Evacuation des enfants en cours d’adoption en Haïti : c’est la honte…

Soutien aux familles adoptantes en Haïti

Il y a assez de souffrance dans ce monde pour que la générosité, lorsqu’elle se manifeste sincèrement et massivement, ne soit pas entravée. Pourtant, la France, patrie des droits de l’Homme, 15 jours après le séisme, refuse toujours d’organiser le rapatriement massif des enfants haïtiens en cours d’adoption par des familles françaises.

Prés de 1200 enfants, toujours à Haïti pour la plupart, vivent dans des conditions inhumaines, le plus souvent dans la rue où ils dorment à même le sol. Les orphelinats qui élèvent ces enfants ne peuvent faire face. C’est pour cette raison que le Président Haïtien a depuis plusieurs jours autorisé les pays « adoptants » à organiser le départ des enfants.

La Hollande, les USA, la Belgique, le Luxembourg et le Canada ont pris la décision de rapatrier les enfants. Plusieurs centaines d’entre eux ont déjà retrouvé leur famille.

Mais en France, aucune décision massive n’a été prise. Le Ministère des Affaires Etrangères parle d’examiner « au cas par cas » les 1200 dossiers (…) afin de respecter le droit de l’adoption internationale et minimiser les risques de trafic d’enfants.

Cette réponse est infondée juridiquement pour deux raisons : d’une part, le Président Haïtien a autorisé les rapatriements exceptionnels compte tenu de la situation de son pays, d’autre part, les pièces justificatives manquantes pour certaines familles ne peuvent plus être produites. Il faut donc inventer une procédure exceptionnelle qui ne relève pas du droit international ordinaire.

Invoquer le trafic d’enfants relève de la mauvaise foi. Alors que le pays est dans un état de fragilité palpable, qui peut sérieusement croire que des trafiquants d’enfants utiliseraient la procédure très complexe de l’adoption internationale ?

Sans compter que pour les familles concernées, qui en temps normal attendent leur enfant pendant 18 mois, un tel amalgame relève de la provocation.

Enfin, cette réponse est inhumaine et irresponsable. Inhumaine car elle balaye d’un revers de main toutes les règles de la solidarité internationale au moment même où 5 autres pays ont pris la mesure de l’urgence. Irresponsable car beaucoup de ces enfants sont malades et risquent de mourir.

Alain JUPPE a appelé solennellement Bernard Kouchner ministre des affaires étrangères, à faciliter le rapatriement rapide des enfants déjà apparentés à des familles françaises.

Samedi, alors que je participais pour la 2ème fois au rassemblement organisé par les familles devant l’hôtel de ville, une maman m’interpellait : « Je ne dors plus. J’ai été à Haïti à 2 reprises pour voir mon enfant, il porte mon nom et fait déjà parti de la famille. Si il meurt alors que je suis prête à l’accueillir, c’est le gouvernement français qui sera responsable ».

Espérons, chère Madame, que cela n’arrivera pas et que notre gouvernement reviendra à la raison pour que nous sortions de cette situation indigne.

Pour signer la pétition en ligne :  cliquez ici

VOEUX 2010

De qui se moque-t-on ?

Les sages du Conseil Constitutionnel viennent de censurer les articles de la loi de finance 2010 qui instituaient la taxe carbone en remplacement de la taxe professionnelle. Dans un communiqué daté d’aujourd’hui, le Conseil explique que les exonérations octroyées, notamment aux industriels, étaient trop nombreuses et ne permettaient pas de répondre sincèrement à l’objectif initial, à savoir la lutte contre le réchauffement climatique.

Extrait du communiqué de presse du Conseil Constitutionnel :
Le Conseil a jugé que, par leur importance, les régimes d’exemption institués par la loi déférée étaient contraires à l’objectif de lutte contre le réchauffement climatique et créaient une rupture caractérisée de l’égalité devant les charges publiques. Il a, par voie de conséquence, censuré l’ensemble du régime relatif à la contribution carbone (articles 7, 9 et 10 de la loi de finances).

Rappelez-vous, en février 2010, le Président de la République nous annonçait subitement la suppression de la taxe professionnelle et l’instauration de la taxe carbone; taxe qui, au demeurant, semble d’une impérieuse nécessité. Comme beaucoup, j’ai alors approuvé cette idée, même si elle semblait imparfaite dans sa mise en œuvre. Il s’agissait d’un premier pas.

Que s’est-t-il passé ensuite ? Ni plus ni moins qu’une négociation de boutiquiers, discrète mais réelle, qui a conduit à exonérer totalement de contribution carbone les émissions des centrales thermiques produisant de l’électricité, les émissions des mille dix-huit sites industriels les plus polluants, tels que les raffineries, cimenteries, cokeries et verreries, les émissions des secteurs de l’industrie chimique utilisant de manière intensive de l’énergie, les émissions des produits destinés à un double usage, les émissions des produits énergétiques utilisés en autoconsommation d’électricité, les émissions du transport aérien et celles du transport public routier de voyageurs. D’après le Conseil Constitutionnel, cette mesure aurait conduit à exonérer 93 % des émissions d’origine industrielle, hors carburant…

Un mesure non seulement injuste, car les ménages et les petites entreprises auraient été une fois de plus les vaches à lait, mais surtout vidée de toute efficacité.

Nous venons de sacrifier sur l’autel des petits arrangements intéressés une mesure qui devait contribuer à lever l’hypothèque signée sur les générations futures.


Il s’agit d’un camouflet sans précédent pour le Gouvernement. Un échec cuisant qui illustre une fois de plus la différence entre les propos et les actes. Politiquement, nous pourrions trouver cela heureux s’il ne s’agissait pas de notre avenir et de celui de nos enfants.

Chaque jour, nous sommes saisis par une population qui attend des mesures concrètes et majeures pour préserver notre environnement.

Chaque jour, aux côtés d’une administration territoriale remarquable, nous imaginons des dispositifs locaux et innovants pour réduire notre emprunte environnementale.

Chaque jour, dans le quartier Saint-Michel/Nansouty/Saint-Genès, nous recherchons l’exemplarité et favorisons la création d’AMAP, de Pédibus…

Et chaque jour un peu plus les gouvernements mondiaux semblent incapables de prendre les bonnes décisions mais réclament l’exemplarité de la population.

De qui se moque-t-on ?

Consternant

Depuis hier, c’est le buzz du moment sur le net : le lip-dub (raté) des Jeunes UMP. Un clip où des ministres rivalisent de sourires et de gestes rythmés pour montrer à quel point ils sont sympathiques. Au début, j’ai pensé qu’il s’agissait d’un montage.

Les adjectifs me manquent pour qualifier cette navrante mise en scène. Ou plutôt, ils sont trop nombreux. Je n’en retiendrai qu’un : consternant.

Pourtant, pour le Président des Jeunes UMP, « c’est le plus beau cadeau que l’on peut faire à la France avant Noël ». Rien que ça ! Personnellement, un simple « Joyaux Noël et bonne année » m’aurait suffit.

Les Jeunes UMP veulent « Changer le monde ». Ce clip démontre une fois de plus qu’il faudra d’abord changer ce gouvernement où la « bling bling » attitude reste à la mode malgré l‘urgence sociétale et environnementale.

Je serais curieux de connaître l’avis d’Alain JUPPE, Président fondateur de l’UMP, sur ce clip et sur l’image qu’il renvoie de notre pays à l’étranger.

Pendant ce temps, la communauté internationale tente de sauver le monde « pour de vrai » à la conférence de Copenhague.

PS : je vous conseille le passage avec Xavier DARCOS. Quel naturel !