A Bordeaux, homophobie et récupération politique font bon ménage
14 déc
ACTE 1
Johnny Halliday s’est illustré ces derniers jours en déclarant dans un entretien télévisé : « Alain Delon c’est un vrai mec de toute façon. Je pense pas être un pédé moi non plus hein, bon. »
On savait que Johnny ne tutoyait pas les sommets de l’intelligence et de la finesse, ni même les piémonts, mais il vient de franchir un nouveau cap en tenant ouvertement des propos homophobes. S’en est-t-il seulement rendu compte ? Rien n’est moins sûr mais cela ne doit en aucun cas être une excuse.
Les propos de Johnny sont scandaleux et je veux les dénoncer publiquement. Ils entretiennent, d’une manière tout à fait pernicieuse, l’idée que les homosexuels seraient des sous-hommes et que seuls les hétérosexuels pourraient revendiquer les attributs de la virilité. Ce sont de tels clichés, blessants et irresponsables, qui nourrissent le mal être des jeunes homosexuels dont le taux de suicide est aujourd’hui 12 fois supérieur à la moyenne nationale…
ACTE 2
Hier, Matthieu Rouveyre, élu PS de Bordeaux et ancien Président de la Gay Pride, a écrit à Alain Juppé pour lui demander de remettre en cause la mise à disposition du stade Chaban-Delmas en juillet 2012 pour l’organisation d’un concert de Johnny Halliday. Décodeur : c’est précisément là, par un grossier mélange des genres, qu’homophobie et récupération politique se rejoignent…
Les propos de Johnny Halliday sont nauséabonds et homophobes. En toute logique, c’est la justice qui doit être saisie et condamner l’auteur sévèrement compte tenu de l’écho qu’ils ont auprès du grand public quand ils sont prononcés par un chanteur aussi populaire. Mais je suis aussi choqué par les paroles de Johnny que par la récupération politique que tente d’orchestrer Matthieu Rouveyre.
La tolérance et la lutte contre toutes les formes de discriminations ne sont pas des marches pieds que l’on utilise au gré de ses ambitions politiques. Ces sujets ne sont le monopole d’aucun parti, d’aucun n’élu, c’est ne pas servir la cause des premières victimes d’une homophobie latente que d’agir ainsi.
Car c’est bien de cela dont il s’agit. Matthieu Rouveyre est en campagne pour être suppléant de Michèle Delaunay aux élections législatives sur la 2ème circonscription et tous les moyens sont bons, toutes le récupérations sont les bienvenues, pour attaquer le Maire de Bordeaux et son équipe.
Est-ce au Conseil Municipal de décider qu’il faut priver les bordelaises et les bordelais du dernier concert du chanteur français le plus connu dans le monde ? Non, je pense que cela relève de la liberté individuelle. Et pour ma part, je n’irai pas.
Il se passe quelque chose…
12 déc
François Bayrou a l’expérience des campagnes présidentielles puisqu’il se présente pour la 3ème fois. Et il sait parfaitement quel est le bon moment pour se déclarer, juste avant les fêtes, une période propice aux rassemblements familiaux et aux discussions politiques. Il a même réussi à vendre son annonce de candidature au moins 4 fois aux médias !
C’est toute l’alchimie d’une campagne présidentielle, de la rencontre mystérieuse d’un homme et du peuple, qui est train de naître aujourd’hui. Le vote des invisibles et des indécis va faire mentir les pronostics habituels et usés.
Le calendrier est préparé et tenu à la journée près. En septembre, s’adresser au français avec la sortie de son livre, Etat d’urgence. Un succès dans les librairies et une ambition pour la France (Produire, instruire et construire une démocratie exemplaire). En octobre, montrer qu’il n’est pas seul. C’est chose faite avec les universités de rentrée et l’arrivée des premiers soutiens (Alain Lambert, Daniel Garrigue…). En novembre, présenter une méthode sérieuse et crédible avec l’Agenda 2020. Et enfin en décembre, se déclarer avec un discours nouveau et profond tout en rappelant la clairvoyance de ses propos passés notamment en matière de lutte contre les déficits publics aujourd’hui cause de la crise économique que subissent l’Europe et le monde.
Il semble que la route empruntée soit la bonne. Le discours de François Bayrou s’avère aujourd’hui plus que jamais en phase avec les attentes des français à en croire sa progression dans les sondages successifs. Hier, il était donné pour la première fois avec un score à deux chiffres (13% au 1er tour), ce qui était son objectif avant Noël. Certes ce n’est qu’un sondage, et il est possible qu’il baisse de nouveau après cette phase très médiatique. Il n’en demeure pas moins qu’il est actuellement sur une tendance nettement haussière.
Plus importantes que les sondages électoraux sont les enquêtes d’opinions qualitatives. Et c’est dans ce domaine que François Bayrou progresse le plus. J’y vois un juste retour des choses, une manière pour le peuple de saluer sa persévérance, sa fidélité au centre et sa clairvoyance.
Et ce n’est pas pour rien si Dominique de Villepin choisit cette période pour se déclarer, à la surprise générale. Je ne serais pas du tout étonné que cette candidature, entendue avec l’Elysée, soit destinée à freiner l’ascension palpable de François Bayrou. Crédité de moins de 7%, notre leader ne gêne pas le Président de la République sortant et la séduction reste de mise. Si en revanche il dépasse la barre des 10%, François Bayrou devient une menace et il faut amoindrir son score… Reste que la candidature d’un homme seul, sans parti, sans argent et sans espace politique risque de faire long feu. Les français se seront pas dupes.
La pot de terre contre le pot de fer, version bordelaise… ou la victimisation permanente
7 déc
Je m’étonne chaque jour un peu plus de voir comment Madame la Députée de la deuxième circonscription de la Gironde, Michèle Delaunay, a choisi d’exercer son mandat et, très probablement, de mener sa campagne législative dans les mois qui viennent.
C’est la victimisation permanente. Pas un jour, pas une semaine ne se passe sans qu’elle se dise victime d’un complot fomenté par la mairie de Bordeaux bien sur, dont elle serait, à l’écouter, la seule obsession. Un jour elle se plaint de ne pas avoir été conviée à telle ou telle réunion (alors qu’elle est parfaitement capable de s’inviter lors de certaines rencontres…) ; une autre fois elle raconte sur son blog comment elle a dû résister à l’assaut, quasiment physique, d’un élu de la majorité municipale…
Encore ces jours-ci dans le quotidien régional Sud-Ouest, elle raconte comment elle serait victime d’un traitement inégalitaire en matière de communication comparativement à Alain Juppé. Peut-être est-ce parce qu’il est Ministre et pas elle ?
A l’écouter, le monde entier est contre elle ! Tous, sans exception, nous sommes les persécuteurs de Mme Delaunay, pauvre et naïve Députée, telle une gazelle tombée dans la fosse aux lions… « Si peu, que la moindre chose / De son débris serait cause » (Jean de la Fontaine).
Je pense qu’il est grand temps de mettre fin à cette mascarade. Mme Delaunay est tout sauf une victime. C’est une femme rusée, extrêmement calculatrice, qui nous rejoue depuis 5 ans la fable du pot de terre contre le pot de fer.
Rappelons qu’elle a 10 années d’expérience politique derrière elle, qu’elle a été candidate à de nombreuses élections, qu’elle cumule allègrement les mandats, que c’est une communicante avertie et qu’elle dispose de tout l’appareil du Conseil Général et du PS derrière elle. Elle n’a rien à envier à ses adversaires dans ce domaine et le jeu est beaucoup moins déséquilibré qu’elle ne le dit.
Bref rien à voir avec l’agneau fragile qu’elle voudrait laisser transparaître.
Alors de grâce, Madame Delaunay, assumez ! Cessez de nous raconter, la bonne conscience en bandoulière, que vous êtes la victime d’un système dans auquel vous n’appartenez pas. Vous êtes une vraie professionnelle de la politique.
Imaginons notre quartier en 2030 – Quelle journée !
6 déc
Quelle journée ! C’est dans un lieu doublement symbolique – le Lycée Saint Genès – à la fois espace de savoir partagé et lieu dédié à la jeunesse que s’est déroulé samedi 3 décembre l’après-midi de réflexion IMAGINONS NOTRE QUARTIER EN 2030.
Cette rencontre était ouverte à tous les habitants du quartier Saint-Michel/Nansouty/Saint-Genès désireux de réfléchir ensemble au devenir de leur quartier. Et ils étaient plus de 250 à s’être mobilisés pour l’occasion, une nouvelle preuve que les idées ne manquent pas pour penser la ville de demain et proposer dès aujourd’hui des actions pour mieux vivre ensemble.
Cette démarche repose sur l’une de mes plus profondes convictions : le citoyen n’est pas qu’un consommateur, c’est un acteur producteur d’idées, de solidarités et d’engagement. L’intelligence citoyenne existe, encore faut-il la soliciter.
J’ai pu constater une nouvelle fois à quel point «imaginer l’avenir» est un bon exercice pour renouer avec la conscience du bien commun et de l’intérêt général. Peu de critiques, beaucoup de propositions.
Innovante sur le fond, cette rencontre l’était aussi sur la forme avec, en amont des débats, des enquêtes de préparation sur jeparticipe.Bordeaux.fr sur les réseaux sociaux qui irriguent le quartier.
Au final, le foisonnement d’idées était au rendez-vous (il nous faut encore analyser tout ça…) avec plusieurs idées forces, transversales à la plupart des ateliers :
- la nécessité de mutualiser, partager, collaborer pour économiser les ressources et passer dans une économie de l’usage, moins impactante pour l’environnement.
- la volonté de s’appuyer sur l’effet de contagion des bonnes pratiques.
- la complémentarité des outils numériques et des temps d’échanges physiques pour tisser les liens et consolider les solidarités.
Mais au-delà de ces grands principes, les débats ont aussi abouti à des propositions très concrètes pour encourager le commerce de proximité, lutter contre la précarité, soutenir les équipements sportifs et culturels de proximité, résister à la standardisation des modes de vie… ! Autant de pistes qui confirment que la vie de quartier « n’est pas soluble » dans la métropolisation mais, qu’au contraire, c’est bien la diversité de ces quartiers et de leurs richesses humaines qui donnent sens et attractivité à la métropole.
Alors quelles suites à « Imaginons notre quartier en 2030 » ? Tout d’abord à court terme, une restitution formelle de toute cette « matière grise » au travers d’un nouveau temps d’échange avec les habitants puis d’une publication début 2012 qui servira de boîte à idées pour épauler l’action municipale et nourrir le projet de territoire.
Préservation du cadre de vie, recréation du lien humain et économie des ressources, les lignes directrices de ce projet vivront et évolueront ainsi au gré de rencontres annuelles (« Imaginons notre quartier en 2030 » a déjà pris date pour 2012 !) mais aussi du travail permanent des conseillers de quartier.








