Une question de courage
24 fév
En 2007, Kadhafi était invité en France par Nicolas Sarkozy. Rappelez-vous, il installait une tente dans le parc de l’Hôtel Marigny. Rien que ça !
Il avait changé nous expliquait-on. Certains se risquaient même à dire que l’ancien terroriste semblait s’être « rangé ». Comprenez : il gouverne son pays avec fermeté mais paternalisme… et puis il y a le pétrole…
Cette visite, c’était l’apogée de la « réalipolitik ». Un concept diplomatique d’avenir à écouter l’Élysée. Les quelques voix, centristes notamment, qui ont eu le courage de dénoncer cette visite ont été rayées. On nous a expliqué que notre vision du monde était obsolète et que nous n’avions rien compris à la politique internationale du XXIème siècle.
Ce que nous demandions à l’époque n’était pas l’arrêt de toutes les relations diplomatiques avec des chefs d’Etats peu regardants sur les droits de l’homme. Car derrière le tyran, il y a un peuple, première victime des sanctions internationales. D’embargo en embargo, nous n’avons jamais vu un dictateur mourir de faim.
Nous pensions et pensons toujours qu’il y a des limites à ne pas franchir. En recevant Khadafi, la France, par la voix de son Président, cédait à l’opportunité du moment, faisant fi de toutes les valeurs héritées de notre histoire et que nous défendons sur la scène internationale.
Aujourd’hui, le Président de la République dénonce avec les mots les plus durs l’attitude de Kadhafi et c’est heureux. Mais c’est aussi la moindre des choses quand on l’a reçu de la sorte. Que retiendra l’histoire d’un tel revirement de la France ? Le rôle de notre pays n’aurait-il pas du être, au minimum, de rester en retrait, de ne pas recevoir le dictateur Khadafi avec tous les honneurs qui lui étaient si peu dus déjà à l’époque ?
Ce qui m’inquiète et me révolte autant que la perte de crédit de la diplomatie française, c’est le manque de courage de notre classe politique.
Préférer la pluralité à la dualité
19 fév
Difficile d’être au centre. Aussi difficile que nécessaire en réalité. Je m’en rends compte une nouvelle fois comme à l’approche de chaque échéance électorale. Un commentaire sur facebook, la réflexion d’un ami, une remarque d’un bordelais ce matin aux capus convergent : comment être localement avec Alain Juppé et dans l’opposition au niveau national ? A vrai dire, la réponse sera plus longue que la question, et probablement plus difficile à expliquer que les objections toutes faites de nos détracteurs.
Adhérent du parti centriste depuis 10 ans, je crois qu’être au centre c’est avant tout croire que les bonnes idées et les bonnes personnes sont éparpillées au quatre coins de l’échiquier politique. Et qu’il est du devoir des politiques responsables de fédérer ces énergies pour gouverner avec toute la raison et la justice nécessaire. Les bonnes idées sont têtues. Et aussi ancienne soit-elle, utilisée de François Guizot à Valéry Giscard d’Estaing, celle-ci me semble toujours d’actualité pour fédérer une France aux réactions trop épidermiques, pas assez concertées et consensuelles pour répondre aux enjeux de demain.
Fort de cette logique, je suis fier d’appartenir à l’équipe plurielle d’Alain Juppé dont l’action locale est saluée de tous. C’est aussi pour cela que je ne me reconnais pas dans l’action des socialistes locaux qu’il s’agisse des élus municipaux, incapables de mettre en œuvre une opposition constructive, où de la majorité départementale dont le sectarisme et le clientélisme sont sans égal.
Philippe Madrelle gouverne sans partage, sans envisager ce pluralisme que j’appelle de mes vœux, préférant faire élire des SOC (Socialistes d’Origine Contrôlée) à coup de subventions dont le niveau dépend directement de la capacité dudit canton à se soumettre. Peut-être trouverez-vous mes mots durs pour un centriste mais je les assume et j’observe que communistes, verts et toutes les formations politiques à exception des socialistes (quoi que…) les partagent.
Autant dire que je ne me reconnais pas non plus dans la politique national de Nicolas Sarkozy dont le mode de gouvernement autant que l’activisme (« je bouge donc je suis ») ne me semblent pas être en phase avec notre tradition républicaine. Je suis très, très mal à l’aise et en colère lorsque je vois resurgir, à l’approche d’une élection et après l’abject débat sur l’identité nationale, un projet de discussion sur la laïcité et l’islam. Bien sur nous pouvons et devons débattre de ces questions mais pas de cette manière, pas dans ce contexte et surtout pas avec cet objectif. Parfois, le simple fait de poser des questions peut avoir de graves conséquences pour notre pays.
Localement, je condamne fermement les attaques personnelles faites par tel ou tel membre de la Majorité Présidentielle, à l’égard de l’une ou l’autre (surtout l’une…) des candidats. Les mots ont un poids (surtout en campagne)personne ne doit l’oublier.
Quid du positionnement national ? Pour moi, c’est clair : je suis loyal à l’égard du Maire de Bordeaux et fidèle à François Bayrou et au Mouvement Démocrate. Ce n’est pas incompatible mais cela nécessite pédagogie et détermination. Si les élections municipales et cantonales peuvent faire l’objet d’une entente locale, fondée sur un programme commun et un contexte particulier, les élections régionales, et demain les législatives et les présidentielles demeurent des scrutins nationaux. En 2012, nous défendrons les couleurs centristes sans cependant ne fermer aucune porte, conscients qu’un gouvernement pluraliste sera une impérieuse nécessite.
Vous l’aurez compris, je fais une sincère différence entre la politique nationale et la politique locale. Je constate d’ailleurs que l’électeur bordelais (vous !) fait de même lorsqu’il vote à 60% pour Ségolène Royal en 2007 et à 60% pour Alain Juppé en 2008 ! Pourquoi le politique, représentant du peuple, ne devrait-il pas faire cette différence ?
TRIBUNE – Vers une nouvelle démocratie locale à Bordeaux (I)
17 jan
Monsieur le Maire l’a annoncé ce matin lors des vœux à la presse : les conseils des quartiers bordelais vont être relookés en 2011 ! Et cela passera par une expérimentation dans 2 quartiers de la ville dont le nôtre. Pour faire suite à cette actualité, je précise ici ma pensée et les arguments qui m’ont conduit à soutenir cette nécessaire évolution.
Ma conviction est la suivante : dans une démocratie moderne, la qualité d’une décision politique est aussi importante que la manière dont celle-ci est produite.
Si l’élu, détenteur final de la décision, doit conserver son libre-arbitre, et le privilège d’être jugé en fin de mandat, il doit redoubler d’effort pour que la forme, c’est-à-dire la concertation et parfois la co-construction, soit irréprochable en amont.
Je pense que plus de démocratie participative est souhaitable car c’est la promesse de décisions meilleures (parce que plus rationnelles et mieux acceptées par les citoyens) et de « citoyens meilleurs » (parce que plus concernés, informés et actifs). Mais c’est aussi pour moi un vecteur d’intégration et une manière de transformer les relations sociales par une plus grande égalité politique. En effet, la désocialisation renforce avant tout l’individualisme, lequel se ressent chaque jour un peu plus, du simple papier jeté par terre à l’isolement social, en passant par le non exercice du droit de vote. Tout mettre en œuvre pour favoriser la participation des citoyens à la décision politique est aussi une manière de lutter contre l’individualisme en réaffirmant la responsabilité partagée.
La « disqualification politique » des populations les plus socialement défavorisées caractérise aujourd’hui les sociétés contemporaines et tout particulièrement les tissus urbains. Il faut être issu d’un certain milieu social pour avoir l’envie et l’idée de participer, sous quelque forme que ce soit (vote, association, concertation…), à la vie publique. En ce sens, la démocratie participative, lorsqu’elle vise à associer le plus grand nombre à la prise de décision, et notamment les populations les plus fragiles, est un outil pour lutter contre une forme d’inégalité sociale.
Face à la crise de confiance que subit le politique, notamment palpable par la montée de l’abstention, la démocratie participative est aussi un outil pour « redorer » le blason de la Politique et renforcer la légitimité des élus.
La démocratie participative ne signifie en aucun cas un transfert de pouvoir dans les mains du peuple et une recherche de la démocratie directe par nature irréaliste et éloignée de l’intérêt général. La décision finale restera entre les mains des élus. Il s’agit de s’astreindre à une discussion préalable avec les citoyens concernés par la décision à prendre. Rien n’empêche les élus de ne pas suivre l’avis populaire tant que le choix est argumenté et expliqué par la suite.
On pourrait penser que la démocratie participative conduise à une généralisation du consensus mou, or ce n’est pas le cas. Au contraire, la qualité du débat est plus élevée car celui-ci est organisé ; les oppositions perdurent et la décision finale appartient toujours aux élus.
A Bordeaux, nous avons mis en place une gouvernance de proximité en rapprochant le lieu de prise de décision du terrain grâce aux Mairies, Elus et Conseils de quartier. C’est un effort aussi considérable que nécessaire qui a été entrepris, améliorant d’autant l’efficacité de la municipalité et la légitimité de l’équipe municipale.
On peut distinguer quatre niveaux complémentaires d’associations des habitants dans la perspective d’une décision à prendre : information, consultation, concertation et co-décision. Une démocratie participative suppose une combinaison de ces différentes méthodes en fonction du sujet et de l’objectif recherché. A Bordeaux, nous avons recours aux trois pratiques avec une large place laissée à la concertation.
La gouvernance de proximité était une première étape de la participation des citoyens à la décision politique, nous souhaitons maintenant y adjoindre de sincères dispositifs de co-décision.
Vers un conseil de quartier composé de membres identifiés.
« Les masses font du bruit, les citoyens délibèrent ; les masses se heurtent, les citoyens s’engagent, partagent et contribuent » BARBER
Telle pourrait être la maxime qui résume notre volonté.
La forme actuelle de nos Conseils de Quartier incite à la participation des « habitants » plus que des « citoyens ». D’où la généralisation des discussions d’environnement immédiat que nous affectionnons tant… Réformer nos Conseils de Quartier, c’est aussi faire appel aux citoyens et non pas éliminer les questions parfois rébarbatives et insolubles (poubelles, crottes de chiens…) mais éviter les plaintes trop localisées (pour ça, il y a Allo Proximité et la Mairie de Quartier) et diversifier les débats pour niveler par le haut.
Autrement dit, remettre un peu de Politique, au sens noble du terme, dans les débats du Conseil de Quartier.
En voulant réformer nos Conseils de Quartiers, nous devons avoir à l’esprit le dilemme suivant : si ils ne demeurent qu’une assemblée générale informative, ils continueront à perdre en fréquentation faute de crédibilité. A l’inverse, si ils s’érigent en contre-pouvoir menaçant les règles du suffrage universel, nous ne pourrons les tolérer. D’où un dosage subtil en focntion de chaque quartier pour que la démocratie représentative ne s’en trouve pas perturbée mais enrichie.
La mobilisation des Conseils de Quartier dépendra de leur capacité à émettre un avis éclairé et entendu par l’équipe municipale. Si tout semble joué d’avance, ou si il s’agit d’un simple espace d’information, comment intéresser le citoyen ordinaire ? La mobilisation pourrait être au rendez-vous si 2 conditions sont réunies : un véritable enjeu à la discussion (un objectif partagé, éventuellement une controverse) et un dispositif crédible.
Voilà pour mon opinion (très théorique j’en conviens) sur cette délicate mais passionnante question. J’aurai l’occasion ici de vous présenter le détail de cette réforme et ses conséquences concrètes dans notre quartier. Un chose est certaine : la forme que nous voulons donner à nos conseils de quartiers, loin d’être évidente, ne sera ni la meilleure, ni un aboutissement. La participation des citoyens n’est pas une science exacte mais un exercice en perpétuelle évolution. A suivre donc…
Je dénonce une tentative de manipulation organisée par Matthieu ROUVEYRE
16 déc
Mardi 30 novembre 2010, j’ai trouvé dans ma boite aux lettres le bilan de mandat de Matthieu Rouveyre, conseiller général et municipal de Bordeaux. Qu’un élu rende compte de son action est tout à fait louable. Qu’il le fasse en manipulant les propos et en utilisant les personnes est tout à fait détestable.
Depuis bientôt 3 ans, privilégiant le terrain, l’action et le débat de fond, je n’ai jamais interpellé directement Matthieu ROUVEYRE. J’ai en revanche été contraint de répondre à des attaques infondées seulement destinées à installer le doute en vertu du vieil adage « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ».
Mais cette fois-ci, je ne veux pas laisser passer de tels agissements.
Dans les extraits du document en question (image ci-jointe), vous trouverez les témoignages de la responsable de la bibliothèque et du directeur du centre d’animation du quartier Saint-Michel. D’une part certains de ces propos sont transformés et d’autre part aucune de ces deux personnes n’a autorisé le conseiller général à publier leurs propos dans un document où figure le logo du Parti Socialiste.
En agissant ainsi, Matthieu Rouveyre commet trois fautes importantes.
1/ Tout d’abord, il pousse à la faute professionnelle un agent municipal et un salarié de l’Association des Centres d’Animation et de Quartiers de Bordeaux (ACAQB) pour servir son ambition politique.
Le directeur du centre d’animation m’a adressé un courrier sans équivoque : «La plaquette […] que j’ai eu en ma possession ne mentionnait pas mon texte. J’ai été fort désagréablement surpris de constater que mes quelques lignes avaient été utilisées […] dans un document imprimé avec le logo du Parti Socialiste […] Je n’aurais écrit ces quelques lignes si j’avais su comment elles allaient être utilisées à des fins partisanes ».
L’article 3 des statuts de l’ACAQB est très clair : l’association est ouverte à tous « dans l’indépendance à l’égard des partis politiques ». Le directeur du centre semble ainsi commettre une faute professionnelle sans être réellement coupable de quoi que ce soit.
S’agissant de la responsable de la bibliothèque, elle s’est également sentie abusée car elle n’avait pas non plus connaissance de la publication de ces propos. C’est un agent parfaitement intègre qui n’a jamais manqué à son devoir de réserve. La jurisprudence constante du Conseil d’Etat précise en effet que l’agent du service public doit adopter vis-à-vis des administrés un comportement indépendant de ses opinions politiques.
2 / Matthieu Rouveyre fait ensuite preuve de malhonnêteté intellectuelle car les propos de la responsable de la bibliothèque ont été personnalisés et habilement transformés.
Si elle a bien transmis le 10 décembre 2009 un texte à Matthieu Rouveyre sous couvert de la Direction Générale de l’Action Culturelle de la ville de Bordeaux (DGAC), en aucun cas ce texte n’a été écrit en son nom propre. Il est donc abusif d’apposer la signature de l’agent qui, simple expéditeur d’un message validé par sa hiérarchie, en devient l’auteur.
De plus, le texte envoyé par la DGAC commençait par « Le Conseil Général a octroyé… ». Dans le document publié, celui-ci a été habilement transformé en « Matthieu Rouveyre a octroyé… ». Je sais que les élus ont parfois un égo démesuré mais de là à croire que l’on représente seul toute une collectivité…
3/ Enfin, sachant pertinemment que les personnes citées n’avaient pas donné d’autorisation de publication de leurs propos dans un tract politique, Matthieu Rouveyre est l’auteur d’un acte de manipulation.
Son seul but est d’accréditer l’idée qu’il est présent quotidiennement sur le terrain en faisant témoigner des acteurs majeurs sans leur demander leur avis.
Utiliser les personnes de cette manière, c’est faire fi de toute considération humaine. J’ai constaté lors d’échanges récents avec ces deux acteurs compétents et très appréciés à quel point ils étaient mal à l’aise concernant leur image dans le quartier Saint-Michel (ou ils côtoient quotidiennement les habitants…) et inquiets pour leurs conditions de travail si ils doivent demain s’interroger sur les conséquences politiques de leurs moindres faits et gestes.
Je dénonce cette tentative de manipulation qui relève d’un manque d’éthique flagrant.
——————————————————————————-
Quelques précisions sur le fond de ce bilan de mandat… Il est intéressant de constater que 80% de ce document dresse le bilan des compétences obligatoires ou usuelles du Conseil Général : Forum départemental des associations, Fonds d’Aide aux Jeunes, RSA, Conseil Général des Jeunes, Allocation Personnalisée d’Autonomie… Les subventions aux associations dont il est fait état sont souvent versées depuis de nombreuses années quelques soient le nom et la couleur politique du conseiller général. La plus-value de Matthieu Rouveyre pour le quartier Saint-Michel, Nansouty, SaintGenès est bien maigre… ce qui ne saurait nous étonner compte tenu du boycott souhaité par le Président du Conseil Général Philippe Madrelle à l’égard de tous les projets bordelais : Grand Stade, Centre Culturel et Touristique du Vin… Pourquoi en serait-il autrement dans notre quartier ?






