Sud Ouest 17/06/2011 – Le Modem veut soigner son maillage bordelais

167353_496643511500_706171500_6632740_2187373_nLe parti a présenté hier ses délégués de circonscription, Fabien Robert et Magali Fronzes.

Le parti de François Bayrou a depuis quelques années perdu de son poids politique ; il n’a d’ailleurs plus de permanence en ville. Cependant, malgré des bases flageolantes, le MoDem à la bordelaise peut compter sur un réseau de cadres assez actifs et visibles : Fabien Robert et Véronique Fayet, adjoints d’Alain Juppé, Philippe Meynard et Joan Taris, conseillers régionaux…

Ce dernier Joan Taris vient d’être réélu à la présidence départementale du parti, le 9 juin ; ce même jour, les adhérents élisaient un délégué dans chaque circonscription girondine. Fabien Robert est reconduit dans la deuxième circonscription (Bordeaux-centre), tandis que dans la première (Bordeaux Nord-Le Bouscat), c’est Magali Fronzes, 29 ans, ingénieure agronome, qui devient la référente.

À quoi sert un délégué de circonscription ? Réponses de Magali Fronzes et de Fabien Robert, hier lors d’un point-presse au Rohan : « À recruter des adhérents, à faire le lien entre le national et le local, à renforcer notre maillage en vue des présidentielles et à animer le débat ». D’ailleurs, sur ce point, le MoDem organise le 24 juin son premier « atelier démocrate », des rencontres appelées à se renouveler « tous les mois » (1).

Un délégué de circonscription est-il le futur candidat aux législatives dans cette même circonscription ? Pas sûr. « Sur la deuxième, je ferai ce que François Bayrou me demandera de faire », répond Fabien Robert, persuadé que le vent peut se retourner en faveur du parti centriste : « Si les gens ont à nouveau envie d’un centre fort, je suis convaincu qu’ils iront davantage vers Bayrou que vers Borloo ».

(1) « Nucléaire : réalités, fictions et alternatives », à 19 heures au restaurant El Asador, avec Martine Griffon-Fouco (ex-directrice de la centrale du Blayais), Jean-Yves Grandidier, (directeur du groupe Valorem) et le radiologue Alain Silvestre. Entrée libre.

FN: arrêtons d’affirmer ! Démontrons, expliquons et convainquons.

Fondamentalement en désaccord avec les idées de l’extrême droite, j’ai acquis la conviction que les politiques, de droite comme de gauche, se trompent de méthodes pour lutter contre le Front National. D’ailleurs le terme « lutter » est-il approprié ? On lutte contre la maladie dont on ne peut prévoir l’évolution mais on ne lutte pas contre une formation politique, qui se présente légalement aux élections et obtient des suffrages qui ont la même valeur que tous les autres.

Nous entendons ces dernières semaines de grandes déclarations : il faut établir un cordon sanitaire, le Front National est un parti de primates et de nazis, le Front National est anti- républicain… Cette méthode déclarative, destinée à faire naitre la peur et solenniser l’opposition au FN, marchait peut- être à l’époque de Jean-Marie Le Pen mais c’est terminé. Le Front National de Marine est en voie de normalisation politique. Force est de constater que voter Front National ne fait plus peur, particulièrement pour l’électorat populaire. Et les grandes formules n’y changeront plus rien, au contraire, elles nous font plaisir mais rependent un sentiment de mépris sur un électorat déjà déçu.

Certes le Front National ne sera jamais tout fait un parti comme les autres. Mais arrêtons de parler et donnons nous les moyens d’agir contre la diffusion de ses idées !

L’optimisme est le premier ennemi de l’extrême droite. Il faut résorber le fossé qui s’est installé entre élus et citoyens. Redonnons du sens à l’action politique en faisant participer le citoyen à la décision, en agissant concrètement pour améliorer le bien être de l’homme. Nous, élus du peuple, faisons de l’exemplarité notre fer de lance.

Il faut ensuite répondre mot pour mot, débattre idée contre idée et opposer de vrais arguments aux idées véhiculées par le Front National. Sous prétexte que cette formation politique ne serait pas républicaine, nous ne prenons pas le temps de contrer, répondre et démontrer l’impasse dans laquelle nous conduirait l’application du programme des candidats du Front National (quand il existe), notamment en matière économique.

Arrêtons d’affirmer. Démontrons, expliquons et convainquons. Je suis persuadé que la classe politique a cette capacité et qu’aucun citoyen déçu ne l’est définitivement.

Il est encore temps de prendre le virage et d’éviter un nouveau 21 avril qui, à l’endroit ou à l’envers, serait un cuisant échec moins pour la Démocratie que pour la Politique.

Nous avons perdu pour prendre notre indépendance ; ils veulent aujourd’hui prendre leur indépendance pour ne pas perdre

« L’idée d’un parti humaniste… résolument centriste… ne pas s’annoncer comme un parti de droite ». Voici ce que je retiens de l’article de Sud Ouest d’aujourd’hui au sujet de la future confédération des centres.

Si ce n’est pas un feu de paille et que les formations politiques et élus qui la composent sortent de la Majorité Présidentielle et reprennent leur indépendance, je signe tout de suite.

Mais pas sans celui qui a eu raison avant tout le monde et sans qui il n’y aurait aujourd’hui plus aucune famille centriste réellement indépendante.

Pas sans celui qui a déclaré « si l’on pense tous pareil, on ne pense plus rien » au Congrès fondateur de l’UMP.

Pas sans celui qui incarne le Centre aux yeux des français.

Pas sans celui qui a proclamé qu’indépendance et humanisme, les deux axes tardivement revendiqués par cette confédération, seraient les piliers du Mouvement Démocrate né en 2007.

Les idées n’appartiennent à personne mais François Bayrou a la paternité d’un mouvement aujourd’hui moins dicté par les valeurs que par la peur de perdre en 2012.

Nous avons perdu pour prendre notre indépendance ; ils veulent aujourd’hui prendre leur indépendance pour ne pas perdre. Cela fait une différence de taille.

Seul François Bayrou, suivi par le Mouvement Démocrate, pourrait être le garant de ce nouveau mouvement ainsi que sa crédibilité.

Une question de courage

sarkozy_kadhafi432En 2007, Kadhafi était invité en France par Nicolas Sarkozy. Rappelez-vous, il installait une tente dans le parc de l’Hôtel Marigny. Rien que ça !

Il avait changé nous expliquait-on. Certains se risquaient même à dire que l’ancien terroriste semblait s’être « rangé ». Comprenez : il gouverne son pays avec fermeté mais paternalisme… et puis il y a le pétrole…

Cette visite, c’était l’apogée de la « réalipolitik ». Un concept diplomatique d’avenir à écouter l’Élysée. Les quelques voix, centristes notamment, qui ont eu le courage de dénoncer cette visite ont été rayées. On nous a expliqué que notre vision du monde était obsolète et que nous n’avions rien compris à la politique internationale du XXIème siècle.

Ce que nous demandions à l’époque n’était pas l’arrêt de toutes les relations diplomatiques avec des chefs d’Etats peu regardants sur les droits de l’homme. Car derrière le tyran, il y a un peuple, première victime des sanctions internationales. D’embargo en embargo, nous n’avons jamais vu un dictateur mourir de faim.

Nous pensions et pensons toujours qu’il y a des limites à ne pas franchir. En recevant Khadafi, la France, par la voix de son Président, cédait à l’opportunité du moment, faisant fi de toutes les valeurs héritées de notre histoire et que nous défendons sur la scène internationale.

Aujourd’hui, le Président de la République dénonce avec les mots les plus durs l’attitude de Kadhafi et c’est heureux. Mais c’est aussi la moindre des choses quand on l’a reçu de la sorte. Que retiendra l’histoire d’un tel revirement de la France ? Le rôle de notre pays n’aurait-il pas du être, au minimum, de rester en retrait, de ne pas recevoir le dictateur Khadafi avec tous les honneurs qui lui étaient si peu dus déjà à l’époque ?

Ce qui m’inquiète et me révolte autant que la perte de crédit de la diplomatie française, c’est le manque de courage de notre classe politique.