Un acte de violence gratuit, inhumain et inacceptable
18 avr
La nuit dernière, des individus armés et cagoulés ont pénétré dans un bar gay bordelais, le Go West, et agressé violemment le gérant de l’établissement. Un acte de violence spectaculaire et choquant qui ne laisse personne indifférent.
Je fais confiance à la Police Nationale qui s’est immédiatement saisie de l’enquête pour retrouver les auteurs. Bien que le caractère homophobe de cette agression ne soit pas encore établi, difficile de ne pas y penser…
Quelqu’en soit la motivation, je condamne avec la plus grande fermeté cet acte de violence gratuit, inhumain et tout simplement inacceptable.
Alain Juppé, Maire de Bordeaux, avait prévu de rencontrer les associations LGBT (dont notamment le »Le Girofard » que nous soutenons) pour évoquer leurs actualités. Cette rencontre aura lieu la semaine prochaine pour aborder notamment les actions supplémentaires que nous pourrions mettre en œuvre pour lutter contre l’homophobie à Bordeaux.
Bordeaux est une ville humaniste, une ville de tolérance, où l’insécurité est faible mais qui n’est malheureusement pas épargnée par des actes de moins en moins isolés dans un climat national de plus en plus délétère. Je forme le vœu que la loi dite du « Mariage pour tous », que je soutiens, soit adoptée par une représentation nationale légitime le plus rapidement possible. Le débat n’a que trop duré et probablement réveillé dans son sillage une haine qu’il nous faut combattre sans relâche.
Voyeurisme contre moralisation
15 avr
Cette journée ne fera pas date dans l’histoire politique moderne. Tout du moins je l’espère. Vouloir faire croire au peuple français que ce déballage patrimonial va nous permettre de lutter réellement contre la corruption est un leurre.
Tous les élus (moi y compris) avons fait une déclaration de patrimoine en début de mandat. Sa publication ne changera rien. Je suis en revanche très favorable à son contrôle, dans la dignité et en évitant de caresser voyeurisme et populisme dans le sens du poil. Par les temps qui courent, je trouve ce procédé dangereux…
Il est vrai que rendre public le patrimoine des responsables politiques va détourner l’attention du pays, un temps, et occuper médias et commentateurs pendant quelques jours. A d’autres moments de notre histoire, je pense qu’une telle diversion aurait pu fonctionner et permettre l’enterrement, sans cérémonie, de la vraie question de fond. Mais pas cette fois-ci.
La France a besoin d’une moralisation de sa vie publique, c’est à dire un ensemble de dispositions visant à refonder la République, à mettre fin aux pratiques abusives et aux conflits d’intérêts, bref à rétablir l’exemplarité de la République et la confiance entre les citoyens et leurs élus.
Parmi ces mesures, citons :
- fin du mélange des intérêts financiers et politiques
- interdiction du cumul des mandats dès 2014
- réduction du nombre de parlementaires et de ministres
- représentation de toutes les opinions dans les assemblées par l’introduction d’une dose de proportionnelle
- renforcement du contrôle du financement des partis politiques
- lutte contre les conflits d’intérêts par l’adoption des mesures proposées par le rapport Sauvé (contrôle des activités de lobbying, élargissement des incompatibilités pour les parlementaires…)
Je pense que les parlementaires ne voteront jamais une telle loi qui réduit leurs avantages et les oblige à choisir entre leurs mandats. Je soutiens donc l’initiative de François Bayrou, prise dès 2012 durant la campagne présidentielle, qui propose un référendum pour donner la parole au seul souverain capable de décider en pareille situation : le peuple.
Il n’y aura qu’une seule question : les Français se prononceront par un seul vote sur l’ensemble du texte clair et envoyé par courrier chez chaque électeur.
Emploi, logement, croissance… Certains penseront peut-être qu’il y a d’autres priorités en ce moment. Je veux leur dire que ce référendum, c’est un acte de refondation qui a un fort effet d’entraînement.
Rappelons-nous ce qui s’est passé en 1958. A l’époque, la France était ruinée, elle sollicitait le fonds monétaire international pour payer ses fonctionnaires, on se disait qu’elle n’arriverait jamais à appliquer le traité de Rome sur la création de l’Europe. Le renouveau des institutions souhaité par le général de Gaulle a apporté un nouveau souffle radical y compris dans le climat économique : tout le pays est reparti de l’avant, on a tourné le dos aux déficits et la France a entamé une nouvelle phase d’expansion.
Moins de ministères, moins de députés, moins de privilèges, moins d’abus dans le financement de la vie politique, cela commence également à faire des économies. Ce n’est évidemment pas suffisant mais c’est le début de toute action, parce que l’exemple vient d’en haut.
Si comme moi vous en appelez au Président de la République pour qu’il organise ce référendum, signez la pétition en ligne !
Appauvrir les riches n’a jamais enrichi les pauvres
12 avr
Le chômage est, pour la plupart de ceux qui en sont victimes, une épreuve cruelle, aussi bien matérielle que morale.
Lors de mes permanences hebdomadaires, en 5 ans, je n’ai jamais reçu autant de personnes à la recherche d’un emploi que ces dernières semaines. Sans avoir fait une étude fine, je puis affirmer que le niveau moyen d’instruction des personnes qui demandent un rendez-vous est en augmentation. Bac+4, Bac+5, Doctorat (dont certains très professionnalisant) : 15 personnes cette semaine avec lesquelles j’ai échangé dans mon bureau où qui m’ont interpellées dans la rue.
Plusieurs catégories de chômeurs existent. Il y a ceux qui en quelques semaines, de part leurs compétences ou leur réseau, devraient retrouver un emploi. Ceux-là ne viennent pas me voir.
Mais il existe une seconde catégorie, les victimes, à retardement, de la croissance nulle que connait notre pays. Ceux-là ne comprennent pas et viennent me voir.
La gauche nous promet la croissance pour agir sur les causes du chômage. Pourtant, le gouvernement semble plus préoccupé par des actions médiatiques contre les plus hauts revenus (quand elles ne sont pas retoquées par le Conseil Constitutionnel) que par la construction d’une vraie politique économique de combat. Je ne dis pas que certaines actions ne sont pas nécessaires et qu’il ne faut pas limiter les rémunérations les plus folles.
Mais alors dans ce cas, ne taxons pas à 75% mais à 80% ! Pourquoi pas 85% ? Il restera bien assez d’argent aux personnes concernées pour vivre dans l’opulence.
Seulement voilà, appauvrir les riches n’a jamais enrichi les pauvres. Une telle politique soulage l’idéologie, donne bonne conscience à ses instigateurs mais laisse s’enfoncer les personnes que je croise dans les plus grandes difficultés.
Pour eux, le changement attendu a un goût amer.
Moraliser, un impératif démocratique
6 avr
Notre démocratie est en panne. Retour des « affaires » au sommet de l’État, abstention record, élus cumulards et peu représentatifs de la société française, citoyens infantilisés et coupés du processus décisionnel, collectivités locales aux compétences floues… voici une liste non exhaustive de dysfonctionnements qui creusent chaque jour un peu plus le fossé (aux allures de gouffre…) qui s’est installé entre le peuple et ses représentants.
Cette défiance est particulièrement présente chez les jeunes qui ne se reconnaissent pas dans leurs dirigeants tous aussi incapables de leur délivrer un message d’espoir à même d’inspirer confiance, de les rassurer, de leur proposer un avenir meilleur.
Les mots ont tous le même goût. La sincérité semble artificielle et la proximité fabriquée de toutes pièces. Cette situation est extrêmement grave : une jeunesse qui ne croit plus en l’avenir de son pays et en son propre avenir, c’est l’amorce d’une spirale négative, le signal d’une décadence prochaine. Reconstruire notre démocratie est à ce titre un enjeu majeur pour notre jeunesse.
La crise de confiance est profonde, elle n’épargne aucune sensibilité et pourtant, j’ai l’intime conviction que ce mouvement n’est pas irréversible. « Les mauvais jours finiront », c’est avec ces mots que François Bayrou commence et conclut son avant-dernier livre. Ces mêmes mots résument mon regard sur la démocratie française. Le désamour qui frappe la politique aujourd’hui n’est ni un sort ni une malédiction. Des solutions existent.
La Vème République ne répond aujourd’hui plus aux impératifs d’une démocratie moderne. D’une part car elle s’est construite au détriment du pouvoir législatif, pour ne pas dire contre les parlementaires. Certes à l’époque il s’agissait de lutter contre l’instabilité gouvernementale, la fameuse « valse des ministères », et permettre au Général de Gaulle de prendre des décisions claires et rapides. Ce contexte n’est plus et il nous faut aujourd’hui redonner toute sa place à la représentation nationale et limiter le « présidenitalisme ».
La Vème République est aussi l’héritière d’un temps où l’État primait sur la Société. Le citoyen n’était pas doté du même capital politique, de la même instruction, de la même sensibilité si bien qu’un régime fort dont le pic démocratique ne se manifeste qu’au moment de l’élection s’est installé. Ce temps là aussi est révolu. Le citoyen veut comprendre, participer et ne donne plus sa confiance aussi facilement. Les élus doivent être exemplaires et rendre des comptes.
Cette refondation ne sera possible sans une profonde moralisation de la vie politique française. C’est pour cela que je soutiens l’idée d’un referendum sur ce sujet comme le propose François Bayrou (et je vous invite à signer la pétition en ligne).
Faut-il fonder une 6ème République ? Je ne sais pas et je ne pense pas que le numéro compte. Ce qui importe, c’est le profond changement que nous devons produire pour oxygéner notre démocratie et ainsi lui redonner un second souffle, quels qu’en soient le nom et le numéro.






