Voyeurisme contre moralisation

Cette journée ne fera pas date dans l’histoire politique moderne. Tout du moins je l’espère. Vouloir faire croire au peuple français que ce déballage patrimonial va nous permettre de lutter réellement contre la corruption est un leurre.

Tous les élus (moi y compris) avons fait une déclaration de patrimoine en début de mandat. Sa publication ne changera rien. Je suis en revanche très favorable à son contrôle, dans la dignité et en évitant de caresser voyeurisme et populisme dans le sens du poil. Par les temps qui courent, je trouve ce procédé dangereux…

Il est vrai que rendre public le patrimoine des responsables politiques va détourner l’attention du pays, un temps, et occuper médias et commentateurs pendant quelques jours. A d’autres moments de notre histoire, je pense qu’une telle diversion aurait pu fonctionner et permettre l’enterrement, sans cérémonie, de la vraie question de fond. Mais pas cette fois-ci.

La France a besoin d’une moralisation de sa vie publique, c’est à dire un ensemble de dispositions visant à refonder la République, à mettre fin aux pratiques abusives et aux conflits d’intérêts, bref à rétablir l’exemplarité de la République et la confiance entre les citoyens et leurs élus.

Parmi ces mesures, citons :
- fin du mélange des intérêts financiers et politiques
- interdiction du cumul des mandats dès 2014
- réduction du nombre de parlementaires et de ministres
- représentation de toutes les opinions dans les assemblées par l’introduction d’une dose de proportionnelle
- renforcement du contrôle du financement des partis politiques
- lutte contre les conflits d’intérêts par l’adoption des mesures proposées par le rapport Sauvé (contrôle des activités de lobbying, élargissement des incompatibilités pour les parlementaires…)

Je pense que les parlementaires ne voteront jamais une telle loi qui réduit leurs avantages et les oblige à choisir entre leurs mandats. Je soutiens donc l’initiative de François Bayrou, prise dès 2012 durant la campagne présidentielle, qui propose un référendum pour donner la parole au seul souverain capable de décider en pareille situation : le peuple.

Il n’y aura qu’une seule question : les Français se prononceront par un seul vote sur l’ensemble du texte clair et envoyé par courrier chez chaque électeur.

Emploi, logement, croissance… Certains penseront peut-être qu’il y a d’autres priorités en ce moment. Je veux leur dire que ce référendum, c’est un acte de refondation qui a un fort effet d’entraînement.

Rappelons-nous ce qui s’est passé en 1958. A l’époque, la France était ruinée, elle sollicitait le fonds monétaire international pour payer ses fonctionnaires, on se disait qu’elle n’arriverait jamais à appliquer le traité de Rome sur la création de l’Europe. Le renouveau des institutions souhaité par le général de Gaulle a apporté un nouveau souffle radical y compris dans le climat économique : tout le pays est reparti de l’avant, on a tourné le dos aux déficits et la France a entamé une nouvelle phase d’expansion.

Moins de ministères, moins de députés, moins de privilèges, moins d’abus dans le financement de la vie politique, cela commence également à faire des économies. Ce n’est évidemment pas suffisant mais c’est le début de toute action, parce que l’exemple vient d’en haut.

Si comme moi vous en appelez au Président de la République pour qu’il organise ce référendum, signez la pétition en ligne !

Moraliser, un impératif démocratique

Notre démocratie est en panne. Retour des « affaires » au sommet de l’État, abstention record, élus cumulards et peu représentatifs de la société française, citoyens infantilisés et coupés du processus décisionnel, collectivités locales aux compétences floues… voici une liste non exhaustive de dysfonctionnements qui creusent chaque jour un peu plus le fossé (aux allures de gouffre…) qui s’est installé entre le peuple et ses représentants.

Cette défiance est particulièrement présente chez les jeunes qui ne se reconnaissent pas dans leurs dirigeants tous aussi incapables de leur délivrer un message d’espoir à même d’inspirer confiance, de les rassurer, de leur proposer un avenir meilleur.

Les mots ont tous le même goût. La sincérité semble artificielle et la proximité fabriquée de toutes pièces. Cette situation est extrêmement grave : une jeunesse qui ne croit plus en l’avenir de son pays et en son propre avenir, c’est l’amorce d’une spirale négative, le signal d’une décadence prochaine. Reconstruire notre démocratie est à ce titre un enjeu majeur pour notre jeunesse.

La crise de confiance est profonde, elle n’épargne aucune sensibilité et pourtant, j’ai l’intime conviction que ce mouvement n’est pas irréversible. « Les mauvais jours finiront », c’est avec ces mots que François Bayrou commence et conclut son avant-dernier livre. Ces mêmes mots résument mon regard sur la démocratie française. Le désamour qui frappe la politique aujourd’hui n’est ni un sort ni une malédiction. Des solutions existent.

La Vème République ne répond aujourd’hui plus aux impératifs d’une démocratie moderne. D’une part car elle s’est construite au détriment du pouvoir législatif, pour ne pas dire contre les parlementaires. Certes à l’époque il s’agissait de lutter contre l’instabilité gouvernementale, la fameuse « valse des ministères », et permettre au Général de Gaulle de prendre des décisions claires et rapides. Ce contexte n’est plus et il nous faut aujourd’hui redonner toute sa place à la représentation nationale et limiter le « présidenitalisme ».

La Vème République est aussi l’héritière d’un temps où l’État primait sur la Société. Le citoyen n’était pas doté du même capital politique, de la même instruction, de la même sensibilité si bien qu’un régime fort dont le pic démocratique ne se manifeste qu’au moment de l’élection s’est installé. Ce temps là aussi est révolu. Le citoyen veut comprendre, participer et ne donne plus sa confiance aussi facilement. Les élus doivent être exemplaires et rendre des comptes.

Cette refondation ne sera possible sans une profonde moralisation de la vie politique française. C’est pour cela que je soutiens l’idée d’un referendum sur ce sujet comme le propose François Bayrou (et je vous invite à signer la pétition en ligne).

Faut-il fonder une 6ème République ? Je ne sais pas et je ne pense pas que le numéro compte. Ce qui importe, c’est le profond changement que nous devons produire pour oxygéner notre démocratie et ainsi lui redonner un second souffle, quels qu’en soient le nom et le numéro.

Rassembler le Centre pour Bordeaux

Le climat de crise économique que nous subissons n’est pas un environnement favorable aux idées modérées et progressistes. Pourtant, le Centre est en ébullition.

Ce n’est pas encore le retour en grâce, ni les grandes heures de l’UDF mais un changement s’opère dans l’opinion publique. La famille centriste fait l’objet de beaucoup d’attentions de la part de nos concitoyens. Les divisions à l’UMP et les cafouillages de la majorité présidentielle contribuent à cette évolution. Mais je veux croire que nos concitoyens ont aussi pris conscience du discours de vérité que nous leur avons toujours tenu, derrière François Bayrou notamment, depuis 2002 : explosion de la dette, creusement sans précédent du déficit commercial, perte de compétitivité de l’économie française…

Les illusions de la gauche et ses promesses intenables ne résoudront probablement rien. A quand le tournant pour une politique réaliste ? C’est inévitable et plus nous tardons, plus la facture s’alourdit.

A Bordeaux, ville de tolérance et d’ouverture, notre courant de pensée se porte bien. Les dernières élections locales, à commencer par le succès de la liste menée par Jean Lassalle aux régionales, et le score de François Bayrou à l’élection présidentielle montrent que notre implantation est solide.

J’ai fait le choix de rester au Mouvement Démocrate. Par fidélité pour la personne de François Bayrou et par cohérence pour mes douze années d’engagement derrière lui. J’entends de nombreuses critiques à son égard et je ne l’ai moi même pas suivi lorsqu’il a annoncé son choix de voter pour François Hollande. Pour autant, j’admire la profondeur de sa pensée politique et le réalisme de ses prévisions, hélas. Je suis heureux qu’en Gironde une large majorité des élus et militants centristes aient fait le même choix.

J’accueille néanmoins avec beaucoup de plaisir la création de l’UDI. Parti Radical, FED et Nouveau Centre sont des cousins avec lesquels il nous faut organiser un large rassemblement, dans le respect de nos différences. C’est ce que nous nous employons à construire dans notre département avec l’association « Gironde au Centre » co-présidée par Joan Taris et Nathalie Delattre.

A Bordeaux, il nous faut suivre ce modèle. La balkanisation du Centre serait une faiblesse pour la majorité municipale bordelaise au sein de laquelle nous avons toute notre place et devons continuer de faire vivre notre sensibilité autour de Wanda Laurent, Véronique Fayet, Nathalie Delattre, Marie-Françoise Lire, Brigitte Collet, Josy Reiffers, Didier Cazabonne, Ludovic Bousquet, Jean-Pierre Guyomarch et moi même.

2014 approche à grands pas. Les centristes bordelais, élus comme militants et sympathisants ne devront pas manquer cette échéance. Il faudra se rencontrer, réfléchir, innover et proposer des idées nouvelles pour enrichir le programme d’Alain Juppé derrière lequel nous nous rassemblerons tous.

Mon seul objectif sera de permettre ce rassemblement à Bordeaux autour d’une équipe et d’un projet pour l’avenir.

Préparer l’avenir

Hier s’est achevée une séquence dont l’issue logique était connue depuis le 6 mai : la victoire d’une gauche recomposée. Il faut féliciter les 577 députés élus et espérer qu’ils sauront prendre les décisions qui s’imposent pour notre pays en préservant l’unité nationale.

Ma première pensée va vers François Bayrou. Douze années d’engagement derrière lui, pas de regret et au fond une grande tristesse. Quelque soit ce que l’on pense du personnage, de ces idées, de ces positions, qui peut sincèrement dire qu’il n’avait pas sa place parmi les 577 femmes et hommes politiques qui représentent notre Nation ? Savoir que certaines formations politiques « remorques » pourraient disposer d’une groupe alors qu’un homme qui rassemble des millions de français sur son nom ne siégera pas me désole. Notre démocratie ne s’en portera pas mieux.

Ma seconde pensée sera pour mon ami Jean Lassalle, le député des combats, des territoires et des peuples, qui vient d’être réélu dans un contexte très difficile. Son mérite et son courage lui permettent de retrouver son siège pour représenter les basques et les béarnais. J’ai la conviction que demain Jean jouera un rôle majeur dans la reconstruction d’un Centre fort.

Ma troisième pensée sera pour Nicolas Florian, avec qui j’ai fait campagne à Bordeaux ces dernières semaines, pour le remercier. Nous savions la victoire difficile malgré tout, le score de 41,5 %, très honorable, témoigne du lien qui s’est créé entre les bordelais et Nicolas et sa suppléante Maribel. Leurs nombreuses qualités vont nous permettre de préparer l’avenir à Bordeaux autour d’Alain Juppé.

La gauche est aux portes de Bordeaux, seuls deux députés en Aquitaine ne sont pas PS, l’homme pour qui je me suis engagé en politique, François Bayrou, est battu et ma famille politique, le Centre, est à reconstruire. Triste tableau. Pourtant,  une confidence : je ressens au plus profond de mes tripes le mélange d’une motivation intacte et d’une colère qui ne demande qu’à se muer en ferveur pour l’avenir.

A très vite.