SUD OUEST 27/10/09 – Escarmouches en séance sous haute surveillance
27 oct
CONSEIL MUNICIPAL. Pas de gros sujet polémique hier, mais des occasions de se fâcher
C’est Fabien Robert qui répond aux récriminations de Jacques Respaud. L’attaque contre Matthieu Rouveyre, son ex-adversaire aux cantonales, est frontale : « De nombreux collègues ont été choqués par vos méthodes, qui ne sont que mensonges et calomnies. Ce comportement jette le discrédit sur tous les élus. » « Je maintiens qu’InCité organise la chasse aux pauvres. Vous pouvez m’attaquer au tribunal », rétorque Matthieu Rouveyre.
Le Grand Stade en question
Le programme ne proposait pas de sujets qui fâchent. Evento ? Ce sera pour novembre. Jacques Respaud s’y prépare déjà en s’en prenant au bilan flatteur déjà vanté par Alain Juppé : « On les verra bien, les retombées. Moi, je dis qu’il y a eu 38 406 spectateurs. Je le sais, je suis resté sur les quais pour les compter » (éclats de rire dans les bancs de la majorité).
Le Grand Stade n’était pas non plus à l’ordre du jour. Qu’à cela ne tienne, Pierre Hurmic fait feu de tout bois, glissant, à propos du carrelage défaillant de la piscine du Grand Parc, au sujet duquel la mairie va engager une action en garantie : « Veillez à ce qu’il n’y ait pas trop de carrelage au Grand Stade, c’est risqué… »
La délibération d’Arielle Piazza sur l’achat de 100 000 euros de places permettant à des publics défavorisés d’accéder aux matches de l’Union Bordeaux-Bègles fournit un bien meilleur prétexte à l’élu vert pour dire tout le mal qu’il pense de ce projet « gigantesque, décalé et anachronique ». Alain Juppé en profite pour préciser que, sur un budget estimé à 200 000 euros, le club en apportera la moitié, l’État étant censé en fournir 50 000 et les collectivités locales chacune un tiers des 50 000 restant. Aux dernières nouvelles, Vincent Feltesse s’est engagé hier à signer sous peu sa lettre de confirmation. Reste à obtenir celle de la Région…
Toute la séance se passe ainsi, d’escarmouches en escarmouches, que ce soit sur le fonds d’intervention local, le renouvellement des balayeuses automatiques, trop bruyantes selon Pierre Hurmic, ou à nouveau sur « la chasse aux pauvres » à propos des dispositifs d’accession à la propriété . « Qu’on me présente des gens qui ont véritablement été chassés. Je ne tiendrai pas ce Conseil municipal extraordinaire que vous réclamez, M. Rouveyre. Mais j’aurai des réunions avec les habitants », finit par lâcher Alain Juppé.
Des caméras sur les quais
Mais le plat de résistance est servi au moment de la discussion sur les caméras de surveillance. Il s’agit d’en implanter de nouvelles, au bas du cours Victor-Hugo, au niveau du Parc des sports et des deux côtés du Pont de pierre. Natalie Victor-Rétali pointe une stigmatisation de certaines populations, Pierre Hurmic dénonce « une dérive » et conteste l’efficacité du dispositif, Matthieu Rouveyre s’en prend au coût de l’opération (« 732 000 euros de budget d’investissement, pour ne rien dire du budget de fonctionnement que vous ne voulez pas nous communiquer… Les policiers municipaux seraient plus utiles sur le terrain »).
La majorité répond à plusieurs voix : celle de Véronique Fayet pour expliquer que les caméras ne sont qu’une partie d’un dispositif plus complet de prévention de la délinquance, celle d’Alain Moga pour signaler combien elles sont efficaces à Paludate, celle d’Alain Juppé pour rappeler que « la sécurité et la tranquillité publiques font partie des libertés les plus fondamentales ». Et, à Jacques Respaud demandant à nouveau la parole : « Je viens de répondre, le débat est clos. Vous parlez quand ça vous chante. Je vous donne quand même la parole, sinon vous allez quitter la séance et ça me ferait de la peine, beaucoup de peine… » Cette fois, personne ne lui a fait de la peine.
Encourager le logement intergénérationnel
26 oct
Parce qu’un mensonge n’arrive jamais seul (cf. mon billet précédent…), je découvre aujourd’hui avec stupéfaction que notre Députée, Mme DELAUNAY, déclare dans son dernier journal (4ème page) que la ville de Bordeaux ne soutient aucune action spécifique pour encourager le logement intergénérationnel.
C’est tout simplement faux.
Les deux associations bordelaises qui permettent à un étudiant d’être logé chez un sénior sont subventionnées par la ville. Il s’agit de Gironde Solidaire et Vivre-Avec (le site de l’association).
J’ai recueilli l’association Vivre-Avec, expulsé de Pessac (pas par la Mairie). Elle est aujourd’hui logée dans la Mairie du 5ème quartier, 44 cours Pasteur (la preuve ici ). En 2009, la Mairie de Bordeaux a versé une subvention de 2000 euros à l’association pour l’aider à se développer sur le quartier Saint-Genès où la concentration de séniors est forte.
Vivre-Avec est soutenue par le Ministère à travers la Charte « Un toit deux générations », le Conseil Régional, le Conseil Général, la Fondation de France et la ville de Bordeaux.
Il m’a semblé naturel de soutenir cette initiative qui permet de remédier à l’isolement des séniors tout en apportant une solution économique d’hébergement aux étudiants. Face à la pénurie de logement, ces associations proposent aux étudiants d’être hébergés chez un sénior en échange de menus services.
Enfin, Madame la Députée, attention au grandes envolées lyriques et théoriques sur l’intergénérationnel ! Car dans ce domaine, rien ne peut se faire « à grande échelle ». Ancien vice-président du CROUS d’Aquitaine (qui gère notamment les logements étudiants), je connais bien ce sujet. C’est un travail social et psychologique complexe qui doit être effectué en amont pour garantir la pérennité des binômes. Il faut d’abord identifier les séniors et qu’ils acceptent ensuite d’accueillir un jeune. L’association doit ensuite mettre en relation l’étudiant et le sénior, après avoir étudié leurs attentes, leurs besoins, leurs centres d’intérêts respectifs… Bref, il faut que les profils collent !
Voici pour un bref rappel des faits et pour réaffirmer le soutien de la ville de Bordeaux au développement de cette politique innovante, solidaire et durable.











