L’Aréna, grande salle de spectacle, a-t-elle du plomb dans l’aile ?

Intervention lors du Conseil Municipal du 26 septembre 2011

Monsieur le Maire, mes chers collègues,

Pour compléter ce qui vient d’être dit dans le cadre du débat sur le projet métropolitain de la Communauté Urbaine, j’aimerais évoquer un projet précis : l’Aréna, la future grande salle de spectacle de notre agglomération et de notre région.

Ce projet, voté en juillet 2008, tient une place importante dans le projet métropolitain puisqu’il appartient à « l’arc tertiaire et éco créatif » qui traverse notre agglomération ainsi qu’à « l’arc de développement durable » qui traverse Bordeaux. C’est une composante majeure pour notre ville qui aspire au rang de métropole européenne.

Pourtant aujourd’hui, quelques inquiétudes se font jour concernant l’avancement de ce projet, voté il y a maintenant plus de 3 ans. Le début des travaux était annoncé mi 2011 comme en témoigne, page 30, le document support de nos débats d’aujourd’hui. Le permis de construire a d’ailleurs était délivré par la commune de Floirac le 28 décembre 2009 et arrive donc à expiration dans 3 mois.

Je vois au moins trois motifs d’inquiétude.

Tout d’abord les propos du Président de la Communauté Urbaine Vincent Feltesse qui reconnaissait dans la presse le 16 septembre dernier que le projet « commençait à trainer ». Je note que les mots sont choisis et modérés, je suis pour ma part un peu plus inquiet.

En effet, second motif, et c’est probablement le plus important : le montage économique de l’Aréna (qui je le rappelle est un projet privé, financé par 30 000 m² de surfaces commerciales) a été pensé avant la crise économique. Pas celle de la dette, la première, la vraie, celle des subprimes en 2008. Aujourd’hui, tout indique que la grande distribution modère et parfois limite son développement. Et pour cause, puisque pour la première fois de son histoire, elle enregistre des baisses d’activité en volumes. «Du jamais-vu», selon Serge Papin, le patron du groupement Système U ».

C’est ce qui explique qu’aujourd’hui, faute d’avoir vendu les espaces réservés aux commerces, que le promoteur n’ait toujours pas lancé la construction.

Aux vues de la conjoncture économique d’une part et de la probable modification de nos habitudes de consommation d’autre part, il existe de vraies raisons pour s’interroger sur la capacité qu’aura le porteur à réunir les fonds nécessaires à la construction de notre future salle de spectacle.

Enfin, dernier motif d’inquiétude, toujours les propos du Président Feltesse qui nous dit « réfléchir à des solutions alternatives »… Lesquelles ? Pour ma part, je n’en vois qu’une, qui pourrait impacter d’une manière non négligeable les finances de la Communauté Urbaine…

Pour conclure, je vous dirai que je ne souhaite ni être un oiseau de mauvais augure, ni retourner le couteau dans la plaie. En 2008, lors du vote de ce projet, le Conseil de la Communauté Urbaine était largement divisé, nous n’étions pas tous d’accord, notamment au vu du caractère privé du projet Aréna, pour autant un choix a été opéré et il convient aujourd’hui de concentrer nos énergies pour que cet équipement voit le jour.

Le débat sur le projet métropolitain est une démarche de réflexion collective afin de produire un discours stratégique et une ambition commune pour notre agglomération en 2030. Cela doit être aussi l’occasion de faire le point sur les projets en cours au rang desquels l’Aréna devrait particulièrement nous préoccuper.

SUD OUEST 10/03/2011 – Le citoyen cherche sa place dans le débat

338012_15948848_460x306Elle est nécessaire, selon l’universitaire Loïc Blondiaux, invité hier soir à la CUB. Efficace ? Oui et non.

Dîtes démocratie participative et les élus politiques, de droite comme de gauche, sortent leur artillerie. Conseils de quartier, concertation sur les projets de leur ville, grands débats publics pour les aménagements structurants d’un territoire, etc. L’avis du citoyen ne serait plus gadget, mais juste indispensable.

Le conseil de développement durable de la communauté urbaine de Bordeaux, le C2D, présidée par la philosophe Fabienne Brugère, fait partie de ces outils de la concertation. Issues de milieux économiques, associatifs, culturels ou simples citoyens, 160 personnes y cogitent depuis deux ans et demi sur les projets et la vie quotidienne de l’agglomération. À l’automne, le mandat de ces représentants s’achève.

Paradoxes de la participation
L’heure avant l’heure de faire le bilan sur l’intérêt ou non de faire participer le citoyen lambda à la vie de la cité. L’universitaire Loïc Blondiaux était l’invité de l’assemblée hier. Il planche sur la question de la démocratie participative depuis douze ans. Sa première expérience avec Bordeaux remonte à quelques semaines. Il s’est porté « garant » de la concertation menée sur le projet du franchissement de la Garonne Jean-Jacques Bosc. « Une concertation qui a bien fonctionné », selon ses mots.

Encore des « mâles blancs »
À la démocratie participative, Loïc Blondiaux y croit. D’abord parce qu’elle est devenue « un impératif face à une démocratie représentative en danger ». La confiance a été rompue avec nos élus politiques qui auraient besoin de nous, M. et Mme tout le monde, pour légitimer leur action. L’élection ne donne plus un blanc-seing pour faire tout ce que bon leur semble.

Paradoxe : la concertation existe grâce à ces mêmes élus politiques ayant mis en place ces structures et qui au final décident. Que vaut alors la parole du citoyen face à l’élu qui, pour légitimer son action n’hésite pas à recourir aujourd’hui, aux experts les plus calés sur la question ?

Plusieurs textes existent pour encadrer le droit à la démocratie participative. Force est de constater que les tribunaux le reconnaissent encore peu. Et puis, qui participe ? « Des vieux mâles blancs », ironise-t-il. Comme ces retraités, nombreux, documentés, mettant en cause l’expertise des techniciens de la CUB, par exemple, lors de la concertation sur le projet de la ligne D du tramway.

La concertation peut creuser, selon l’universitaire, des inégalités. « Tout le monde n’ose pas prendre la parole en public, témoigne une habitante membre du C2D. Tous ces documents font peur et peuvent faire renoncer à la participation. Nous avons besoin, peut-être d’une formation. »

Question aussi d’un élu, Fabien Robert (Modem) de Bordeaux, parmi la quinzaine présente hier soir. « C’est quoi la différence entre la démocratie participative et la démocratie d’opinion ? » La première « favorise la production d’un jugement public collectif à partir d’un débat. Dans la seconde, il n’y a pas de débat », répond Loïc Blondiaux.

Le démocrate optimiste
« La concertation suppose l’honnêteté, relève Denis Teisserre, représentant de l’association Trans’Cub. Que faire face à l’autisme d’une collectivité, malgré l’appui d’une expertise des citoyens ? » Et de demander en préambule l’efficacité du C2D dont il attend les résultats après deux ans et demi de travaux.

« Il y a trois formes de démocratie nécessaires : la démocratie représentative, la démocratie participative qui permet une mise en tension, puis une démocratie de contestation, à l’écart des autres dispositifs qui rend possible une autre participation. » À une condition selon lui : de ne pas torpiller le débat public.

Aussi croit-il à de nouvelles formes d’engagement citoyen, comme sur les questions environnementales, sur lesquelles des citoyens saisissent le politique avant d’être consultés. L’ère de la post-démocratie ? « En allant voir ce que les citoyens savent, les élus politiques sont obligés de justifier leurs actions. Il y a un changement dans le mode de fabrication des décisions. »

Laurie Bosdecher

Dernière actualité du Centre Culturel et Touristique du Vin : ça avance bien !

Concours architecture et scénographie : les 5 équipes en lice.

Après plusieurs heures de délibération, les 18 membres du jury, répartis en 3 collèges Elus / Personnalités / Professionnels qualifiés, viennent de sélectionner les cinq équipes qui vont concourir. Il s’agit de :

> XTU/Paris(Architecte) CASSON MANN LIMITED / Londres (Scénographe/Muséographe), SCENE / Paris (scénographe)
> Architecte : ATELIER BARANI / Nice, Scénographie/muséographie : SCENO/Nice, DUCKS SCENO/ Vaulx en Velin, OLFACTIF EXHALIA / St Malo
> Architecte : Jacques FERRIER ARCHITECTURES / Paris, ATELIER GIET ARCHITECTURE / Bordeaux, AGENCE TER / Paris
Scénographie/muséographie : RALPH APPELBAUM ASSOCIATES / New York-Paris-Londres
> Architecte : TOYO ITO & ASSOCIATES / Tokyo, EXTRA MUROS /Paris
Scénographie/muséographie : TOYO ITO & ASSOCIATES, LABEYRIE /Paris, Atelier JES /Olfactif
> Architecte : BROCHET LAJUS PUEYO / Bordeaux
Scénographie/muséographie : Agence NC / Paris, ATELIER JES /Montreuil

Le jury les a choisis parmi 113 dossiers, dont de nombreux reçus du monde entier ; arrivés de Bordeaux et de la France entière ainsi que d’Amsterdam, Milan, Munich, New York ou Tokyo, plus d’un quart des équipes candidates provenait d’Europe (hors France), des Etats-Unis, ou d’Asie.
La complexité du projet nécessitait pour chaque dossier de réunir des compétences architecturales et scénographiques de très haut niveau, à la fois dans les domaines techniques (ingénierie bâtiment, qualité environnementale, acoustique, sécurité, gestion des flux, ingénierie restauration…) et artistiques (mise en lumière, signalétique, design sonore, intégration multimédia…). Une lettre de motivation et les références architecturales et scénographiques complétaient les dossiers.

Rendez-vous en juin 2011
Dès maintenant, le travail des 5 équipes commence. Elles auront près de 4 mois jusqu’à fin avril 2011 pour faire une proposition comprenant une maquette en volume de l’ensemble du projet, une maquette numérique, des plans détaillés et 6 planches comprenant des élévations des différentes façades, des vues d’ambiance et des détails scénographiques.
Le projet retenu sera connu en juin 2011.

Les grands chiffres du projet
- 46 millions d’euros HT : le coût de réalisation (comprenant les travaux de bâtiments, aménagements et équipements scénographiques)
- 10 000 m² : la surface utile de l’équipement
- 400 000 : le nombre de visiteurs attendus chaque année
- fin 2014 : ouverture des portes au public
- 40 M€ : les retombées économiques de l’équipement pour en Aquitaine, par an, en vitesse de croisière.
- 750 : le nombre d’emplois durables générés sur l’ensemble de l’Aquitaine en vitesse de croisière.

http://www.centreculturelduvin.com/

SUD OUEST 06/07/2010 – Un abus de pouvoir

20080312_s.lartigue_PL2I8255Lors du dernier conseil municipal, il y a une semaine, Alain Juppé s’est montré limpide quant à la future rénovation de la route de Toulouse : « La CUB n’a pas changé son projet. J’en ai discuté avec Vincent Feltesse, ce n’est pas parce que deux vice-présidents correspondent avec un conseiller général à des fins évidemment politiques qu’on modifie un projet : la CUB ne se prête pas à ce genre de manipulations. »

Cette mise au point tombe après plusieurs semaines de flottement autour de ce projet de requalification porté par les maires-adjoints Alain Moga et Fabien Robert. Rappelons que la route de Toulouse est l’un des principaux axes d’entrée, par le sud, de Bordeaux, qu’elle est vieillotte et très engorgée : cette remise à neuf prévoit notamment une bande cyclable d’un mètre de large sur le trottoir, dans le sens Villenave-Bordeaux. Mais plusieurs associations, comme Vélo Cité, Caudérès ou Droits du piéton jugent insuffisante la place accordée par ce projet aux déplacements doux : ils réclament la création, tout le long de la route, d’un couloir réservé aux bus et aux cyclistes, comme sur le cours Victor-Hugo.

Fin mai, ces associations ont reçu le soutien du président du groupe PS au conseil municipal Jacques Respaud. Lequel a annoncé que le projet serait remanié, sur la base d’une lettre écrite par Gérard Chausset et Clément Rossignol, vice-présidents de la CUB chargés, le premier, des transports de demain et le second des déplacements doux. Colère de Fabien Robert et d’Alain Moga, qui tiennent à démentir tout report du projet, tout en regrettant un certain flou au sein de l’exécutif de la CUB.

Quant aux assos…

S’ils sont remontés contre certains de leurs collègues de la CUB, Alain Moga et Fabien Robert comprennent en revanche que les associations aient souhaité infléchir le projet.

« Les associations sont dans leur rôle, c’est légitime. Dans une démocratie, il y a pouvoirs et contrepouvoirs… c’est normal. En revanche, ce qui n’est pas normal, c’est la récupération politique du travail de ces associations. » Trois associations ont manifesté des réserves sur ce projet : Vélo-Cité, Caudérès (association de riverains) et Droits du piéton.

« Sud Ouest ». Le projet de requalification de la route de Toulouse sera-t-il, comme prévu, examiné en juillet ? Pourtant Jacques Respaud, a récemment annoncé haut et fort le report du projet…
Jacques Respaud ment. Il ment quand il dit que le projet est reporté, il ment quand il dit qu’une nouvelle concertation va être lancée en septembre.

Il cite une lettre que lui ont adressée fin mai Gérard Chausset et Clément Rossignol en leur qualité de vice-présidents de la CUB, selon laquelle le projet, « insuffisant », va être « retravaillé »…
Il ya, de la part de ces deux vice-présidents qui ne sont pas des élus bordelais, un abus de pouvoir ! Dans cette histoire, Gérard Chausset et Clément Rossignol ont fait passer leurs amitiés politiques avant la réalité démocratique. Ils se comportent comme des adjoints, sans en avoir la légitimité puisque l’exécutif de la CUB n’est pas désigné au suffrage universel direct. Dans l’état actuel du mode de scrutin, les vice-présidents doivent rester des cogestionnaires, qui appliquent le contrat de cogestion. Ce qui est encore plus inouï, c’est qu’Alain Juppé n’a même pas été destinataire de cette lettre envoyée par deux vice-présidents aux associations et à Jacques Respaud… alors que ces travaux auront lieu dans la commune dont il est maire !

Pensez-vous que le président de la CUB, Vincent Feltesse (PS), sera sur votre longueur d’ondes ?
Oui, il se comportera de manière correcte. Nous ne pensons pas qu’il cautionne cette initiative de deux vice-présidents. Il faut dire qu’on se demande comment ils vont voter vendredi, quand sera présenté ce projet qu’ils critiquent dans leur courrier…

au conseil, le 9

La CUB a confirmé jeudi que le projet de requalification de la route de Toulouse figurera bien à l’ordre du jour du prochain conseil communautaire, vendredi, le 9 juillet. Pas de report donc : il sera examiné dans le cadre des « contrats de codéveloppement » qui balaient les opérations que mène la CUB sur le territoire des communes en voirie, en assainissement…

En revanche, la réalisation de ce projet est mise « en attente » (c’est spécifié) du bouclage du Sdodm, Schéma directeur des déplacements métropolitains qui doit être adopté d’ici la fin de l’année.