à 13 millions d’euros, sera financé à 60 % par la CUB et à 40 % par la Ville.

(1) www.bordeaux.fr