De l’éthique en politique…
26 oct
Voici mon intervention ce jour en Conseil Municipal de Bordeaux, expression d’un ras-le-bol face à l’utilisation du mensonge en politique.
« Monsieur le Maire, Mes chers collègues,
Pour débuter ce Conseil Municipal de la ville de Bordeaux, nous nous apprêtons à voter le procès verbal de notre précédente séance. Il s’agit d’un acte usuel. Je souhaite pourtant lui donner un ton quelque peu solennel compte tenu des vives polémiques qui sont nées lors de cette séance.
Nombre de mes collègues ont été profondément choqués par les méthodes utilisées, en direct, devant les journalistes, par une petite partie de notre opposition. Je parle plus particulièrement du débat sur la société d’économie mixte In Cité et des propos tenus par Matthieu ROUVEYRE. Et pour ne pas rester dans l’incantation, je souhaite intervenir de manière simple et factuelle. Je vous propose de vous référer comme moi au procès-verbal en question :
1) PAGE 50 DU PV :
Je cite Matthieu ROUVEYRE au sujet de la création d’un Foyer de Jeunes Travailleurs par l’association Le Levain et grâce à la société publique InCité : « InCité s’impose artificiellement dans une opération immobilière […] InCité n’est indispensable ni dans l’opération travaux ni dans le montage financier […] » Sur votre blog : « C’est parfaitement trompeur puisqu’InCité n’aura pas débloqué un centime.»
J’ai ici le tableau de financement du projet en question. Ce tableau a été validé par InCité, la ville de Bordeaux, le Conseil Régional, la CUB, l’association Le Levain et, plus parlant encore, le Conseil Général. Auquel vous appartenez. Et il démontre précisément l’inverse de ce que vous déclarez, l’inverse de ce sur quoi vous fondez toute votre argumentation. InCité investit dans ce programme 240.000 € soit plus que la Ville de Bordeaux (159.000 €), plus que la CUB (175.000 €) et autant que le Conseil Régional (245.000 €). InCité est non seulement est partie prenante au financement mais est également l’un des principaux financeurs.
Premier mensonge.
2) PAGE 51 DU PV :
Je cite toujours Matthieu ROUVEYRE sur ce même sujet : « La recherche de lieux, la recherche de financement, les pré projets d’architectes, … tout a été réalisé par l’Association et son conseil d’administration »
Là encore, l’affirmation est totalement fausse puisque c’est InCité qui s’est investie dès l’origine et en totalité sur ce projet pour établir les études de faisabilité, mener les négociations d’acquisition, la recherche de financement et le choix de l’architecte, en accord avec l’association le Levain mais sans demander de rémunération.
Il convient de rappeler qu’InCité a engagé un bras de fer avec l’Etat qui a duré plus d’un an pour l’achat du bien qui a finalement été acquis à 600.000 € alors que les services des Domaines situaient sa valeur à 1.750.000 €.
Deuxième mensonge.
3) Je me réfère enfin à un échange qui a eu lieu lors du dernier Conseil de Communauté, le 2 octobre 2009, lors du vote de la subvention de la CUB au projet EVENTO.
Je cite là encore, peu ou prou, Matthieu ROUVEYRE : « Bordeaux doit être en conformité avec le contrat de co-développement. La Mairie doit communiquer le plan de financement. Monsieur JUPPE nous dit que le budget a été débattu ce qui n’est pas vrai. Où est le budget ? »
Ce n’est pas Alain JUPPE qui vous répond mais c’est Vincent FELTESSE, Président de la CUB et surtout Président du groupe des élus socialistes auquel vous appartenez et qui vous répond sans ambiguïté :
« Matthieu le plan de financement il est là, il est dans la délibération »
Et en effet, il suffit de se rendre en page 3 de la dite délibération pour y trouver le budget en question.
C’est votre Président de groupe, Vincent FETESSE, qui dément directement votre affirmation et vos sous-entendus de malhonnêteté à l’égard de la majorité municipale bordelaise.
Troisième mensonge.
Il est aisé ensuite d’aller devant la presse pour entretenir une polémique née de telles contrevérités. Il n’est pas question ici de critiquer la Presse qui ne fait que relayer la parole d’élus sensés être honnêtes et responsables.
Pourquoi relancer la polémique aujourd’hui, lors de ce Conseil ? Pourquoi ne pas laisser faire, laisser passer, en mettant cela sur le compte de l’ignorance. Et bien tout simplement pour marquer le coup, pour marquer les esprits. Parce que nous sommes nombreux à en avoir assez de l’utilisation récurrente de telles méthodes. Assez que l’immédiateté de propos mensongers, qui nous sont jetés sans vergogne en pleine figure, en application du vieil adage : « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose ».
Loin de moi l’envie d’être polémique ou agressif. Je m’en réfère aux faits et je constate que ce sont ces méthodes qui jettent le discrédit sur tous les élus, y compris ceux qui sont moins rusés, moins enclins à l’insincérité et qui au contraire placent l’honnêteté intellectuelle au dessus de tout.
Je termine mon intervention en précisant qu’il ne s’agit ni d’un propos revanchard, ni d’un propos moralisateur. Juste l’expression d’un ras-le-bol, peut être un peu naïf certes. Mais je souhaiterais que nous prenions tous conscience de la responsabilité que nous avons lorsque nous déclarons publiquement des choses inexactes.
J’espère que nos séances futures ne seront plus marquées du sceau de l’insincérité et qu’au contraire, le débat d’idée reprendra le dessus.
Je vous remercie. »
Ville et territoire
25 oct
Notre société est de plus en plus segmentée. Pour résoudre un problème personnel, nous devons souvent faire appel à plusieurs personnes, plusieurs administrations, plusieurs services…
Trouver et appliquer des solutions globales en matière de développement durable relève du même exercice. Nous vivons dans un monde multipolaire dans lequel seule la coopération nous permettra de bâtir un modèle de société durable.
L’unité de référence de cette coopération doit être le territoire réel. Pas le territoire administratif ou juridique mais bel et bien le territoire naturel, le bassin de vie. Nous devons passer d’une logique institutionnelle à une logique de territoire ou l’homme retrouvera toute sa place, ou nous n’opposerons pas l’être humain et son environnement naturel.
Cette nécessaire coopération devra repenser l’intérêt collectif en limitant le cloisonnement et en garantissant malgré tout l’individualité de chacun. Pas question de retomber dans les travers des logiques collectivistes. Pour cela, les pouvoirs publics doivent différencier le « besoin » de la « demande » des usagés. La somme des demandes individuelles n’est pas égale à l’intérêt général.
Cet exposé, très théorique j’en conviens, peut malgré tout faire l’objet d’une application simple et directe sur notre manière de penser la ville.
La ville de demain sera polycentrique afin de militer les déplacements et faire naître les solidarités. Une manière de « recréer » nos quartiers d’antan sans les opposer au progrès technique et sans rechercher l’ « éternel hier ».
Le ville de demain aura une forte mixité fonctionnelle afin de ne pas cloisonner les activités. A titre d’exemple, de plus en plus d’entreprises « découpent » leur grand ensemble de bureaux en plus petit bassins d’emplois, répartis sur le territoire, favorisant ainsi la motivation de leurs salariés (qui ne passent plus 1h dans les transports en commun) et un développement territoriale équitable. Les nouvelles technologies, la vidéo-conférence par exemple, résolvent naturellement les problèmes techniques liés à un tel étalement.
La ville sera aimable et sensuelle, grâce à la contribution des artistes urbains. Nous avons trop souvent tendance à favoriser « l’ingénieurerie » par rapport à l’esprit dans la construction de nos projets.
Nous ne devons pas pour autant être dogmatique et croire qu’un cahier des charges parfait existe pour nos « éco-villes » ou nos « éco-quartiers ». La encore, le territoire doit être notre référence. Les territoires sont différents, les projets doivent l’être tout autant afin de s’intégrer durablement.
Pour que ce mieux vivre-ensemble urbain prenne tout son sens, une très forte volonté politique semble nécessaire.








