Une volonté politique pour lutter contre le mal logement

Ambiance très officielle hier dans le quartier Saint-Michel. Ce n’est pas tous les jours qu’un Ministre se balade dans notre quartier et c’est encore plus rare qu’il y soit bien accueilli.

Et puisque nous sommes dans les exceptions, une fois n’est pas coutume, je vais complimenter sans réserve la volonté politique dudit Ministre, Benoist APPARU, Secrétaire d’Etat au logement et à l’urbanisme.

Dans un registre léger d’abord. Benoist APPARU est un jeune élu qui vit avec son temps, fait de la politique avec sensibilité, professionnalisme et en déployant une énergie palpable dans chacune de ses interventions. Il n’hésite pas à tomber la cravate, fumer sa clope à chaque pose, sait ne pas se prendre au sérieux et porte une attention toute particulière aux gens qu’ils rencontrent. Un type qui respire la sympathie et inspire le respect.

Présent à Bordeaux dans le cadre de la Journée nationale de lutte contre l’habitat indigne il a signé un protocole d’accord faisant de Bordeaux l’une des villes pilotes du programme national de Requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD).

Le PNRQAD (qui a bien pu inventer ce nom ?) est un cadre novateur pour développer un nouveau mode d’intervention et de gouvernance sur le centre ancien. La ville de Bordeaux souhaite, au travers de ce programme, mettre les habitants au cœur du projet et des réflexions sur l’évolution de leur quartier. Des aides spécifique directes, dont le montant s’élève à 19 milliard d’euros, vont permettre en effet de développer des programmes portant sur la qualité de l’habitat, la sobriété énergétique sans oublier les dimensions économique, associative et culturelle.

Nous avons par exemple visité le 47 rue Carpenteyre, aujourd’hui en piteux état, qui sera prochainement réhabilité permettant la création de 40 logements (dont 30% de sociaux). Immeuble dont une partie du rez-de-chaussée est occupé par le théâtre L’œil – La Lucarne qui pourra ainsi bénéficier de cette réhabilitation.

Le projet bordelais, qui concerne particulièrement le quartier Saint-Michel, a pour objectifs de :
- redonner au cœur de ville une place centrale au sein de l’agglomération en termes d’accueil de population et d’activités économiques
- maintenir la diversité fonctionnelle et sociale et offrir aux habitants un quartier adapté à leurs besoins et leurs ressources
- mettre en valeur un patrimoine exceptionnel tout en permettant son adaptation aux enjeux énergétiques et aux modes d’habiter contemporains

900 logements seront ainsi construits ou réhabilités. Soit 450 logements privés, 145 chambres dans des pensions de famille et 300 logements sociaux publics. Le tout en 5 ans si tout se passe bien.

Un point qui me tient particulièrement à cœur et qui est aussi l’un des objectifs du Programme :  faciliter la location des pieds d’immeuble pour de nouveaux commerces de proximité.

Tout ceci ne pourra se mettre en place sans une participation des habitants et une forte prise en compte du facteur humain. Nous pourrons pour cela nous appuyer sur une expérience reconnue de tous ayant permis à une importante partie du centre historique de renouer avec l’attractivité.

Maintenant, étape suivante !

En direct de la CUB : Saint-Genès/Nansouty aura sa ligne de bus !

carte bus saint genesCe matin en Conseil de CUB, la nouvelle carte du réseau de bus 2010 sera adoptée. Suite à mon intervention (lire mon billet sur ce sujet), notre quartier ne sera pas « oublié » comme cela était le cas dans la première version du réseau.

La ligne 26 ne contournera pas le quartier « Saint-Genès/Nansouty » par les boulevards dans le sens Bègles -> Bordeaux. Elle irriguera bien la place Simiot, la Maison Internationale, l’institut Bergonié, le lycée Saint-Genès, la maison de retraite Villa Pia, le lycée Magendie…

Une bonne nouvelle pour l’amélioration durable de notre cadre de vie.

Ville et territoire

Notre société est de plus en plus segmentée. Pour résoudre un problème personnel, nous devons souvent faire appel à plusieurs personnes, plusieurs administrations, plusieurs services…

Trouver et appliquer des solutions globales en matière de développement durable relève du même exercice. Nous vivons dans un monde multipolaire dans lequel seule la coopération nous permettra de bâtir un modèle de société durable.

L’unité de référence de cette coopération doit être le territoire réel. Pas le territoire administratif ou juridique mais bel et bien le territoire naturel, le bassin de vie. Nous devons passer d’une logique institutionnelle à une logique de territoire ou l’homme retrouvera toute sa place, ou nous n’opposerons pas l’être humain et son environnement naturel.

Cette nécessaire coopération devra repenser l’intérêt collectif en limitant le cloisonnement et en garantissant malgré tout l’individualité de chacun. Pas question de retomber dans les travers des logiques collectivistes. Pour cela, les pouvoirs publics doivent différencier le « besoin » de la « demande » des usagés. La somme des demandes individuelles n’est pas égale à l’intérêt général.

Cet exposé, très théorique j’en conviens, peut malgré tout faire l’objet d’une application simple et directe sur notre manière de penser la ville.

La ville de demain sera polycentrique afin de militer les déplacements et faire naître les solidarités. Une manière de « recréer » nos quartiers d’antan sans les opposer au progrès technique et sans rechercher l’ « éternel hier ».

Le ville de demain aura une forte mixité fonctionnelle afin de ne pas cloisonner les activités. A titre d’exemple, de plus en plus d’entreprises « découpent » leur grand ensemble de bureaux en plus petit bassins d’emplois, répartis sur le territoire, favorisant ainsi la motivation de leurs salariés (qui ne passent plus 1h dans les transports en commun) et un développement territoriale équitable. Les nouvelles technologies, la vidéo-conférence par exemple, résolvent naturellement les problèmes techniques liés à un tel étalement.

La ville sera aimable et sensuelle, grâce à la contribution des artistes urbains. Nous avons trop souvent tendance à favoriser « l’ingénieurerie » par rapport à l’esprit dans la construction de nos projets.

Nous ne devons pas pour autant être dogmatique et croire qu’un cahier des charges parfait existe pour nos « éco-villes » ou nos « éco-quartiers ». La encore, le territoire doit être notre référence. Les territoires sont différents, les projets doivent l’être tout autant afin de s’intégrer durablement.

Pour que ce mieux vivre-ensemble urbain prenne tout son sens, une très forte volonté politique semble nécessaire.

Saint-Genès/Nansouty : les oubliés du futur réseau de bus ?

En février prochain, un nouveau réseau de bus sera en vigueur dans notre agglomération à l’initiative de la société KEOLIS, toute nouvelle gestionnaire du réseau TBC. Les élus communautaires devront approuver les nouveaux tracés le 27 novembre prochain.

Lors d’un billet précédant, je vantais l’écoute de la société KEOLIS et le gain potentiel de notre quartier en qualité de desserte. Une concertation a été réalisée (et bien menée) par les services de la CUB.

Malgré ce début prometteur, je constate à ce jour que la seule demande des élus et de la population pour mon quartier n’a pas été prise en compte pour le moment.

Aucune desserte du quartier « Nansouty / Saint-Genès » interne aux boulevards contrairement aux autres quartiers.

carte bus saint genes

Le plan de circulation dans notre quartier se voit amputé de la ligne 10 (desserte du quartier Saint-Genès) et ne bénéficie plus que des grandes pénétrantes que sont : le tramway Cours de l’Argonne et les lianes sur le Cours de l’Argonne, le Cours de la Somme et les Boulevards.

Il convient d’assurer une desserte du quartier Nansouty / Saint-Genès de part son caractère résidentiel et de part l’existence de 4 établissements d’enseignement (Lycée Magendie, ensemble scolaire Saint-Genès, Albert Legrand et le collège Alain Fournier) qui drainent chaque jour plusieurs milliers d’élèves. Il convient d’ajouter à cela la maison de retraite Villa Pia et l’Institut Bergonié.

Ce problème a été soulevé par des riverains lors de la concertation menée par Kéolis et lors du dernier Conseil de Quartier (13 octobre 2009)

Au vu du nombre de rues à sens unique, un parcours dissocié semble inévitable. Je souhaite que la Communauté Urbaine détourne la ligne 26 ou ajoute une ligne type « Citeis ».

Alain JUPPE a relayé la demande directement auprès du président de la CUB, Vincent FELTESSE. Je reste convaincu qu’une solution sera trouvée pour répondre aux attentes légitimes de la population et ne pas priver un quartier du service public des transports.