L’axe Fillon-Juppé : le coup d’après ?
3 fév
François Fillon est une anomalie dans la 5ème République. Un Premier Ministre d’arrière plan, plus populaire que le Président de la République. Il est aussi tout à fait atypique par ce qu’il dégage de confiance et de détermination aujourd’hui encore lors de sa venue à Bordeaux alors que la Majorité Présidentielle, convaincue de sa défaite, a le moral dans les chaussettes. Il donne aussi le sentiment d’être un homme droit et simple au-delà des désaccords de fond.
La complicité affichée avec Alain Juppé est assez troublante si l’on se remémore l’entrée de ce dernier au gouvernement. Les deux hommes s’apprécient mais sont à la tête de chapelles différentes et parfois concurrentes dans les mouvements internes à la majorité. Leurs différences sur l’Europe étaient importantes il y a quelques années mais tout ceci semble réglé (Alain et moi, nous avons la même vision dixit François Fillon).
Je retiens du discours du Premier Ministre, sans annonce fracassante, un moment qui ne manquait pas de piquant : « Alain et moi avons été parmi les premiers à dénoncer l’endettement de la France […] Le travail d’Alain Juppé et Michel Rocard est l’exemple de ce que devrait être la politique en France […] Les grands enjeux actuels ne sont ni de droite, ni de gauche […] » Je me suis demandé à ce moment précis devant quel François j’étais…
François Fillon et Alain Juppé soutiennent loyalement le Président de la République. Mais je ne peux m’empêcher de me demander le véritable motif de cette venue à Bordeaux. Certes la signature de l’initiative d’excellence pour l’Université de Bordeaux, c’est important. J’en profite pour dire que la réforme de l’Université française est probablement l’un des domaines où ce gouvernement a réussi son travail en y mettant les moyens. Mais le Premier des Ministres en personne doit-il se déplacer pour bénir cette signature ? Le seul Ministre de l’Enseignement supérieur (présent lui aussi aujourd’hui) accompagné du Maire de Bordeaux et néanmoins Ministre d’Etat aurait pu suffire je crois.
Et si les accolades Fillon-Juppé étaient en réalité destinées à jouer le coup d’après ?
La défaite de Nicolas Sarkozy est aujourd’hui sur les lèvres de tous les membres de la majorité. Elle laisserait un grand vide à droite et une famille politique à reconstruire, tiraillée par une Droite Populaire prête à faire alliance avec le FN et les humanistes qui auront soutenus François Bayrou. Pour fédérer, il faudra alors un chef incontesté, si possible sans ambition personnelle, capable de manœuvrer un bateau au bord du naufrage.
Alain Juppé semble tout indiqué pour jouer ce dernier rôle. François Fillon serait quant à lui légitime pour briguer l’investiture en 2017. Il faut pour cela que l’attelage fonctionne. Rien de tel alors qu’une petite visite en terre bordelaise pour montrer que les deux hommes s’entendent bien, au grand dam de Jean-François Coppé qui ne sera pas en mesure de résister à l’axe Juppé-Fillon.
J’arrête là la politique fiction. Ce n’est que mon avis, engagé que je suis dans la campagne de François Bayrou, et il ne s’agit sans doute que d’un machiavélique écart de pensée…
François Bayrou aura une majorité centrale pour gouverner
30 jan
Dans les jours qui viennent, François Bayrou va devoir répondre à une question essentielle. De la crédibilité de sa réponse dépendra en grande partie sa victoire. Cette interrogation est une vieille amie puisqu’insuffisamment anticipée, c’est elle qui en 2007 lui avait coûté son accession au 2d tour. Elle est simple et questionne tous les français qui pourraient voter pour François Bayrou : avec quelle majorité gouvernera-t-il ?
Le Mouvement Démocrate, numériquement parlant, ne boxe pas dans la même catégorie que l’UMP et le PS. Ce n’est pas selon moi un handicap pour cette élection. En effet, cette échéance ne sera pas celle des partis et autres appareils politiques lourds, usés, souvent discordants et si peu représentatifs des français. Cette échéance, c’est le choix du peuple pour une personne ; une personne porteuse d’idées (enfin il vaut mieux…) mais avant tout une personne.
Si les élections intermédiaires ont été difficiles pour notre famille politique, c’est de part la faiblesse de notre appareil politique. Or, en 2012, ce handicap devient une chance. Nous avons un candidat légitime (contrairement aux Verts), un mouvement qui parle d’une seule voix (contrairement au PS) et des militants qui, forts de leur liberté, sont plus motivés que jamais et n’ont rien à perdre (ce qui n’est pas le cas à l’UMP).
Depuis l’instauration du quinquennat, l’élection législative est devenue une réplique de l’élection présidentielle. Le Président élu peut compter sur une majorité que les français lui donnent à coup sûr. Pourquoi en serait-il autrement pour François Bayrou ? Il est assez curieux de constater qu’en 1981, la même question était posée à François Mitterrand par les observateurs qui doutaient de sa capacité à gouverner par la suite. Il répondait, faussement surpris et avec la hauteur qu’on lui connaît : « vous pensez les français assez inconstants pour m’élire sur un programme et ne pas me donner la majorité dont j’ai besoin pour le mettre en application ? ».
François Bayrou aura une majorité présidentielle pour gouverner. Pas une majorité MoDem, pas une majorité centriste mais une majorité centrale dont émanera un gouvernement d’Union Nationale.
Il est bien évident que l’élection de François Bayrou ne se traduira pas par le débarquement de 300 « députés oranges » au palais Bourbon. Ce n’est ni réaliste, ni notre objectif. Nous ne voulons pas distribuer des postes mais être le point de rassemblement de celles et ceux qui veulent construire un nouveau modèle de société pour sortir notre pays de l’impasse, qu’ils viennent du centre, de la droite ou de la gauche. Une telle majorité sera impossible avec François Hollande ou Nicolas Sarkozy, l’un et l’autre allant continuer d’opposer la moitié des français à l’autre moitié.
Pour imaginer la majorité sur laquelle François Bayrou va s’appuyer, il faut bien avoir à l’esprit que son élection à la Présidence de la République se traduira par l’implosion de l’échiquier politique et par une recomposition propice au rassemblement central. Nombre de responsables politiques aujourd’hui prisonniers du système PS ou UMP se rassembleront derrière notre projet d’Union Nationale dès le soir du 2d tour, après avoir loyalement défendu leur candidat premier. Ils viendront nourrir les rangs de cette majorité présidentielle en s’ajoutant aux soutiens historiques.
Le peuple a le pouvoir d’imposer, contre des partis et les intérêts individuels, une large majorité, représentative des français et assez légitime pour prendre les difficiles décisions qui s’imposent. Elle sera diverse et réunira autour d’un programme clair toutes celles et ceux qui le souhaitent, sans promesses et autres tripatouillages. Certes, elle est aujourd’hui invisible et silencieuse, recouverte par une solide chape de plomb. Mais elle existe belle et bien, de Vincent Peillon à Alain Juppé, pour ne citer qu’eux…
Evidemment, les appareils politiques classiques, aux mains d’esprits manichéens tenant du bipartisme, vont se défendre et tout faire pour que cette recomposition n’arrive pas. Il suffit de voir comment le PS multipliait les clins d’œil un temps et comment l’UMP ne cesse de courtiser de François Bayrou… Nous n’avons rien demandé, frappé à aucune porte. François Bayrou doit poursuivre son chemin sans céder au chant des sirènes et en continuant de demeurer le seul point de rassemblement pour reconstruire la France. Et c’est à ce prix, et à ce prix seulement, que la politique changera vraiment dans notre pays.
Bayrou 2012 : pas question de se reposer sur nos lauriers !
11 jan
Nous autres, qui soutenons François Bayrou depuis toujours, faisons vivre le Mouvement Démocrate au quotidien (non sans difficulté) et sommes persuadés de sa victoire en 2012, nous subissions encore récemment nombre de railleries. C’est un peu moins vrai ces dernières semaines compte tenu de la forte progression de François Bayrou dans toutes les enquêtes d’opinions. C’est agréable certes mais pas question de se reposer sur nos lauriers !
Nous devons redoubler d’efforts pour expliquer plus précisément encore pourquoi nous soutenons François Bayrou grâce à des arguments concrets, en faisant appel à la raison plus qu’à l’émotion.
Soutenir François Bayrou, c’est choisir un candidat qui affirme que, malgré la complexité du monde, les origines multiples de la crise et les avis contradictoires sur les solutions, il existe un chemin pour s’en sortir. Nous attendons du Président de la République qu’il ouvre la voie et non qu’il intervienne en lieu et place du gouvernement au détriment de l’esprit des institutions de la 5eme République pensées par le général de Gaulle.
Soutenir François Bayrou, c’est renvoyer dos à dos les partis politiques traditionnels qui co-gèrent la France et doivent collectivement assumer l’impasse dans laquelle ils nous ont conduit. Reste une question majeure : avec quelle majorité gouvernera-t-il ? Nous ne devons pas balayer cette question d’un revers de main mais au contraire prendre le temps d’y répondre précisément.
Seule l’Union Nationale, faisant appel aux socialistes modernes et aux progressistes de droite peut produire un nouveau modèle de société fondé sur l’Homme. Si François Bayrou est élu Président de la République, il obtiendra cette large assise car l’électeur sait faire preuve de cohérence en donnant au Président élu la majorité dont il a besoin pour gouverner la France. Cette équipe, ni de gauche, ni de droite, sera composée d’hommes et de femmes nouveaux, capables de reconstruire notre pays et de renouveler la pratique politique mais aussi d’hommes et de femmes expérimentés venus des deux grandes familles politiques traditionnelles.
Soutenir François Bayrou, c’est faire le choix de la vérité et de la transparence. Jamais les démocrates n’ont été englués dans les affaires à l’image du PS et de l’UMP. La Politique doit être débarrassée des intérêts individuels et financiers pour retrouver le chemin de l’exemplarité.
Soutenir François Bayrou, c’est préférer l’original à la copie. Ces dernières années, et plus encore ces dernières semaines, les leaders en manque d’idées et de vision pour notre pays n’ont eu de cesse de piller les idées de notre courant de pensée. François Bayrou a été le premier à dénoncer l’endettement de la France et à annoncer la crise économique. Récemment, sa proposition de label « Fabriqué en France » a été copiée, mais non égalée, par presque tous les candidats.
L’électeur n’est pas un mouton de panurge. Il accepte, bon gré mal gré, d’être sondé matin midi et soir, mais il garde, in fine, son pouvoir plein et entier : celui de placer à la tête de notre pays l’homme ou la femme qu’il juge le plus à même de relever les défis de demain.
A Bordeaux, homophobie et récupération politique font bon ménage
14 déc
ACTE 1
Johnny Halliday s’est illustré ces derniers jours en déclarant dans un entretien télévisé : « Alain Delon c’est un vrai mec de toute façon. Je pense pas être un pédé moi non plus hein, bon. »
On savait que Johnny ne tutoyait pas les sommets de l’intelligence et de la finesse, ni même les piémonts, mais il vient de franchir un nouveau cap en tenant ouvertement des propos homophobes. S’en est-t-il seulement rendu compte ? Rien n’est moins sûr mais cela ne doit en aucun cas être une excuse.
Les propos de Johnny sont scandaleux et je veux les dénoncer publiquement. Ils entretiennent, d’une manière tout à fait pernicieuse, l’idée que les homosexuels seraient des sous-hommes et que seuls les hétérosexuels pourraient revendiquer les attributs de la virilité. Ce sont de tels clichés, blessants et irresponsables, qui nourrissent le mal être des jeunes homosexuels dont le taux de suicide est aujourd’hui 12 fois supérieur à la moyenne nationale…
ACTE 2
Hier, Matthieu Rouveyre, élu PS de Bordeaux et ancien Président de la Gay Pride, a écrit à Alain Juppé pour lui demander de remettre en cause la mise à disposition du stade Chaban-Delmas en juillet 2012 pour l’organisation d’un concert de Johnny Halliday. Décodeur : c’est précisément là, par un grossier mélange des genres, qu’homophobie et récupération politique se rejoignent…
Les propos de Johnny Halliday sont nauséabonds et homophobes. En toute logique, c’est la justice qui doit être saisie et condamner l’auteur sévèrement compte tenu de l’écho qu’ils ont auprès du grand public quand ils sont prononcés par un chanteur aussi populaire. Mais je suis aussi choqué par les paroles de Johnny que par la récupération politique que tente d’orchestrer Matthieu Rouveyre.
La tolérance et la lutte contre toutes les formes de discriminations ne sont pas des marches pieds que l’on utilise au gré de ses ambitions politiques. Ces sujets ne sont le monopole d’aucun parti, d’aucun n’élu, c’est ne pas servir la cause des premières victimes d’une homophobie latente que d’agir ainsi.
Car c’est bien de cela dont il s’agit. Matthieu Rouveyre est en campagne pour être suppléant de Michèle Delaunay aux élections législatives sur la 2ème circonscription et tous les moyens sont bons, toutes le récupérations sont les bienvenues, pour attaquer le Maire de Bordeaux et son équipe.
Est-ce au Conseil Municipal de décider qu’il faut priver les bordelaises et les bordelais du dernier concert du chanteur français le plus connu dans le monde ? Non, je pense que cela relève de la liberté individuelle. Et pour ma part, je n’irai pas.







