FN: arrêtons d’affirmer ! Démontrons, expliquons et convainquons.

Fondamentalement en désaccord avec les idées de l’extrême droite, j’ai acquis la conviction que les politiques, de droite comme de gauche, se trompent de méthodes pour lutter contre le Front National. D’ailleurs le terme « lutter » est-il approprié ? On lutte contre la maladie dont on ne peut prévoir l’évolution mais on ne lutte pas contre une formation politique, qui se présente légalement aux élections et obtient des suffrages qui ont la même valeur que tous les autres.

Nous entendons ces dernières semaines de grandes déclarations : il faut établir un cordon sanitaire, le Front National est un parti de primates et de nazis, le Front National est anti- républicain… Cette méthode déclarative, destinée à faire naitre la peur et solenniser l’opposition au FN, marchait peut- être à l’époque de Jean-Marie Le Pen mais c’est terminé. Le Front National de Marine est en voie de normalisation politique. Force est de constater que voter Front National ne fait plus peur, particulièrement pour l’électorat populaire. Et les grandes formules n’y changeront plus rien, au contraire, elles nous font plaisir mais rependent un sentiment de mépris sur un électorat déjà déçu.

Certes le Front National ne sera jamais tout fait un parti comme les autres. Mais arrêtons de parler et donnons nous les moyens d’agir contre la diffusion de ses idées !

L’optimisme est le premier ennemi de l’extrême droite. Il faut résorber le fossé qui s’est installé entre élus et citoyens. Redonnons du sens à l’action politique en faisant participer le citoyen à la décision, en agissant concrètement pour améliorer le bien être de l’homme. Nous, élus du peuple, faisons de l’exemplarité notre fer de lance.

Il faut ensuite répondre mot pour mot, débattre idée contre idée et opposer de vrais arguments aux idées véhiculées par le Front National. Sous prétexte que cette formation politique ne serait pas républicaine, nous ne prenons pas le temps de contrer, répondre et démontrer l’impasse dans laquelle nous conduirait l’application du programme des candidats du Front National (quand il existe), notamment en matière économique.

Arrêtons d’affirmer. Démontrons, expliquons et convainquons. Je suis persuadé que la classe politique a cette capacité et qu’aucun citoyen déçu ne l’est définitivement.

Il est encore temps de prendre le virage et d’éviter un nouveau 21 avril qui, à l’endroit ou à l’envers, serait un cuisant échec moins pour la Démocratie que pour la Politique.

Nous avons perdu pour prendre notre indépendance ; ils veulent aujourd’hui prendre leur indépendance pour ne pas perdre

« L’idée d’un parti humaniste… résolument centriste… ne pas s’annoncer comme un parti de droite ». Voici ce que je retiens de l’article de Sud Ouest d’aujourd’hui au sujet de la future confédération des centres.

Si ce n’est pas un feu de paille et que les formations politiques et élus qui la composent sortent de la Majorité Présidentielle et reprennent leur indépendance, je signe tout de suite.

Mais pas sans celui qui a eu raison avant tout le monde et sans qui il n’y aurait aujourd’hui plus aucune famille centriste réellement indépendante.

Pas sans celui qui a déclaré « si l’on pense tous pareil, on ne pense plus rien » au Congrès fondateur de l’UMP.

Pas sans celui qui incarne le Centre aux yeux des français.

Pas sans celui qui a proclamé qu’indépendance et humanisme, les deux axes tardivement revendiqués par cette confédération, seraient les piliers du Mouvement Démocrate né en 2007.

Les idées n’appartiennent à personne mais François Bayrou a la paternité d’un mouvement aujourd’hui moins dicté par les valeurs que par la peur de perdre en 2012.

Nous avons perdu pour prendre notre indépendance ; ils veulent aujourd’hui prendre leur indépendance pour ne pas perdre. Cela fait une différence de taille.

Seul François Bayrou, suivi par le Mouvement Démocrate, pourrait être le garant de ce nouveau mouvement ainsi que sa crédibilité.

Une question de courage

sarkozy_kadhafi432En 2007, Kadhafi était invité en France par Nicolas Sarkozy. Rappelez-vous, il installait une tente dans le parc de l’Hôtel Marigny. Rien que ça !

Il avait changé nous expliquait-on. Certains se risquaient même à dire que l’ancien terroriste semblait s’être « rangé ». Comprenez : il gouverne son pays avec fermeté mais paternalisme… et puis il y a le pétrole…

Cette visite, c’était l’apogée de la « réalipolitik ». Un concept diplomatique d’avenir à écouter l’Élysée. Les quelques voix, centristes notamment, qui ont eu le courage de dénoncer cette visite ont été rayées. On nous a expliqué que notre vision du monde était obsolète et que nous n’avions rien compris à la politique internationale du XXIème siècle.

Ce que nous demandions à l’époque n’était pas l’arrêt de toutes les relations diplomatiques avec des chefs d’Etats peu regardants sur les droits de l’homme. Car derrière le tyran, il y a un peuple, première victime des sanctions internationales. D’embargo en embargo, nous n’avons jamais vu un dictateur mourir de faim.

Nous pensions et pensons toujours qu’il y a des limites à ne pas franchir. En recevant Khadafi, la France, par la voix de son Président, cédait à l’opportunité du moment, faisant fi de toutes les valeurs héritées de notre histoire et que nous défendons sur la scène internationale.

Aujourd’hui, le Président de la République dénonce avec les mots les plus durs l’attitude de Kadhafi et c’est heureux. Mais c’est aussi la moindre des choses quand on l’a reçu de la sorte. Que retiendra l’histoire d’un tel revirement de la France ? Le rôle de notre pays n’aurait-il pas du être, au minimum, de rester en retrait, de ne pas recevoir le dictateur Khadafi avec tous les honneurs qui lui étaient si peu dus déjà à l’époque ?

Ce qui m’inquiète et me révolte autant que la perte de crédit de la diplomatie française, c’est le manque de courage de notre classe politique.

Préférer la pluralité à la dualité

Difficile d’être au centre. Aussi difficile que nécessaire en réalité. Je m’en rends compte une nouvelle fois comme à l’approche de chaque échéance électorale. Un commentaire sur facebook, la réflexion d’un ami, une remarque d’un bordelais ce matin aux capus convergent : comment être localement avec Alain Juppé et dans l’opposition au niveau national ? A vrai dire, la réponse sera plus longue que la question, et probablement plus difficile à expliquer que les objections toutes faites de nos détracteurs.

Adhérent du parti centriste depuis 10 ans, je crois qu’être au centre c’est avant tout croire que les bonnes idées et les bonnes personnes sont éparpillées au quatre coins de l’échiquier politique. Et qu’il est du devoir des politiques responsables de fédérer ces énergies pour gouverner avec toute la raison et la justice nécessaire. Les bonnes idées sont têtues. Et aussi ancienne soit-elle, utilisée de François Guizot à Valéry Giscard d’Estaing, celle-ci me semble toujours d’actualité pour fédérer une France aux réactions trop épidermiques, pas assez concertées et consensuelles pour répondre aux enjeux de demain.

Fort de cette logique, je suis fier d’appartenir à l’équipe plurielle d’Alain Juppé dont l’action locale est saluée de tous. C’est aussi pour cela que je ne me reconnais pas dans l’action des socialistes locaux qu’il s’agisse des élus municipaux, incapables de mettre en œuvre une opposition constructive, où de la majorité départementale dont le sectarisme et le clientélisme sont sans égal.

Philippe Madrelle gouverne sans partage, sans envisager ce pluralisme que j’appelle de mes vœux, préférant faire élire des SOC (Socialistes d’Origine Contrôlée) à coup de subventions dont le niveau dépend directement de la capacité dudit canton à se soumettre. Peut-être trouverez-vous mes mots durs pour un centriste mais je les assume et j’observe que communistes, verts et toutes les formations politiques à exception des socialistes (quoi que…) les partagent.

Autant dire que je ne me reconnais pas non plus dans la politique national de Nicolas Sarkozy dont le mode de gouvernement autant que l’activisme (« je bouge donc je suis ») ne me semblent pas être en phase avec notre tradition républicaine. Je suis très, très mal à l’aise et en colère lorsque je vois resurgir, à l’approche d’une élection et après l’abject débat sur l’identité nationale, un projet de discussion sur la laïcité et l’islam. Bien sur nous pouvons et devons débattre de ces questions mais pas de cette manière, pas dans ce contexte et surtout pas avec cet objectif. Parfois, le simple fait de poser des questions peut avoir de graves conséquences pour notre pays.

Localement, je condamne fermement les attaques personnelles faites par tel ou tel membre de la Majorité Présidentielle, à l’égard de l’une ou l’autre (surtout l’une…) des candidats. Les mots ont un poids (surtout en campagne)personne ne doit l’oublier.

Quid du positionnement national ? Pour moi, c’est clair : je suis loyal à l’égard du Maire de Bordeaux et fidèle à François Bayrou et au Mouvement Démocrate. Ce n’est pas incompatible mais cela nécessite pédagogie et détermination. Si les élections municipales et cantonales peuvent faire l’objet d’une entente locale, fondée sur un programme commun et un contexte particulier, les élections régionales, et demain les législatives et les présidentielles demeurent des scrutins nationaux. En 2012, nous défendrons les couleurs centristes sans cependant ne fermer aucune porte, conscients qu’un gouvernement pluraliste sera une impérieuse nécessite.

Vous l’aurez compris, je fais une sincère différence entre la politique nationale et la politique locale. Je constate d’ailleurs que l’électeur bordelais (vous !) fait de même lorsqu’il vote à 60% pour Ségolène Royal en 2007 et à 60% pour Alain Juppé en 2008 ! Pourquoi le politique, représentant du peuple, ne devrait-il pas faire cette différence ?