SUD OUEST 06/07/2010 – Un abus de pouvoir
6 juil
Lors du dernier conseil municipal, il y a une semaine, Alain Juppé s’est montré limpide quant à la future rénovation de la route de Toulouse : « La CUB n’a pas changé son projet. J’en ai discuté avec Vincent Feltesse, ce n’est pas parce que deux vice-présidents correspondent avec un conseiller général à des fins évidemment politiques qu’on modifie un projet : la CUB ne se prête pas à ce genre de manipulations. »
Cette mise au point tombe après plusieurs semaines de flottement autour de ce projet de requalification porté par les maires-adjoints Alain Moga et Fabien Robert. Rappelons que la route de Toulouse est l’un des principaux axes d’entrée, par le sud, de Bordeaux, qu’elle est vieillotte et très engorgée : cette remise à neuf prévoit notamment une bande cyclable d’un mètre de large sur le trottoir, dans le sens Villenave-Bordeaux. Mais plusieurs associations, comme Vélo Cité, Caudérès ou Droits du piéton jugent insuffisante la place accordée par ce projet aux déplacements doux : ils réclament la création, tout le long de la route, d’un couloir réservé aux bus et aux cyclistes, comme sur le cours Victor-Hugo.
Fin mai, ces associations ont reçu le soutien du président du groupe PS au conseil municipal Jacques Respaud. Lequel a annoncé que le projet serait remanié, sur la base d’une lettre écrite par Gérard Chausset et Clément Rossignol, vice-présidents de la CUB chargés, le premier, des transports de demain et le second des déplacements doux. Colère de Fabien Robert et d’Alain Moga, qui tiennent à démentir tout report du projet, tout en regrettant un certain flou au sein de l’exécutif de la CUB.
Quant aux assos…
S’ils sont remontés contre certains de leurs collègues de la CUB, Alain Moga et Fabien Robert comprennent en revanche que les associations aient souhaité infléchir le projet.
« Les associations sont dans leur rôle, c’est légitime. Dans une démocratie, il y a pouvoirs et contrepouvoirs… c’est normal. En revanche, ce qui n’est pas normal, c’est la récupération politique du travail de ces associations. » Trois associations ont manifesté des réserves sur ce projet : Vélo-Cité, Caudérès (association de riverains) et Droits du piéton.
« Sud Ouest ». Le projet de requalification de la route de Toulouse sera-t-il, comme prévu, examiné en juillet ? Pourtant Jacques Respaud, a récemment annoncé haut et fort le report du projet…
Jacques Respaud ment. Il ment quand il dit que le projet est reporté, il ment quand il dit qu’une nouvelle concertation va être lancée en septembre.
Il cite une lettre que lui ont adressée fin mai Gérard Chausset et Clément Rossignol en leur qualité de vice-présidents de la CUB, selon laquelle le projet, « insuffisant », va être « retravaillé »…
Il ya, de la part de ces deux vice-présidents qui ne sont pas des élus bordelais, un abus de pouvoir ! Dans cette histoire, Gérard Chausset et Clément Rossignol ont fait passer leurs amitiés politiques avant la réalité démocratique. Ils se comportent comme des adjoints, sans en avoir la légitimité puisque l’exécutif de la CUB n’est pas désigné au suffrage universel direct. Dans l’état actuel du mode de scrutin, les vice-présidents doivent rester des cogestionnaires, qui appliquent le contrat de cogestion. Ce qui est encore plus inouï, c’est qu’Alain Juppé n’a même pas été destinataire de cette lettre envoyée par deux vice-présidents aux associations et à Jacques Respaud… alors que ces travaux auront lieu dans la commune dont il est maire !
Pensez-vous que le président de la CUB, Vincent Feltesse (PS), sera sur votre longueur d’ondes ?
Oui, il se comportera de manière correcte. Nous ne pensons pas qu’il cautionne cette initiative de deux vice-présidents. Il faut dire qu’on se demande comment ils vont voter vendredi, quand sera présenté ce projet qu’ils critiquent dans leur courrier…
au conseil, le 9
La CUB a confirmé jeudi que le projet de requalification de la route de Toulouse figurera bien à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, vendredi, le 9 juillet. Pas de report donc : il sera examiné dans le cadre des « contrats de codéveloppement » qui balaient les opérations que mène la CUB sur le territoire des communes en voirie, en assainissement…
En revanche, la réalisation de ce projet est mise « en attente » (c’est spécifié) du bouclage du Sdodm, Schéma directeur des déplacements métropolitains qui doit être adopté d’ici la fin de l’année.
Une volonté politique pour lutter contre le mal logement
18 juin
Ambiance très officielle hier dans le quartier Saint-Michel. Ce n’est pas tous les jours qu’un Ministre se balade dans notre quartier et c’est encore plus rare qu’il y soit bien accueilli.
Et puisque nous sommes dans les exceptions, une fois n’est pas coutume, je vais complimenter sans réserve la volonté politique dudit Ministre, Benoist APPARU, Secrétaire d’Etat au logement et à l’urbanisme.
Dans un registre léger d’abord. Benoist APPARU est un jeune élu qui vit avec son temps, fait de la politique avec sensibilité, professionnalisme et en déployant une énergie palpable dans chacune de ses interventions. Il n’hésite pas à tomber la cravate, fumer sa clope à chaque pose, sait ne pas se prendre au sérieux et porte une attention toute particulière aux gens qu’ils rencontrent. Un type qui respire la sympathie et inspire le respect.
Présent à Bordeaux dans le cadre de la Journée nationale de lutte contre l’habitat indigne il a signé un protocole d’accord faisant de Bordeaux l’une des villes pilotes du programme national de Requalification des quartiers anciens dégradés (PNRQAD).
Le PNRQAD (qui a bien pu inventer ce nom ?) est un cadre novateur pour développer un nouveau mode d’intervention et de gouvernance sur le centre ancien. La ville de Bordeaux souhaite, au travers de ce programme, mettre les habitants au cœur du projet et des réflexions sur l’évolution de leur quartier. Des aides spécifique directes, dont le montant s’élève à 19 milliard d’euros, vont permettre en effet de développer des programmes portant sur la qualité de l’habitat, la sobriété énergétique sans oublier les dimensions économique, associative et culturelle.
Nous avons par exemple visité le 47 rue Carpenteyre, aujourd’hui en piteux état, qui sera prochainement réhabilité permettant la création de 40 logements (dont 30% de sociaux). Immeuble dont une partie du rez-de-chaussée est occupé par le théâtre L’œil – La Lucarne qui pourra ainsi bénéficier de cette réhabilitation.
Le projet bordelais, qui concerne particulièrement le quartier Saint-Michel, a pour objectifs de :
- redonner au cœur de ville une place centrale au sein de l’agglomération en termes d’accueil de population et d’activités économiques
- maintenir la diversité fonctionnelle et sociale et offrir aux habitants un quartier adapté à leurs besoins et leurs ressources
- mettre en valeur un patrimoine exceptionnel tout en permettant son adaptation aux enjeux énergétiques et aux modes d’habiter contemporains
900 logements seront ainsi construits ou réhabilités. Soit 450 logements privés, 145 chambres dans des pensions de famille et 300 logements sociaux publics. Le tout en 5 ans si tout se passe bien.
Un point qui me tient particulièrement à cœur et qui est aussi l’un des objectifs du Programme : faciliter la location des pieds d’immeuble pour de nouveaux commerces de proximité.
Tout ceci ne pourra se mettre en place sans une participation des habitants et une forte prise en compte du facteur humain. Nous pourrons pour cela nous appuyer sur une expérience reconnue de tous ayant permis à une importante partie du centre historique de renouer avec l’attractivité.
Maintenant, étape suivante !
En direct de la CUB : Saint-Genès/Nansouty aura sa ligne de bus !
27 nov
Ce matin en Conseil de CUB, la nouvelle carte du réseau de bus 2010 sera adoptée. Suite à mon intervention (lire mon billet sur ce sujet), notre quartier ne sera pas « oublié » comme cela était le cas dans la première version du réseau.
La ligne 26 ne contournera pas le quartier « Saint-Genès/Nansouty » par les boulevards dans le sens Bègles -> Bordeaux. Elle irriguera bien la place Simiot, la Maison Internationale, l’institut Bergonié, le lycée Saint-Genès, la maison de retraite Villa Pia, le lycée Magendie…
Une bonne nouvelle pour l’amélioration durable de notre cadre de vie.
Ville et territoire
25 oct
Notre société est de plus en plus segmentée. Pour résoudre un problème personnel, nous devons souvent faire appel à plusieurs personnes, plusieurs administrations, plusieurs services…
Trouver et appliquer des solutions globales en matière de développement durable relève du même exercice. Nous vivons dans un monde multipolaire dans lequel seule la coopération nous permettra de bâtir un modèle de société durable.
L’unité de référence de cette coopération doit être le territoire réel. Pas le territoire administratif ou juridique mais bel et bien le territoire naturel, le bassin de vie. Nous devons passer d’une logique institutionnelle à une logique de territoire ou l’homme retrouvera toute sa place, ou nous n’opposerons pas l’être humain et son environnement naturel.
Cette nécessaire coopération devra repenser l’intérêt collectif en limitant le cloisonnement et en garantissant malgré tout l’individualité de chacun. Pas question de retomber dans les travers des logiques collectivistes. Pour cela, les pouvoirs publics doivent différencier le « besoin » de la « demande » des usagés. La somme des demandes individuelles n’est pas égale à l’intérêt général.
Cet exposé, très théorique j’en conviens, peut malgré tout faire l’objet d’une application simple et directe sur notre manière de penser la ville.
La ville de demain sera polycentrique afin de militer les déplacements et faire naître les solidarités. Une manière de « recréer » nos quartiers d’antan sans les opposer au progrès technique et sans rechercher l’ « éternel hier ».
Le ville de demain aura une forte mixité fonctionnelle afin de ne pas cloisonner les activités. A titre d’exemple, de plus en plus d’entreprises « découpent » leur grand ensemble de bureaux en plus petit bassins d’emplois, répartis sur le territoire, favorisant ainsi la motivation de leurs salariés (qui ne passent plus 1h dans les transports en commun) et un développement territoriale équitable. Les nouvelles technologies, la vidéo-conférence par exemple, résolvent naturellement les problèmes techniques liés à un tel étalement.
La ville sera aimable et sensuelle, grâce à la contribution des artistes urbains. Nous avons trop souvent tendance à favoriser « l’ingénieurerie » par rapport à l’esprit dans la construction de nos projets.
Nous ne devons pas pour autant être dogmatique et croire qu’un cahier des charges parfait existe pour nos « éco-villes » ou nos « éco-quartiers ». La encore, le territoire doit être notre référence. Les territoires sont différents, les projets doivent l’être tout autant afin de s’intégrer durablement.
Pour que ce mieux vivre-ensemble urbain prenne tout son sens, une très forte volonté politique semble nécessaire.

