Enfants délinquants, parents coupables
1 août
Enfants délinquants, parents coupables. Le raccourci est facile et l‘effet médiatique est garanti. J’ose espérer, car je suis d’une nature optimiste et parfois naïve, que la proposition de loi visant à sanctionner par la prison les parents d’enfants délinquants n’est pas la volonté du gouvernement mais l’ânerie d’un député.
Cette proposition de loi me choque (notamment) pour deux raisons:
- les actes de délinquance ont été commis par les enfants et dans toute démocratie digne de ce nom, on ne peut être condamné pour un crime que l’on a pas commis, même si un lien de sang existe avec son auteur.
- comment peut-on croire que des parents, aussi doués soient-ils, puissent contrôler tous les faits et gestes de leurs enfants en 2010 ?
Une telle loi pourrait conduire à deux types de comportements parentaux catastrophiques dans les quartiers les plus difficiles : soit ne plus vouloir laisser sortir son enfant, soit l’abandonner une bonne fois pour toutes afin de ne pas « payer » pour lui.
Admettons qu’il existe des parents négligeant qui encouragent volontairement ou involontairement leurs enfants à ne pas respecter la loi et à récidiver, ils ne représentent qu’une infime minorité et sont eux aussi probablement des délinquants. Alors pourquoi inventer une nouvelle loi si ce n’est pour l’effet médiatique que l’on compte en retirer ? En l’occurrence ici adresser un nouveau message à l’électorat extrémiste en reprenant une proposition du FN.
Je pense qu’une politique de lutte contre la délinquance doit à la fois sanctionner les coupables (les vrais) et s’attaquer aux sources de l’insécurité en multipliant les dispositifs de prévention. Force est de constater que seule la répression semble être digne d’intérêt aux yeux du député Ciotti. Pour éviter de telles dérives à l’avenir, et si j’avais le privilège de faire le loi, je demanderais que pour chaque euros supplémentaire consacré à la sécurité, une somme identique soit allouée aux dispositif de prévention. Une manière à mes yeux de garantir une politique de lutte contre l’insécurité qui s’attaque aux racines de la délinquance sans se limiter à la partie médiatique et électoraliste du problème.
L’irréversible se poursuit
31 mar
C’est un sévère échec pour le gouvernement mais plus grave encore, une perte de temps. Le temps, une ressource dont justement nous ne disposons plus pour agir en matière de développement durable.Le retrait pur et simple de la taxe carbone, pourtant promise avant les élections régionales, est un signal désastreux envoyé au grand public. Un signal qui vient ajouter de l’eau au moulin des climato-septiques et nuancer toutes les formes de sensibilisations que les élus locaux tentent de mettre en œuvre. Sans cette prise de conscience, profonde et à tous les niveaux de notre société, nous ne changerons pas durablement nos habitudes de vie. Habitudes qui nous condamnent un peu plus chaque jour.
Comment exiger des citoyens ce que l’Etat n’est pas capable de s’imposer et surtout d’imposer aux plus gros pollueurs ?
Durant toute la période des élections régionales, l’UMP n’a eu de cesse de clamer sa bonne volonté en matière environnementale ; bonne volonté incarnée par « son » Grenelle de l’environnement.
Sans la taxe carbone, qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Beaucoup de choses sur le papier mais rien de certain tant que le débat parlementaire n’a pas eu lieu. Une chose est sûre : la confiance des français et, plus grave encore, des associations n’est plus là. Quelque chose est cassée. Et je m’interroge d’ailleurs sur la sincérité et l’existence même d’une vraie volonté de la part du Président de la République.
Il autorise l’implantation d’un terminal charbonnier dans le nord de la France et déclare au salon de l’agriculture au sujet de l’environnement : « ça suffit comme ça ». Il est également bon de rappeler que sans l’intervention du Conseil Constitutionnel, la Taxe Carbone dans sa version initiale aurait exonéré les plus gros pollueurs ! Autant d’éléments qui renforcent l’idée que je me fais du gouvernement selon Nicolas Sarkozy : opportunisme, actions éphémères et poudre aux yeux. Aucune de ces « qualités » ne permettront la création d’une fiscalité énergétique juste et efficace qui puisse financer la Croissance Verte.
Je pense aussi que la proximité des associations membres du Grenelle de l’environnement avec Europe Ecologie, allié du PS, n’a pas œuvré en faveur de décisions politiques favorables à l’environnement… On retrouve ici l’une des conséquences du « coup de barre » à droite voulu par Nicolas Sarkozy. L’UMP se recentre sur ses fondamentaux politiques et exit les problématiques de fond.
Ce qui me renforce dans l’idée que l’écologie ne doit pas être portée par un parti politique où des associations trop proches d’une formation politique au risque de se voir réduit à un supplétif. En attendant, l’irréversible se poursuit.
A lire également, l’avis de Yann Wehrling, secrétaire national du Mouvement Démocrate : « Les associations ne doivent pas quitter le processus de Grenelle car cela le condamnerait.
Le Grenelle est certes en recul et le retrait du projet de taxe carbone en est la marque. Cela étant, il faut rester constructif et continuer de faire avancer tout ce qui peut l’être. » [lire la suite]
Evacuation des enfants en cours d’adoption en Haïti : c’est la honte…
25 jan
Il y a assez de souffrance dans ce monde pour que la générosité, lorsqu’elle se manifeste sincèrement et massivement, ne soit pas entravée. Pourtant, la France, patrie des droits de l’Homme, 15 jours après le séisme, refuse toujours d’organiser le rapatriement massif des enfants haïtiens en cours d’adoption par des familles françaises.
Prés de 1200 enfants, toujours à Haïti pour la plupart, vivent dans des conditions inhumaines, le plus souvent dans la rue où ils dorment à même le sol. Les orphelinats qui élèvent ces enfants ne peuvent faire face. C’est pour cette raison que le Président Haïtien a depuis plusieurs jours autorisé les pays « adoptants » à organiser le départ des enfants.
La Hollande, les USA, la Belgique, le Luxembourg et le Canada ont pris la décision de rapatrier les enfants. Plusieurs centaines d’entre eux ont déjà retrouvé leur famille.
Mais en France, aucune décision massive n’a été prise. Le Ministère des Affaires Etrangères parle d’examiner « au cas par cas » les 1200 dossiers (…) afin de respecter le droit de l’adoption internationale et minimiser les risques de trafic d’enfants.
Cette réponse est infondée juridiquement pour deux raisons : d’une part, le Président Haïtien a autorisé les rapatriements exceptionnels compte tenu de la situation de son pays, d’autre part, les pièces justificatives manquantes pour certaines familles ne peuvent plus être produites. Il faut donc inventer une procédure exceptionnelle qui ne relève pas du droit international ordinaire.
Invoquer le trafic d’enfants relève de la mauvaise foi. Alors que le pays est dans un état de fragilité palpable, qui peut sérieusement croire que des trafiquants d’enfants utiliseraient la procédure très complexe de l’adoption internationale ?
Sans compter que pour les familles concernées, qui en temps normal attendent leur enfant pendant 18 mois, un tel amalgame relève de la provocation.
Enfin, cette réponse est inhumaine et irresponsable. Inhumaine car elle balaye d’un revers de main toutes les règles de la solidarité internationale au moment même où 5 autres pays ont pris la mesure de l’urgence. Irresponsable car beaucoup de ces enfants sont malades et risquent de mourir.
Samedi, alors que je participais pour la 2ème fois au rassemblement organisé par les familles devant l’hôtel de ville, une maman m’interpellait : « Je ne dors plus. J’ai été à Haïti à 2 reprises pour voir mon enfant, il porte mon nom et fait déjà parti de la famille. Si il meurt alors que je suis prête à l’accueillir, c’est le gouvernement français qui sera responsable ».
Espérons, chère Madame, que cela n’arrivera pas et que notre gouvernement reviendra à la raison pour que nous sortions de cette situation indigne.
Pour signer la pétition en ligne : cliquez ici


